l’essentiel
Ouvert le 16 décembre dans un climat sinon d’inquiétude, du moins d’expectative, le marché de Noël de la capitale ariégeoise s’est achevé le 24 décembre sur le sentiment général d’un rendez-vous réussi, durant lequel bonne ambiance et bonnes affaires sont allées de concert.
“On a eu froid aux pieds, mais ça s’est bien passé”, rigole Michel Soulié derrière son stand d’objets en bois, résumant en peu de mots le sentiment général des artisans présents depuis le 16 décembre sur le marché de Noël fuxéen. Venu de Bédeilhac en cette veille de Noël, l’artisan en champignons décoratifs et casse-noix est pourtant l’un des rares à exprimer une petite réserve sur ces neuf jours passés sous la halle de Villote : “Côté ventes, ça a été moyen, mais on a eu du sale temps et ça a peut-être refroidi quelques visiteurs. Après, il y a quand même eu de l’affluence et on rencontre des gens intéressants, qui aiment le bois, on discute…”
Alex, de la brasserie verniollaise L’Excentrique, est bien plus positif. “Moi, j’ai trouvé que c’était top, lance le jeune brasseur. C’est un très beau marché, peut-être le plus beau d’Ariège, les gens sont venus et les affaires ont été bonnes.” Le pouvoir d’achat en berne ? “Sur l’artisanat et les cadeaux, je n’ai pas eu une seule personne qui m’ait dit : “Ah non c’est trop cher, j’ai pas d’argent.” C’est l’avantage de l’artisanat, même si au quotidien c’est peut-être différent.”
“Une ambiance de folie”
“La main au portefeuille est un peu plus difficile, les clients étaient peut-être un peu moins au rendez-vous que l’an dernier, mais c’est surtout à cause de la météo”, estime-t-on du côté de La Forêt Enchanvrée, où les produits dérivés du chanvre attirent peut-être moins le chaland que d’autres. “Mais ça reste un beau marché avec une ambiance de folie, une super asso et une super organisation.”
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Les produits plus haut de gamme eux-mêmes ont trouvé leur public, comme les marqueteries de paille que réalise Karine Leduc à Ganac, du bijou au meuble. “C’était une première pour nous et ça s’est vraiment très bien passé. Les bijoux sont partis les premiers, mais quelques belles pièces aussi alors que ce ne sont pas des premiers prix. Mais l’idée, c’était de faire connaître la marqueterie de paille, j’ai eu de très bons retours et quelques contacts, c’est vraiment bien.”
“Il y a aussi un plaisir personnel, note de son côté Antoine Ricordel, qui a installé sa coutellerie à Rimont il y a trois ans, les gens se font un cadeau à eux-mêmes. En tout cas, ça fait trois ans que je fais ce marché de Noël et j’ai de plus en plus de monde d’année en année.” Nombre d’artisans retrouvent d’ailleurs sur le marché une clientèle qui fréquente aussi leurs boutiques et leurs ateliers le reste de l’année. Comme la potière Cécile Bouyge, qui sourit : “Je joue à domicile, je suis de Foix. Reste que le marché a été très fréquenté et tout le monde a travaillé, alors qu’on n’a pas été gâtés au niveau du temps.”

“C’est le bon moment pour les gâteaux, c’est là qu’il faut y aller !”
DDM – J-O.B.
“Vivre ensemble pendant neuf jours, on a l’impression d’être en colo !”
“Ça fait cinq ans que je fais le marché et j’ai vraiment ma clientèle, même si hier j’ai eu pas mal de touristes, renchérit Malika derrière son stand de bijoux réalisés à partir de bâches de récupération. Depuis cinq ans, je crois que c’est le marché sur lequel j’ai eu le plus de mouvement.” Même son de cloche chez Douceur des Neiges : “Ça a commencé tout doucement, mais ça se termine bien, résume Laura. Après, j’ai l’avantage d’avoir une clientèle bien établie, les gens me connaissent et le marché lui-même commence à être bien connu.”
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Mais être connu n’est pas une nécessité, comme en témoigne Marieke Faure, qui propose pour la première fois ici ses bijoux en bois de cerf. “Les gens ont juste besoin de temps, explique-t-elle. Ils viennent une première fois, on discute. Ils viennent une deuxième fois, ils regardent. Et la troisième fois, ils achètent.”
À Margaux, “l’entartineuse” de Saurat dont c’est aussi le premier marché fuxéen, le mot de la fin : “Ça s’est super bien passé, les affaires ont bien marché. Mais surtout, vivre ensemble pendant neuf jours, c’est super agréable, on a l’impression d’être en colo !”