Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon rattrapés par leur soutien passé à Bachar Al-Assad
Sandrine Cassini et Clément Guillou
La cheffe de file du RN et celui de LFI ont tenu des propos conciliants à l’égard du dictateur syrien, ces dernières années. La première le voyait comme un rempart contre le djihadisme, le second était mû par un anti-impérialisme américain viscéral.
Il n’y a, au Rassemblement national (RN), qu’une seule voix faisant autorité sur les questions internationales. Elle est restée aphone, lundi 9 décembre, 48 heures après la chute du dictateur syrien Bachar Al-Assad. Marine Le Pen n’a pas réagi publiquement aux événements en Syrie, s’abstenant de commenter le renversement d’un régime que les réseaux d’extrême droite ont toujours soutenu. Comme Jean-Luc Mélenchon, de l’autre côté du spectre politique, la cheffe de file de l’extrême droite a toujours considéré Bachar Al-Assad comme un moindre mal, voire un partenaire potentiel.
Interrogée par Le Monde sur son silence prolongé, Marine Le Pen a argué d’une situation « relativement complexe », se disant « étonnée de la rapidité et l’imprudence de certaines réactions », qu’il s’agisse de celle des autorités françaises ou de ses propres troupes, trop bavardes à son goût. La présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale dit n’avoir « jamais soutenu » Bachar Al-Assad mais assume de l’avoir considéré comme un rempart contre le djihadisme. Et ne croit guère aux promesses du nouveau maître de Syrie, Ahmed Al-Charaa, de son nom de guerre Abou Mohammed Al-Joulani, qui dirige les forces rebelles.
La veille, Jordan Bardella, président du RN, a considéré la chute de Bachar Al-Assad comme « une catastrophe géopolitique », en raison du « risque migratoire » qu’elle ferait courir à l’Europe. Aucun des deux leaders d’extrême droite ne s’est jamais attardé ni sur les souffrances infligées par Bachar Al-Assad à son peuple, ni sur le rôle que son régime a joué dans l’exil de millions de Syriens.
Liens commerciaux
Depuis son arrivée à la tête du parti cofondé par son père, Marine Le Pen a toujours regardé les révolutions arabes avec scepticisme, disant préférer « une dictature laïque à une dictature islamiste ». Elle a très tôt été entourée de conseillers regardant avec bienveillance le régime baasiste, comme le faisait Jean-Marie Le Pen. Certains étaient guidés par leurs liens avec la Russie, comme son ancien député européen Aymeric Chauprade ou l’actuel, Thierry Mariani. D’autres par leurs liens commerciaux avec Bachar al-Assad.
Ce fut le cas de Frédéric Chatillon, ami personnel de Marine Le Pen et toujours prestataire du RN, largement enrichi par l’argent du régime syrien dont il assura la propagande politique durant la révolution, et la communication touristique avant cela. Proche de dignitaires baasistes, Frédéric Chatillon voyageait fréquemment en Syrie cependant qu’il jouait un rôle clé des campagnes de Marine Le Pen. En 2021 encore, le député européen Thierry Mariani et le conseiller régional Andrea Kotarac, actuel membre du cabinet de Mme Le Pen, avaient rencontré Bachar Al-Assad, avec qui elle souhaitait une reprise des échanges diplomatiques.
La réaction négative de l’extrême droite aux événements de Damas atteste d’une certaine constance. A l’inverse, Jean-Luc Mélenchon, considéré comme un autre soutien de Bachar Al-Assad, a lui semblé opérer un virage à 180 degrés. Craignait-il d’être inaudible ? Dimanche, le chef de file de La France insoumise (LFI) s’est « réjoui à 100 % de la chute du régime d’Al-Assad en Syrie », dans un communiqué sur X. A rebours de ses déclarations passées. En février 2016, le leader de LFI avait, par exemple, estimé que Vladimir Poutine allait « régler le problème en Syrie », affirmant que l’autocrate russe combattait l’organisation Etat islamique. En réalité, « 90 % des bombardements russes visaient la zone rebelle », précise Firas Kontar, opposant au régime syrien, auteur de Syrie, la révolution impossible (Aldeia, 2023).
