Transport –

Trenitalia meilleure compagnie d’Europe, Eurostar la pire

People sit on benches in front of a Trenitalia sales point at Termini railway station in Rome, on January 30, 2024. Trenitalia is a subsidiary of Ferrovie dello Stato Italiane the primary train operator in Italy. Meloni's hard-right government aims to raise 20 billion euros ($21.6 billion) by 2026 by selling off a stake in Poste Italiane, which turns big profits through its insurance and banking operations, as well as stakes in rail company Ferrovie dello Stato and energy giant Eni. (Photo by Andreas SOLARO / AFP)

Un guichet de Trenitalia dans une gare, à Rome, le 30 janvier 2024.

AFP

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Trenitalia trône au sommet, quand Eurostar, la compagnie la plus chère d’Europe, ferme la marche: le groupe de réflexion Transport and Environment (T&E) a évalué 27 compagnies du continent selon divers critères, laissant entrevoir des marges de progression importantes pour améliorer le service ferroviaire.

Premier constat: «le prix élevé ne garantit pas la qualité de service», indique l’ONG. Eurostar, qui effectue des liaisons entre la France, l’Angleterre et le Benelux pratique des prix deux fois plus élevés que la moyenne européenne, et arrive pourtant 27e et dernière du classement.

Une fiabilité en dessous de la moyenne (14e sur 27), l’absence d’option pour embarquer les vélos et des performances tout juste moyennes sur les autres critères d’évaluation ne compensent pas les prix pratiqués.

Huit critères pour réaliser le classement

«Un développement de la compétition sur les lignes Eurostar, avec d’autres opérateurs ferroviaires, pourrait les forcer à baisser leurs prix», envisage le coordinateur de l’étude, Victor Thévenet.

A contrario, Trenitalia (1re) et la compagnie autrichienne ÖBB (4e) proposent le meilleur rapport qualité-prix d’Europe, selon T&E.

L’ONG a évalué une série de huit critères pour réaliser son classement des compagnies sur leurs liaisons moyenne et longue distance, le plus important étant le prix. La fiabilité, les programmes de réduction disponibles, les politiques de compensation en cas de retard, l’expérience voyageur et l’existence de trains de nuit ou de places pour les vélos sont aussi pris en compte.

«Améliorer la fiabilité des services ferroviaires»

Après Trenitalia, la compagnie suisse SBB arrive deuxième, suivie de la tchèque RegioJet. La SNCF obtient un score honorable et accroche la cinquième place, juste derrière l’autrichienne ÖBB.

Pour l’ensemble des compagnies évaluées, des marges de progression importantes subsistent, selon Victor Thévenet. Notamment «pour améliorer la fiabilité des services ferroviaires», avance-t-il, avec des retards et annulations encore trop fréquents.

«Seulement 11 opérateurs – sur 27 – ont une ponctualité supérieure à 80%», indique Victor Thévenet. La SNCF n’est que 11e sur ce critère et Ouigo 13e. À noter que la Deutsche Bahn, plus grosse compagnie d’Europe et en proie à de graves problèmes de ponctualité en raison d’un réseau vieillissant, n’arrive que 25e (16e en cumulant tous les critères).

Ouigo, la filiale à bas coût de la SNCF, fait partie des compagnies mal classées, pointant à la 25e place sur 27, malgré les prix parmi les plus compétitifs du continent. Seul l’Allemand Flixtrain fait mieux en matière de prix.

«Un bon rapport qualité prix»

«La qualité de service ne suit pas du tout», déplore Victor Thévenet, qui insiste sur les nombreux retards, l’absence de tarifs réduits ou une politique vélo inexistante pour expliquer la mauvaise performance de Ouigo.

D’autres compagnies comme RegioJet ou Flixtrain, tout en pratiquant «des prix très bas […] arrivent à avoir une qualité de service supérieure», insiste Victor Thévenet, qui invite Ouigo à s’inspirer de leurs pratiques.

La SNCF quant à elle propose «un bon rapport qualité prix» mais des axes de progrès existent, car ses tarifs restent élevés et «il y a encore des problèmes de fiabilité, annulations et retards», selon Victor Thévenet.

«Le modèle anglais est clairement celui à ne pas prendre»

T&E souligne que l’ouverture à la concurrence a été bénéfique sur certaines lignes comme Madrid-Barcelone ou Milan-Rome, permettant de réduire les prix et d’augmenter l’offre de trains. Mais elle «n’a pas été bénéfique partout, le modèle anglais est clairement celui à ne pas prendre», tempère Victor Thévenet. Les travaillistes au pouvoir ont d’ailleurs entamé un travail de nationalisation des compagnies ferroviaires.

T&E appelle aussi les États à investir dans les réseaux pour fiabiliser les circulations et à baisser les péages ferroviaires pour diminuer le prix des billets. Ils sont par exemple très élevés en France, au contraire de l’Italie où l’État investit massivement pour entretenir l’infrastructure et garantir des prix modérés.

L’ONG invite aussi les compagnies à s’inspirer des bonnes pratiques. Les compagnies anglaises par exemple, qui sont parmi les plus chères du continent, offrent en retour des possibilités de remboursement «à partir de 15 minutes de retard et un remboursement intégral pour une heure de retard», indique Victor Thévenet.

Cette pratique pourrait inciter les voyageurs à plus se tourner vers le train veut croire T&E.

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