Malgré la mauvaise réputation dont il est désormais affublé, le moteur diesel a encore séduit près de 1,2 million d’acheteurs en neuf en Europe sur les 11 premiers mois de 2024. Fourni par l’association des constructeurs automobiles européens ACEA, ce nombre ne tient pas compte des utilitaires, pour qui le gazole reste le carburant-roi. Sur les véhicules particuliers, le “mazout” continue à voir ses ventes s’éroder. Elles ont encore baissé de 11,6 % depuis le début de l’année, en incluant la Suisse, la Norvège, l’Islande et le Royaume-Uni, ou de 11,2 % en se limitant aux 27 pays de l’Union Européenne. Mais en Allemagne, la situation est bien différente. Le diesel a progressé de 0,7 % pour atteindre 452 230 immatriculations. Cela représente plus d’un tiers de la diffusion de tout le continent et une part de marché qui atteint encore 17,44 %. De quoi aider à comprendre pourquoi ce type de motorisation reste si présent dans les gammes du groupe Volkswagen, de BMW ou de Mercedes.
Le nouveau Volkswagen Tiguan n’a pas renoncé au diesel, un carburant toujours assez important en Allemagne.© Volkswagen
Lourde chute en Italie et en France
La deuxième marche du podium est occupée par l’Italie. Mais la Botte est reléguée loin derrière, avec 201 459 ventes, et le gazole y dégringole de 21,6 %. La chute est encore plus lourde en France. Même si l’Hexagone se classe troisième avec 113 377 immatriculations, le diesel y subit une baisse de 26,8 %. Seuls la Belgique, la Grèce et Malte font encore largement pire. La part de marché du “mazout” au pays de Voltaire se limite ainsi maintenant à 7,39 %, et elle ne cesse de diminuer depuis plusieurs années. Là aussi, cela peut aider à comprendre certains choix effectués par Renault, Peugeot ou Citroën, qui préfèrent aujourd’hui miser sur les voitures hybrides. Surtout que la situation n’est guère plus reluisante chez le quatrième pays en volume, l’Espagne, comme chez le cinquième, le Royaume-Uni.
La compacte 308 et le monospace Traveller sont les deux derniers véhicules particuliers de Peugeot disponibles en diesel en France.© Alex Krassovsky
Exclusif – Mais qui achète encore des diesels en France ?
Le diesel progresse à l’est
Comme dans d’autres domaines, la donne change toutefois radicalement en Europe de l’est. Le diesel progresse de 4,9 % en Pologne, de 5,8 % en Croatie, de 17,1 % en Roumanie, la patrie de Dacia, et même de 41,7 % en Estonie. Même si on parle souvent de petits marchés, cela illustre bien une certaine tendance. En République Tchèque, fief de Skoda qui propose encore de nombreuses versions TDI, notamment sur son best-seller Octavia, le “mazout” se contente d’une baisse raisonnable de 1,7 %. Ici, la part de marché de ce type de motorisation atteint encore 21,65 % avec 46 262 ventes. Cela fait du pays le sixième plus gros acheteur de véhicules alimentés au gazole sur le Vieux Continent… voire le cinquième si on exclut le Royaume-Uni. Mais en plus de l’Allemagne, il y a tout de même un autre pays du “bloc de l’ouest” dans lequel le carburant lourd est en croissance. Il s’agit de l’Irlande, qui suit une trajectoire bien différente de celle de son proche voisin, le Royaume-Uni.
Le 2.0 TDI reste proposé en deux niveaux de puissance sur la Skoda Octavia restylée.© Skoda
Top 10 des pays qui achètent le plus de véhicules particuliers diesel en Europe en 2024Allemagne : 452 230 exemplaires (+ 0,7 %)Italie : 201 459 exemplaires (- 21,6 %)France : 113 377 exemplaires (- 26,8 %)Espagne : 88 925 exemplaires (- 19 %)Royaume-Uni : 51 502 exemplaires (- 22,7 %)République Tchèque : 46 262 exemplaires (- 1,7 %)Pologne : 43 477 exemplaires (+ 4,9 %)Autriche : 40 928 exemplaires (- 4,9 %)Irlande : 27 603 exemplaires (+ 1,4 %)Belgique : 20 965 exemplaires (- 47,8 %)
Chiffres ACEA traités par Autoactu.com sur les 11 premiers mois de 2024. Entre parenthèses : évolution par rapport à la même période de 2023.
Non, garder sa voiture diesel n’est pas forcément un acte de barbarie écologique