Jean-Luc Mélenchon avait, comme Marine Le Pen, mis en doute les attaques chimiques menées par l’armée syrienne en avril 2018 dans la Ghouta orientale, une banlieue de Damas, selon des révélations de l’Observatoire syrien des droits de l’homme. « Si [le gouvernement français] a ces preuves, qu’il les montre ! », avait-il asséné. En octobre 2019, il avait aussi invité la France à « aider » l’armée syrienne à « défendre son pays contre l’invasion de l’armée d’Erdogan et de leur supplétif jihadiste ». Autant de sorties qui trahissent la ligne politique de Jean-Luc Mélenchon, irriguée par un anti-impérialisme américain viscéral et une hostilité farouche à l’OTAN.
Mais le revirement soudain du triple candidat à la présidentielle a suscité une pluie de critiques, à tel point, que lundi, Jean-Luc Mélenchon a tenté de rectifier le tir dans un post de blog intitulé « calomnier n’est pas informer ». Il serait donc « faux » de dire qu’il a été « conciliant » avec l’ancien dictateur, et qu’il a « changé brusquement de position ». Au contraire, il aurait « défendu la révolution citoyenne de 2011 contre la dictature de Bachar Al-Assad ». Peu importe qu’il ait toujours sous-entendu que le soulèvement syrien était téléguidé par les Etats-Unis et le Qatar, et que cette guerre était d’abord une affaire de « pipelines » et de « gazoducs ».
Accents complotistes
Jusqu’à ces derniers jours, il tenait encore une ligne aux accents complotistes. Le 29 novembre, il moquait, lors d’une conférence devant un public conquis, des « rebelles habillés de pied en cap dans des camions tout neufs », « des bazookas, des fusils et des Toyota flambant neufs » achetés « à la boutique du coin ». Insinuant l’intervention d’un agent étranger. Lequel ? Selon M. Mélenchon, « un sénateur Américain » aurait « vendu la mèche », disant : « Al-Qaida a toujours été notre agent d’intervention. » D’ailleurs, s’il condamne Al-Assad, il se méfie également à « 100 % des nouveaux maîtres du pays », ajoutait-il dimanche, comme si les rebelles n’étaient que des djihadistes.
Un soutien en trompe-l’œil, donc, pour Firas Kontar : « Ce n’est pas à la hauteur des événements. Il se fait “très inquiet” pour les islamistes, mais il l’est moins quand il s’agit du Hamas ou du Hezbollah, qui a mené des crimes d’ampleur en Syrie. »
Lundi, sur France 2, le député européen (Place publique) Raphaël Glucksmann a renvoyé Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon dos à dos : « J’entends les commentaires des gens qui n’ont jamais rien dit pour condamner les crimes de Bachar, qui ont tout fait pour les excuser, même (…). Je les vois aujourd’hui être soudainement très inquiet pour l’avenir de la Syrie ? Ces gens-là devraient avoir honte. »
Ah tiens c’est vrai que Mélanchon aussi aime bien les fascistes.
Comme si leur soutien à Putin avait fait la moindre différence.
Ça me surprend pas mais j’ai dut mal a croire que ce sont les seuls. C’etait le dictateur réputé pour etre le rempart contre l’extremisme dans la region. C’etait pareil avec Khadafi. Je suis sûr que si on creuse un peu , avant qu’il tombe dans les mauvaise grâce des pays occidentaux, quelques-uns de nos politiques ont dut passer des vacances offertes la bas.
C’est marrant que les deux extremes soient des pions russes.
