Emmanuel Macron a exprimé, mardi 10 décembre, sa “volonté de s’inscrire dans la durée de 30 mois” avec l’actuelle Assemblée nationale, ainsi que “sa volonté de ne pas dissoudre durant cette durée”, a appris franceinfo auprès de l’entourage du chef de l’Etat, après une réunion organisée à l’Elysée avec les cadres des principales forces politiques, hors RN et LFI.

Le chef de l’Etat a également redit sa volonté de nommer un Premier ministre sous 48 heures, tout en refusant de donner des détails sur sa couleur politique, a appris France Télévisions auprès de son entourage. Emmanuel Macron a constaté “une unanimité des forces politiques pour ne plus dépendre du RN”, toujours selon cette source. Il a ajouté ne pas prévoir de référendum dans les mois à venir. Suivez cette journée politique dans notre direct.

• Les Républicains excluent tout “contrat de gouvernement”. A la sortie de la réunion, le chef des députés LR, Laurent Wauquiez, a dit espérer “un accord” entre diverses forces politiques “pour ne pas faire tomber” le prochain gouvernement. Il a promis que son parti ne voterait de motion de censure qu’en cas de présence de La France insoumise dans un gouvernement qui appliquerait le programme du Nouveau Front populaire. En revanche, “il n’y aura pas de discussion d’un contrat de gouvernement avec des gens avec lesquels on ne partage pas les mêmes valeurs”, a-t-il prévenu.

• Les Ecologistes déplorent l’absence de “concessions”. La cheffe de file des Ecologistes, Marine Tondelier, a affirmé, mardi soir, que la réunion n’avait abouti à “aucun compromis, aucune concession” du camp présidentiel, qui promet toutefois de “ne plus s’appuyer sur le Rassemblement national pour gouverner”. Selon elle, les représentants de gauche se sont “engagés”, en cas de nomination d’un Premier ministre issu de leurs rangs, à ne pas utiliser le 49.3 pour faire adopter des textes, ce qui les contraindrait à construire des majorités autour de chaque projet. Marine Tondelier a précisé que “la suite des discussions” avec les différents partis serait pilotée par le futur Premier ministre.

• Une réunion “intéressante”, selon le PS. Excluant toute “grande coalition”, le chef du PS, Olivier Faure, a dit entrevoir “une piste d’atterrissage pour une méthode nouvelle” après avoir “suggéré un échange de bons procédés : que le gouvernement renonce au 49.3 et à tout passage en force, et que les oppositions renoncent à toute forme de censure”. Cette proposition a été, selon lui, reprise “par Horizon, le MoDem” et les forces de gauche. “La balle est dans le camp du président”, a-t-il conclu, “et de l’identité du Premier ministre dépend beaucoup du reste”.

• Jean-Luc Mélenchon déplore un “retour vers le passé”. Le leader insoumis a exprimé sa “tristesse” à l’heure de voir le PS, le PCF et les Ecologistes “en coalition pour négocier avec les droites”. Dans le même temps, La France insoumise a annoncé que son groupe déposerait une motion de censure contre le prochain gouvernement. “Tous ceux qui ne la voteront pas seront de fait des soutiens de ce gouvernement”, selon Mathilde Panot, cheffe de file des députés insoumis.

L’Elysée a appelé les forces d’extrême droite. La présidence a appelé Marine Le Pen et Eric Ciotti pour leur signifier qu’ils n’étaient pas conviés à la réunion autour d’Emmanuel Macron, a appris le service politique de franceinfo. “Ils ont l’exclusion honteuse”, estime l’entourage de Marine Le Pen, tandis qu’Eric Ciotti affirme n’avoir “pas eu de réponses” sur les raisons de sa non-invitation. Le député UDR se dit “heureux de ne pas participer à cette tambouille nauséabonde”.