Publié24. décembre 2024, 09:41
Handicap: La Suisse est sous pression pour renforcer l’égalité des droits
Le Conseil fédéral veut renforcer l’égalité en faveur des personnes handicapées avec une réforme de la loi. Mais pour certains, cela ne suffit pas.

La Suisse fait un pas en avant pour les personnes en situation de handicap, mais peut encore mieux faire selon les associations des principaux concernés.
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Le Conseil fédéral a transmis vendredi au Parlement une révision de la loi sur l’égalité pour les personnes handicapées (LHand). Cette réforme prévoit d’étendre la lutte contre les discriminations dans le monde du travail et les services privés et reconnaît officiellement les trois langues des signes suisses (suisse allemand, français et italien).
À l’heure actuelle, les personnes en situation de handicap ne bénéficient d’une protection contre les inégalités que s’ils travaillent au sein d’une institution publique. Avec ces mesures visant le privé, le gouvernement entend promouvoir une société plus accessible et égalitaire. Mais, pour beaucoup, cette révision n’est qu’un premier pas, et d’autres échéances arrivent pour aller plus loin.
Le défi reste immense
En effet, cette révision de la loi s’inscrit dans un contexte de pression accrue, porté notamment par l’initiative populaire «Pour l’égalité des personnes handicapées». En réponse, le Conseil fédéral a annoncé ce lundi un contre-projet indirect visant à développer les prestations d’assistance et à instaurer une nouvelle loi-cadre sur l’inclusion, avec un focus particulier sur le logement. «Ces améliorations sont un signe clair que le travail des associations de personnes en situation de handicap et les revendications des plus de cent mille signataires de l’initiative pour l’inclusion portent leurs fruits», se réjouit Maya Graf, conseillère aux Etats et Co-présidente de l’association Inclusion Handicap.
Malgré les avancées proposées, l’accessibilité dans les transports publics reste un point critique. Le délai de 20 ans pour rendre les infrastructures accessibles, expiré fin 2023, n’a pas suffi à résoudre les nombreux dysfonctionnements. Inclusion Handicap et le PS Suisse appellent le Parlement à fixer un nouveau calendrier contraignant, assorti de mécanismes de contrôle efficaces. Pour l’association et le parti, sans ces ajustements, de nombreuses personnes en situation de handicap continueront à rencontrer des obstacles dans leurs déplacements quotidiens, freinant leur inclusion sociale et professionnelle.
La révision de la loi sur l’égalité pour les personnes handicapées manque cruellement de substance selon la Fédération suisse des sourds. Cette dernière estime que la reconnaissance des langues des signes est purement symbolique. L’organisme déplore le manque de mesures concrètes pour la promotion de ces langues. La Fédération appelle le Parlement à corriger cette décision et à garantir un véritable accès à l’éducation, à la santé et au travail. Le conseiller national Gerhard Pfister (Centre/ZG) a déclaré à ce sujet: «Les langues des signes sont des langues, pas un handicap.»