Oui et? On leur a bien livré des armes jusqu’en 2013, pareil au Liban et pour la Libye on est pas beaucoup mieux…
Je comprend que casser du sucre sur lepen et LFI fasse monter le karma et fait toujours plaisir… mais bon… on sait ce qu’on perd, pas ce que l’on gagne. Je me réjouis que bachar tombe, un peu moins que ça soit AlQuaida qui le remplace…mais les politiques actuels ne semblent pas trop en avoir conscience…
“soutien” c’est vite dit. Al Assad était un rempart contre le djihadisme. Oui c’était un dictateur abominable qui a fait quantité d’horreurs humaines. Rien à dire là-dessus. Mais il faut être pragmatique, qui d’autre ? Il n’y a pas de volonté profonde de démocratie dans ces pays ou alors très peu. La question d’instaurer la laïcité n’est même pas envisageable.
Pour moi il y a une différence entre soutenir un mec dans l’absolu et relativement aux autres monstres voulant prendre le pouvoir. C’est un faux débat.
Al Assad à au moins défendu les minorités du pays, chrétiens de Syrie, Kurdes car ensemble combatait Daech. Alors après on peut dire ce qu’on veut mais regardez ce qui se passe en Afghanistan. Tout le pays est pris en otage par les Talibans. Et si t’es pas sunnite dans ce pays on te le fait comprendre vite fait. C’est de la discrimination religieuse. Al Assad faisait de la discrimination politique, ce que n’oublie pas de faire les organisations djihadistes aussi d’ailleurs… Dans tous les cas, tous sont des pourris.
Franchement soyez pragmatiques. Je suis déçu de l’article du Monde, il ne traite pas du contexte et de la situation globale.
Donc dire que le soulèvement Syrien est appuyé tantôt par les États-Unis, tantôt par les Turcs, c’est soutenir Bachar Al-Assad ? Mélenchon a dit pas mal de merdes (et notamment sur l’intervention Russe en Syrie dont il a minimisé la violence) mais le deux poids deux mesures et l’atlantisme dans les médias restent affligeants quand on mesure l’impact gigantesque des États-Unis dans la désolation dans la région. On peut se réjouir de la chute de Bachar ET dire ça. Et oui, il a raison de dire que c’est aussi une histoire de pipelines (et je rajouterais de colonisation ou post-colonisation). Tirer un trait d’égalité avec un parti dans des proches se font payés par ce régime, comme avec la Russie d’ailleurs, c’est une faillite journalistique et c’est pas la première.
Que dire de Sarkozy qui recevait Bachar en France du coup ?
Quant à Glucksmann, si il a envie qu’on fasse tous de l’introspection sur nos positions passées, qu’il n’hésite pas à nous dire ce qu’ils pensent de ses articles dans Le Meilleur des mondes, quand il légitimait la guerre d’Irak et dénonçait l’anti-américanisme qui en découlait. Des centaines de milliers de morts sous un prétexte fallacieux mais ces soutiens-là n’ont jamais à rendre de compte…
Le pire dans tout ça c’est que ça ne fera pas baisser leur popularité. Patriotes de pacotille.
deux nazes avec des idées de nazes et des analyses et idées géopolitiques niveau CP
LR qui va passer entre les gouttes alors que l’essentiel du contingent pro Assad en France vient de chez eux 🥲
Il était de quel camp déjà celui qui avait remis une Légion d’Honneur à Al-Assad ?
Et il était de quel camp politique celui qui l’avait reçu à l’Elysée déjà ?
Choisir entre les islamistes et le dictateur c’est devoir choisir entre la peste et le choléra. Dans ces conditions, je suspend mon choix, à moins d’être contraint à devoir choisir. Certaines personnes ont tendance à vouloir choisir, même si rien n’y oblige. C’est peut-être leur cas.
Ce n’est pas le vainqueur d’une guerre qui a forcément raison ou qui est le meilleur choix. En général, l’issue d’une guerre dépend d’autres facteurs.
