S’ils veulent y parvenir, il faudra montrer autre chose que dans cette première période où ils ont semblé chloroformés malgré la nécessité de faire le plein à domicile. L’entraîneur Bruno Irles avait même délocalisé sa causerie dans le virage Sud, avant l’ouverture des portes au public, pour chasser la routine. « On sait que les équipes vont nous attendre, qu’il va falloir se donner à chaque fois, que les matchs vont être compliqués, pestait Soufiane Bahassa. Ce n’est pas comme si le coach ne nous avait pas prévenus… Et dans l’envie, on n’y était pas du tout. »
« J’ai eu honte »
Bruno Irles, justement, n’y est pas allé par quatre chemins : « J’ai eu honte de cette première période. À la mi-temps, je leur ai demandé s’ils croyaient que les points allaient tomber du ciel. Ils manquaient d’entrain, d’allant, de responsabilisation offensive. Peut-être qu’inconsciemment on se croyait un peu trop beaux, que ça allait venir grâce au stade, en se faisant des passes à deux à l’heure… Le foot vous ramène vite à la réalité. Celle-là, je vais m’en servir longtemps pour leur rappeler à quel point on a pu être mauvais. » Lui exclut toute euphorie née du tirage au sort des 32es de finale de la Coupe de France qui a désigné Rennes.
Face à un bloc briochin très dense, devant une défense à cinq éléments qui attendait les contres, les Bordelais ont été secoués par le staff à la pause. Et ont appuyé sur l’accélérateur en revenant sur le terrain, notamment côté gauche avec Trichard et Diallo. Mais ni Yambéré (53e), ni Merdji (57e), ni Carroll (68e, 88e) n’ont trompé la vigilance de l’excellent portier adverse. Ils auraient même pu rentrer aux vestiaires les mains vides si l’attaquant de Saint-Brieuc n’avait pas complètement manqué son face-à-face avec Diabaté dans une défense girondine complètement à la rue (75e), preuve que Yambéré et Diaw doivent encore peaufiner leurs automatismes.