Publié10. décembre 2024, 16:10
Syriens au Luxembourg: Le gel des demandes d’asile «met en danger les Syriens»
LUXEMBOURG – A l’instar, d’autres pays européens, le Luxembourg suspend l’examen des demandes d’asile des Syriens. Une décision jugée «préoccupante».
Moins de 48h après la chute de Bachar el-Assad, les gouvernements de neuf pays européens, dont l’Allemagne et la Belgique, décidaient de la suspension des demandes d’asile des ressortissants syriens. Des décisions que l’ASBL luxembourgeoise Passerell juge «extrêmement pénalisantes et préoccupantes pour les demandeurs concernés». Après avoir indiqué lundi à L’essentiel que le Luxembourg se positionnerait ce mardi, le ministère des Affaires intérieures a indiqué, par voie de communiqué, que le Luxembourg suspendait lui aussi «temporairement» l’examen de ces demandes.
Les Syriens avec une demande d’asile en cours au Luxembourg, «sont plus de 800», disait mardi le ministre des Affaires intérieures, Léon Gloden, aux députés. La possibilité d’introduire une demande est maintenue et «les demandeurs déjà présents ne perdent rien, ils restent dans les foyers», souligne le ministre. Quant aux Syriens déjà intégrés, «il n’y a pas de raison de les renvoyer chez eux», a voulu rassurer le ministre en faisant remarquer fort à propos que certains «ont la double nationalité».
«Climat périlleux» malgré la chute d’Assad
Passerell estime que la suspension, décidée «alors que la sécurité et la stabilité ne sont pas garanties en Syrie, met en danger ces personnes». Constance Jacquemot, Chargée de mobilisation de l’ASBL souligne la longueur de ces procédures qui «dépasse déjà trop souvent le délai de 21 mois. Suspendre ces délais pourrait avoir des répercussions pour les personnes pouvant prétendre au regroupement familial. On ne fait que retarder une décision potentiellement favorable et l’instant où la famille pourra venir en Europe et échapper à un climat périlleux».
L’ASBL rappelle également que «les raisons qui poussent une personne à quitter son pays d’origine sont toujours individuelles». De ce fait, «la fin du règne du clan Assad ne signifie pas que les ressortissants Syriens n’auront soudainement plus besoin d’une protection». Il aurait donc été «important que les autorités luxembourgeoises continuent à analyser les demandes de manière consciencieuse dans le plein respect des textes internationaux et européens régissant le droit d’asile».
Abonne-toi à notre chaîne, active la petite 🔔 et tu recevras un récap de l’actu chaque jour en début de soirée.
(sg)