Il serait beaucoup plus problématique si les prises de positions assez fermes et récurrentes de MLP et du LFI en faveur des intérêts russes sont motivées par des retours financiers. Ce serait une atteinte au principe fondamental de la démocratie et surtout un grand danger pour la France.
Honnêtement qui en France parmi les politiques influents n’est pas une grosse bille en géopolitique ?
Entre l’anti-atlantisme primaire d’un Mélenchon et le pro-atlantisme béat d’un Glucksmann on a assez rarement de la nuance. Macron et ses petites phrases contradictoires fait hurler les diplomates depuis qu’il est au pouvoir. Et n’oublions pas la droite de LR au RN, tout à fait constants dans leurs petites magouilles avec le 1er dictateur qui passe.
Je trouve que cet article du Monde est assez myope. Toute la classe politique française s’est plus ou moins compromise avec Assad ou des mecs du même calibre (de Saddam Hussein à Khadafi). Mais ça fait plaisir de taper sur “les extrêmes” je suppose
Ça distribue les bons et mauvais points un peu vite, on va attendre de voir si c’est pas le foin absolu d’ici quelques années. Ceux qui se réjouissait de la chute de Saddam Hussein ou de Kadhafi ne voulait pas voir les embrouilles qui suivait
Oh les gars! Les USA et Israël ont mené des opérations en Syrie toute l’année! Israël vient d’envoyer des chars en Syrie et les USA sont en train de mener une offensive aérienne contre Daesh. Quand ils dézinguent le Hezbollah et les factions djihadistes soutenues par l’Iran, implicitement ils aident les rebels. Ironie du sort HTS et Abu Mohammad Al Joulani étaient sous la bannière d’Al Qaeda.
Le bardella toujours à côté de la plaque, à parler de risque migratoire suite à la chute de Bachar alors que ce régime a mis 13 millions de Syriens sur les routes et a déjà causé la grande crise migratoire que l’on connaît
19 comments
Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon rattrapés par leur soutien passé à Bachar Al-Assad
Sandrine Cassini et Clément Guillou
La cheffe de file du RN et celui de LFI ont tenu des propos conciliants à l’égard du dictateur syrien, ces dernières années. La première le voyait comme un rempart contre le djihadisme, le second était mû par un anti-impérialisme américain viscéral.
Il n’y a, au Rassemblement national (RN), qu’une seule voix faisant autorité sur les questions internationales. Elle est restée aphone, lundi 9 décembre, 48 heures après la chute du dictateur syrien Bachar Al-Assad. Marine Le Pen n’a pas réagi publiquement aux événements en Syrie, s’abstenant de commenter le renversement d’un régime que les réseaux d’extrême droite ont toujours soutenu. Comme Jean-Luc Mélenchon, de l’autre côté du spectre politique, la cheffe de file de l’extrême droite a toujours considéré Bachar Al-Assad comme un moindre mal, voire un partenaire potentiel.
Interrogée par Le Monde sur son silence prolongé, Marine Le Pen a argué d’une situation « relativement complexe », se disant « étonnée de la rapidité et l’imprudence de certaines réactions », qu’il s’agisse de celle des autorités françaises ou de ses propres troupes, trop bavardes à son goût. La présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale dit n’avoir « jamais soutenu » Bachar Al-Assad mais assume de l’avoir considéré comme un rempart contre le djihadisme. Et ne croit guère aux promesses du nouveau maître de Syrie, Ahmed Al-Charaa, de son nom de guerre Abou Mohammed Al-Joulani, qui dirige les forces rebelles.
La veille, Jordan Bardella, président du RN, a considéré la chute de Bachar Al-Assad comme « une catastrophe géopolitique », en raison du « risque migratoire » qu’elle ferait courir à l’Europe. Aucun des deux leaders d’extrême droite ne s’est jamais attardé ni sur les souffrances infligées par Bachar Al-Assad à son peuple, ni sur le rôle que son régime a joué dans l’exil de millions de Syriens.
