La loi martiale n’aura tenu que quelques heures. Le président conservateur de la Corée du Sud, Yoon Suk-yeol, a annoncé qu’il allait lever la loi martiale qu’il avait lui-même proclamée par surprise quelques heures plus tôt, après un vote des députés contre la mesure, dans la nuit du mardi 3 au mercredi 4 décembre.
Le dirigeant, qui affirme toujours avoir choisi d’imposer la loi martiale “pour sauver le pays des forces hostiles à l’Etat”, annonce désormais qu’il a “procédé au retrait des militaires qui avaient été déployés pour les opérations de loi martiale”, et qu’il va “accéder à la requête de l’Assemblée nationale et lever la loi martiale (…) lors d’une réunion du gouvernement”, dans une allocution retransmise par des médias locaux. Suivez notre direct.
Le Parlement vote contre la loi martiale. L’opposition est majoritaire dans l’assemblée, mais le parti du président a également dénoncé la mesure. Ce vote contraint théoriquement le chef de l’Etat à lever ce régime d’exception.
Une décision qui cible l’opposition et les “forces communistes nord-coréennes”. Dans une allocution télévisée surprise, mardi soir, Yoon Suk-yeol a expliqué avoir agi “pour protéger la Corée du Sud libérale des menaces posées par les forces communistes nord-coréennes et éliminer les éléments hostiles à l’Etat”. Il a accusé l’opposition de vouloir “renverser le régime”.
Le parti du président prend ses distances, l’opposition appelle à manifester. Le chef de l’opposition, Lee Jae-myung, qui a jugé la loi martiale “illégale”, a exhorté les citoyens à se joindre à lui pour s’opposer à la loi martiale : “Venez à l’Assemblée nationale maintenant. Je m’y rends également.” Des milliers de personnes ont afflué devant le siège du Parlement, à Séoul. De son côté, le chef du parti Pouvoir au peuple, dont est issu le président, a désapprouvé la loi martiale, selon l’agence Yonhap. Les députés de cette formation présents à l’Assemblée ont, comme l’opposition, voté contre la décision présidentielle.
Un contexte de fortes tensions autour du budget. Ce coup de théâtre intervient alors que le parti du président, Pouvoir au peuple, bataillait avec le Parti démocrate au Parlement sur le projet de budget pour 2025. Les députés de l’opposition avaient approuvé la semaine dernière, à travers une commission, un programme budgétaire considérablement réduit.
Pékin appelle ses ressortissants à la “prudence”. L’ambassade de Chine en Corée du Sud a appelé ses citoyens présents dans le pays à la “prudence”. Elle “conseille aux ressortissants chinois en Corée du Sud de rester calmes… de renforcer leur vigilance en matière de sécurité, de limiter les sorties inutiles et de faire preuve de prudence lorsqu’ils expriment des opinions politiques”, a-t-elle recommandé dans un communiqué. Par ailleurs, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont déclaré “suivre la situation de près”.