Les travailleurs du secteur hospitalier sont de plus en plus malades au Luxembourg. C’est en tout cas ce qui ressort des données communiquées par le ministère de la Santé en réponse à une question parlementaire du député CSV Laurent Mosar.
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En 2023, le taux d’absentéisme pour cause de maladie, excluant les arrêts maladies de longue durée, a atteint 4,56% dans les hôpitaux. Il s’élevait à 3,84% en 2019, avant la pandémie de covid-19. À noter que ce taux n’est mesuré qu’une fois tous les deux ans et s’élevait à 4,45% en 2021, année marquée par la crise sanitaire.
Un cercle vicieux
Ces statistiques dévoilées par le ministère de la Santé sont basées sur les données d’indemnisations de la Caisse nationale de santé (CNS). La CNS indique ainsi que le nombre d’heures de maladie par équivalent temps plein était de 7.091,8 en 2023, contre 6.576,4 en 2019.
L’absentéisme impose au personnel en place de compenser les absences de leurs collègues par des heures supplémentaires, qui engendrent de nouveau un stress et une surcharge de travail.
ministère de la Santé
L’Inspection générale de la sécurité sociale (IGSS) utilise pour sa part une autre méthode de calcul. Selon cette dernière, le taux d’absentéisme du secteur hospitalier se situe à 5%, et celui du secteur de la santé humaine et de l’action sociale est de 6%. La moyenne de l’ensemble des travailleurs est située à 4,6%. Lors des sept premiers mois de l’année 2024, le taux d’absentéisme du secteur hospitalier a même encore augmenté, selon ces mêmes données. Il se situerait à 5,4%, contre 6,4% pour l’ensemble du secteur de la santé humaine et de l’action sociale et 4,9% pour tous les secteurs d’activité confondus.
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Le ministère de la Santé fait savoir que les causes de cet absentéisme croissant sont «multifactorielles». Sont notamment citées le stress élevé auquel fait face le personnel hospitalier, sa charge de travail croissante ainsi que la pénurie de personnel qualifié. «Ces éléments favorisent l’absentéisme, ce qui impose au personnel en place de compenser les absences de leurs collègues par des heures supplémentaires, qui engendrent de nouveau un stress et une surcharge de travail, qui favorise de nouveau l’absentéisme, créant ainsi un cercle vicieux», met en avant la Santé.