Liens commerciaux
Depuis son arrivée à la tête du parti cofondé par son père, Marine Le Pen a toujours regardé les révolutions arabes avec scepticisme, disant préférer « une dictature laïque à une dictature islamiste ». Elle a très tôt été entourée de conseillers regardant avec bienveillance le régime baasiste, comme le faisait Jean-Marie Le Pen. Certains étaient guidés par leurs liens avec la Russie, comme son ancien député européen Aymeric Chauprade ou l’actuel, Thierry Mariani. D’autres par leurs liens commerciaux avec Bachar al-Assad.
Ce fut le cas de Frédéric Chatillon, ami personnel de Marine Le Pen et toujours prestataire du RN, largement enrichi par l’argent du régime syrien dont il assura la propagande politique durant la révolution, et la communication touristique avant cela. Proche de dignitaires baasistes, Frédéric Chatillon voyageait fréquemment en Syrie cependant qu’il jouait un rôle clé des campagnes de Marine Le Pen. En 2021 encore, le député européen Thierry Mariani et le conseiller régional Andrea Kotarac, actuel membre du cabinet de Mme Le Pen, avaient rencontré Bachar Al-Assad, avec qui elle souhaitait une reprise des échanges diplomatiques.
La réaction négative de l’extrême droite aux événements de Damas atteste d’une certaine constance. A l’inverse, Jean-Luc Mélenchon, considéré comme un autre soutien de Bachar Al-Assad, a lui semblé opérer un virage à 180 degrés. Craignait-il d’être inaudible ? Dimanche, le chef de file de La France insoumise (LFI) s’est « réjoui à 100 % de la chute du régime d’Al-Assad en Syrie », dans un communiqué sur X. A rebours de ses déclarations passées. En février 2016, le leader de LFI avait, par exemple, estimé que Vladimir Poutine allait « régler le problème en Syrie », affirmant que l’autocrate russe combattait l’organisation Etat islamique. En réalité, « 90 % des bombardements russes visaient la zone rebelle », précise Firas Kontar, opposant au régime syrien, auteur de Syrie, la révolution impossible (Aldeia, 2023).
Jean-Luc Mélenchon avait, comme Marine Le Pen, mis en doute les attaques chimiques menées par l’armée syrienne en avril 2018 dans la Ghouta orientale, une banlieue de Damas, selon des révélations de l’Observatoire syrien des droits de l’homme. « Si [le gouvernement français] a ces preuves, qu’il les montre ! », avait-il asséné. En octobre 2019, il avait aussi invité la France à « aider » l’armée syrienne à « défendre son pays contre l’invasion de l’armée d’Erdogan et de leur supplétif jihadiste ». Autant de sorties qui trahissent la ligne politique de Jean-Luc Mélenchon, irriguée par un anti-impérialisme américain viscéral et une hostilité farouche à l’OTAN.
Mais le revirement soudain du triple candidat à la présidentielle a suscité une pluie de critiques, à tel point, que lundi, Jean-Luc Mélenchon a tenté de rectifier le tir dans un post de blog intitulé « calomnier n’est pas informer ». Il serait donc « faux » de dire qu’il a été « conciliant » avec l’ancien dictateur, et qu’il a « changé brusquement de position ». Au contraire, il aurait « défendu la révolution citoyenne de 2011 contre la dictature de Bachar Al-Assad ». Peu importe qu’il ait toujours sous-entendu que le soulèvement syrien était téléguidé par les Etats-Unis et le Qatar, et que cette guerre était d’abord une affaire de « pipelines » et de « gazoducs ».
Accents complotistes
Jusqu’à ces derniers jours, il tenait encore une ligne aux accents complotistes. Le 29 novembre, il moquait, lors d’une conférence devant un public conquis, des « rebelles habillés de pied en cap dans des camions tout neufs », « des bazookas, des fusils et des Toyota flambant neufs » achetés « à la boutique du coin ». Insinuant l’intervention d’un agent étranger. Lequel ? Selon M. Mélenchon, « un sénateur Américain » aurait « vendu la mèche », disant : « Al-Qaida a toujours été notre agent d’intervention. » D’ailleurs, s’il condamne Al-Assad, il se méfie également à « 100 % des nouveaux maîtres du pays », ajoutait-il dimanche, comme si les rebelles n’étaient que des djihadistes.
