La présidente-directrice générale franco-allemande du groupe Suez, Sabrina Soussan, à Paris, le 15 mars 2022. JOEL SAGET/AFP
Trois ans après la reprise des deux tiers de ses activités par son rival historique Veolia, Suez vit un nouveau choc : Sabrina Soussan, nommée directrice générale, en janvier 2022, et PDG six mois plus tard, quittera le groupe de gestion de l’eau et des déchets le 31 janvier 2025, a annoncé le conseil d’administration, lundi 9 décembre. Il confirme une information de La Lettre et des rumeurs insistantes, ces derniers mois, sur les divergences entre la patronne opérationnelle et son « board ».
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Sans attendre l’arrivée d’un nouveau patron opérationnel, dont « le processus de recherche et de nomination est immédiatement lancé », la gouvernance de Suez est réorganisée. Dès le 1er janvier 2025, la présidence du conseil sera reprise par Thierry Déau, patron-fondateur du fonds d’infrastructure Meridiam, le principal actionnaire (40 %) avec le fonds américain Global Infrastructure Partners. M. Déau dément toute « intention ou discussion » autour d’un rachat des 10 % détenus par la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui ferait de Meridiam l’actionnaire majoritaire avec 59 % du capital.
Le départ de Mme Soussan n’a pas donné lieu à d’explication officielle. Ce « premier cycle » de la vie du nouveau Suez est « réussi », assure-t-elle. Le groupe bénéficie d’« une situation financière robuste » et d’« un solide réservoir de projets d’envergure ». M. Déau lui-même l’a remerciée pour son « excellent travail de reconstruction, de structuration et de développement »… tout en s’en séparant.
Gestion autoritaire et solitaire
La crise couvait depuis de très longs mois, selon plusieurs sources. Elles soulignent une gestion autoritaire, solitaire et trop axée sur la communication externe. Les tensions et les fragilités avaient éclaté au grand jour, fin août, quand Mme Soussan s’était séparée de l’Allemand Frederick Jeske-Schoenhoven, un ancien élève de l’ENA chargé de la stratégie, de la communication et du développement durable.
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Suez, qui ne publie plus de résultat net, a certes vu sa dette augmenter, pour passer à 5,3 milliards d’euros en juin. Ses dirigeants la justifiaient par le besoin d’« accompagner sa stratégie de croissance ». En revanche, le chiffre d’affaires 2023 a atteint 8,9 milliards (+ 30 %) et l’excédent brut d’exploitation 1,4 milliard (+ 25 %), une tendance qui s’est poursuivie au premier semestre. Solidement implantée en France, l’entreprise reste présente dans une quarantaine de pays (Royaume-Uni, Maroc, Afrique du Sud, Philippines, Chine, Taïwan…) et emploie 40 000 personnes.
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