Le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump constitue le plus grand des défis imposés au Québec depuis l’arrivée de la pandémie de COVID-19, à en croire le premier ministre François Legault qui, comme les autres chefs de parti, a dressé son bilan de session, vendredi, avant que le Salon rouge ne ferme ses portes pour les Fêtes.

Le menace du candidat républicain d’imposer des tarifs douaniers de 10 % à tous les produits canadiens et mexicains, puis, après l’élection présidentielle, le mois dernier, de hausser ces tarifs à 25 %, a été, de l’aveu de M. Legault, la contrariété la plus difficile qu’il a éprouvée cet automne.

Je me dis, des fois : “Heille, j’ai eu la COVID, pis là, j’ai Donald Trump”, a laissé tomber le premier ministre, qui est entré en octobre dans la deuxième moitié de son deuxième mandat à la tête du Québec.

À l’entendre, les menaces du président désigné des États-Unis relatives aux tarifs douaniers qu’il promet d’imposer à son arrivée au pouvoir, en janvier, lui en font même oublier la prochaine campagne électorale, à laquelle il a encore promis, cette semaine, de participer à titre de chef de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Ma préoccupation, actuellement, ça s’appelle Donald Trump, a-t-il insisté, vendredi. On pourrait avoir des impacts majeurs sur les emplois, partout au Canada, si on se retrouve avec [les] augmentations de tarifs qu’il propose. C’est ça qui me préoccupe; ce n’est pas mon élection en 2026.

Moi, le matin, quand je me lève, je pense économie. Surtout depuis l’arrivée de Donald Trump. […] Pour ce qui est de la stratégie, et de voir comment on fera pour gagner un troisième mandat majoritaire, je penserai à ça en 2026.

Une citation de François Legault, premier ministre du Québec

L’élection de Donald Trump, le 5 novembre dernier, a suscité beaucoup d’inquiétudes, beaucoup d’incertitudes, a-t-il dit. Sa menace de tarifs va nuire, nuit déjà, à l’économie canadienne, a-t-il poursuivi, évoquant beaucoup de pertes d’emplois au Canada, notamment dans les régions du Québec.

Donc évidemment on va se battre, a assuré M. Legault, soulignant qu’une réunion du Conseil de la fédération a été convoquée pour les 15 et 16 décembre et qu’un groupe de travail Québec-États-Unis a été mis sur pied pour élaborer une stratégie, industrie par industrie.

Pour l’instant, toutefois, l’économie de la province s’améliore, a fait valoir le premier ministre, vendredi, insistant, tableau à l’appui, que le PIB, que les salaires et que le revenu disponible après impôt et après inflation des Québécois a crû plus vite qu’ailleurs au pays depuis l’arrivée au pouvoir de la CAQ, il y a six ans.

François Legault est entouré de deux de ses ministres et montre un graphique.

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Le revenu disponible réel par habitant a augmenté de 6,6 % au Québec alors qu’il n’a crû que de 3,2 % dans le reste du Canada entre 2018 et 2023, a souligné M. Legault dans son bilan de session, vendredi.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Derrière un lutrin sur lequel on pouvait lire Protéger notre économie, protéger notre identité, M. Legault, qui était pour l’occasion flanqué des ministres Geneviève Guilbault et Simon Jolin-Barrette, a également mis en relief les efforts déployés par son gouvernement en matière d’immigration et de laïcité.

Visiblement choqué par les plus récentes révélations journalistiques en la matière, le premier ministre a d’ailleurs profité de son bilan de fin de session pour lancer un « message très clair aux islamistes » en assurant qu’il entendait « se battre » pour que « les valeurs qui sont fondamentales au Québec » soient « respectées ».

Il a aussi indiqué qu’il songeait à légiférer pour interdire la prière en public, sans exclure de recourir pour ce faire à la disposition de dérogation de la Charte canadienne des droits et libertés.

M. Legault, enfin, est revenu sur les négociations difficiles qui ont été menées cette année avec la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et sur celles, non moins faciles, qui se poursuivent ces jours-ci avec les omnipraticiens et les médecins spécialistes.

Il y a beaucoup de vent de face, mais on ne va pas se laisser distraire, a promis le premier ministre. On a de grands défis devant nous, et on va laisser les Québécois nous évaluer en 2026, a-t-il conclu, promettant, encore une fois, de diriger les troupes caquistes aux prochaines élections.