Un soutien en trompe-l’œil, donc, pour Firas Kontar : « Ce n’est pas à la hauteur des événements. Il se fait “très inquiet” pour les islamistes, mais il l’est moins quand il s’agit du Hamas ou du Hezbollah, qui a mené des crimes d’ampleur en Syrie. »
Lundi, sur France 2, le député européen (Place publique) Raphaël Glucksmann a renvoyé Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon dos à dos : « J’entends les commentaires des gens qui n’ont jamais rien dit pour condamner les crimes de Bachar, qui ont tout fait pour les excuser, même (…). Je les vois aujourd’hui être soudainement très inquiet pour l’avenir de la Syrie ? Ces gens-là devraient avoir honte. »
Ah tiens c’est vrai que Mélanchon aussi aime bien les fascistes.
Comme si leur soutien à Putin avait fait la moindre différence.
Ça me surprend pas mais j’ai dut mal a croire que ce sont les seuls. C’etait le dictateur réputé pour etre le rempart contre l’extremisme dans la region. C’etait pareil avec Khadafi. Je suis sûr que si on creuse un peu , avant qu’il tombe dans les mauvaise grâce des pays occidentaux, quelques-uns de nos politiques ont dut passer des vacances offertes la bas.
C’est marrant que les deux extremes soient des pions russes.
Oui et? On leur a bien livré des armes jusqu’en 2013, pareil au Liban et pour la Libye on est pas beaucoup mieux…
Je comprend que casser du sucre sur lepen et LFI fasse monter le karma et fait toujours plaisir… mais bon… on sait ce qu’on perd, pas ce que l’on gagne. Je me réjouis que bachar tombe, un peu moins que ça soit AlQuaida qui le remplace…mais les politiques actuels ne semblent pas trop en avoir conscience…
Par ailleurs rappelons que Sarko avait invité Bachar au 14 juillet… on peut donc rajouter les LR à la liste des “soutiens” https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/2008-bachar-el-assad-au-14-juillet-syrie-france
https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/07/10/bachar-al-assad-un-autocrate-si-bien-eleve_1068625_3218.html
“soutien” c’est vite dit. Al Assad était un rempart contre le djihadisme. Oui c’était un dictateur abominable qui a fait quantité d’horreurs humaines. Rien à dire là-dessus. Mais il faut être pragmatique, qui d’autre ? Il n’y a pas de volonté profonde de démocratie dans ces pays ou alors très peu. La question d’instaurer la laïcité n’est même pas envisageable.
Pour moi il y a une différence entre soutenir un mec dans l’absolu et relativement aux autres monstres voulant prendre le pouvoir. C’est un faux débat.
Al Assad à au moins défendu les minorités du pays, chrétiens de Syrie, Kurdes car ensemble combatait Daech. Alors après on peut dire ce qu’on veut mais regardez ce qui se passe en Afghanistan. Tout le pays est pris en otage par les Talibans. Et si t’es pas sunnite dans ce pays on te le fait comprendre vite fait. C’est de la discrimination religieuse. Al Assad faisait de la discrimination politique, ce que n’oublie pas de faire les organisations djihadistes aussi d’ailleurs… Dans tous les cas, tous sont des pourris.
Franchement soyez pragmatiques. Je suis déçu de l’article du Monde, il ne traite pas du contexte et de la situation globale.
Donc dire que le soulèvement Syrien est appuyé tantôt par les États-Unis, tantôt par les Turcs, c’est soutenir Bachar Al-Assad ? Mélenchon a dit pas mal de merdes (et notamment sur l’intervention Russe en Syrie dont il a minimisé la violence) mais le deux poids deux mesures et l’atlantisme dans les médias restent affligeants quand on mesure l’impact gigantesque des États-Unis dans la désolation dans la région. On peut se réjouir de la chute de Bachar ET dire ça. Et oui, il a raison de dire que c’est aussi une histoire de pipelines (et je rajouterais de colonisation ou post-colonisation). Tirer un trait d’égalité avec un parti dans des proches se font payés par ce régime, comme avec la Russie d’ailleurs, c’est une faillite journalistique et c’est pas la première.
Que dire de Sarkozy qui recevait Bachar en France du coup ?
Quant à Glucksmann, si il a envie qu’on fasse tous de l’introspection sur nos positions passées, qu’il n’hésite pas à nous dire ce qu’ils pensent de ses articles dans Le Meilleur des mondes, quand il légitimait la guerre d’Irak et dénonçait l’anti-américanisme qui en découlait. Des centaines de milliers de morts sous un prétexte fallacieux mais ces soutiens-là n’ont jamais à rendre de compte…
Le pire dans tout ça c’est que ça ne fera pas baisser leur popularité. Patriotes de pacotille.
deux nazes avec des idées de nazes et des analyses et idées géopolitiques niveau CP
LR qui va passer entre les gouttes alors que l’essentiel du contingent pro Assad en France vient de chez eux 🥲
Il était de quel camp déjà celui qui avait remis une Légion d’Honneur à Al-Assad ?
Et il était de quel camp politique celui qui l’avait reçu à l’Elysée déjà ?
Choisir entre les islamistes et le dictateur c’est devoir choisir entre la peste et le choléra. Dans ces conditions, je suspend mon choix, à moins d’être contraint à devoir choisir. Certaines personnes ont tendance à vouloir choisir, même si rien n’y oblige. C’est peut-être leur cas.
Ce n’est pas le vainqueur d’une guerre qui a forcément raison ou qui est le meilleur choix. En général, l’issue d’une guerre dépend d’autres facteurs.
Il serait beaucoup plus problématique si les prises de positions assez fermes et récurrentes de MLP et du LFI en faveur des intérêts russes sont motivées par des retours financiers. Ce serait une atteinte au principe fondamental de la démocratie et surtout un grand danger pour la France.
Honnêtement qui en France parmi les politiques influents n’est pas une grosse bille en géopolitique ?
Entre l’anti-atlantisme primaire d’un Mélenchon et le pro-atlantisme béat d’un Glucksmann on a assez rarement de la nuance. Macron et ses petites phrases contradictoires fait hurler les diplomates depuis qu’il est au pouvoir. Et n’oublions pas la droite de LR au RN, tout à fait constants dans leurs petites magouilles avec le 1er dictateur qui passe.
Je trouve que cet article du Monde est assez myope. Toute la classe politique française s’est plus ou moins compromise avec Assad ou des mecs du même calibre (de Saddam Hussein à Khadafi). Mais ça fait plaisir de taper sur “les extrêmes” je suppose
Ça distribue les bons et mauvais points un peu vite, on va attendre de voir si c’est pas le foin absolu d’ici quelques années. Ceux qui se réjouissait de la chute de Saddam Hussein ou de Kadhafi ne voulait pas voir les embrouilles qui suivait
Oh les gars! Les USA et Israël ont mené des opérations en Syrie toute l’année! Israël vient d’envoyer des chars en Syrie et les USA sont en train de mener une offensive aérienne contre Daesh. Quand ils dézinguent le Hezbollah et les factions djihadistes soutenues par l’Iran, implicitement ils aident les rebels. Ironie du sort HTS et Abu Mohammad Al Joulani étaient sous la bannière d’Al Qaeda.
Le bardella toujours à côté de la plaque, à parler de risque migratoire suite à la chute de Bachar alors que ce régime a mis 13 millions de Syriens sur les routes et a déjà causé la grande crise migratoire que l’on connaît
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