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L’hiver est synonyme d’infections respiratoires qui se propagent facilement dans la population. En cause, des lieux fermés et un système immunitaire affaibli. Et cette année ne fait pas exception. Avec le froid, la grisaille et l’obscurité, les symptômes saisonniers viennent se rappeler au bon souvenir de chacun. De la toux, une gorge qui gratte, le nez qui coule… Ces désagréables sensations de fin d’année peuvent parfois conduire à des arrêts pour maladie de plusieurs jours. Dans les écoles, les entreprises et les administrations, les certificats médicaux se multiplient. Pas assez toutefois pour susciter des inquiétudes particulières chez les autorités. Mais si le traumatisme de la période Covid semble relégué au rang de mauvais souvenir, il a tout de même laissé des traces. Quitte à provoquer de nouveaux réflexes.
Niveau d’alerte 2 sur une échelle de 4
Vendredi 13 décembre, le Risk Management Group du SPF Santé publique a décidé de relever le niveau d’alerte pour les infections respiratoires dans tout le pays. Nous sommes désormais passés en code jaune, soit le niveau d’alerte 2 sur une échelle de 4. Concrètement, cela signifie qu’il y a une augmentation claire de la circulation des infections respiratoires, mais que la pression sur le système de santé est encore sous contrôle. “C’est tout à fait habituel à cette période de l’année” explique Justine Cerise, porte-parole adjointe du SPF Santé Publique. Avec le retour du froid, notre mode de vie migre vers des espaces plus confinés où l’air circule peu et où prolifèrent les microbes en tout genre. Le froid affaiblit également notre système immunitaire. Autant de facteurs qui nous rendent plus vulnérables et qui augmentent les chances de développer des infections respiratoires, notamment celles causées par les virus.
L’enjeu de la ventilation est bien connu. Une personne malade qui tousse dans une pièce fermée, c’est davantage de risques de voir proliférer les agents pathogènes qu’en plein été, lorsque les fenêtres sont ouvertes et que les courants d’air vont les chasser vers l’extérieur. Dans son dernier bilan hebdomadaire, l’institut Sciensano note une légère recrudescence des consultations pour symptômes grippaux et autres infections respiratoires chez les généralistes. Mais le seuil d’activité des médecins est encore considéré comme “faible”, selon le rapport.
Repos et patience
“On est encore loin du pic de la grippe. Quant au Covid, il fluctue de semaine en semaine”, confirme le Dr Aurore Girard, médecin généraliste et vice- présidente de la Société scientifique de médecine générale. “Cette période est plutôt celle des rhumes, des angines, des bronchites, mais aussi du RSV: le virus de la bronchiolite.” Si la situation n’est pas encore trop chargée dans les cabinets médicaux, elle risque de monter en puissance à la rentrée, juste après les fêtes. “Les enfants vont attraper les microbes ces jours-ci à l’école. Et ils vont les transmettre au reste de la famille entre Noël et Nouvel An, poursuit le Dr Girard. La période des fêtes est d’ailleurs une période où les gens consultent moins leur médecin car ils sont occupés à autre chose. Habituellement, on constate une augmentation des consultations pour des infections respiratoires juste après cette période.”
Dans certains cas, les infections virales vont affaiblir le corps, et le patient va développer une surinfection bactérienne, qui peut amener la maladie à se prolonger et conduire le médecin à prescrire des antibiotiques. Un rhume peut ainsi dégénérer en sinusite, ou une angine en bronchite… Mais le plus souvent, les infections virales guérissent par elles-mêmes avec du repos et de la patience. Un traitement destiné à atténuer les symptômes (spray nasal, pastilles pour la gorge…) aidera le patient à traverser ce mauvais moment.
“Aujourd’hui, davantage de patients consultent pour être rassurés”
Les symptômes de ces infections ont-ils changé depuis la pandémie? Sont-ils devenus plus forts après plusieurs années passées à porter le masque? “Nous sommes revenus à une situation tout à fait normale, répond Aurore Girard. Mais la perception des patients a évolué. Autrefois, il était rare de s’inquiéter quand on présentait des symptômes d’infection respiratoire. Aujourd’hui, davantage de patients s’inquiètent et consultent leur médecin pour être rassurés.” En cette période de code jaune, le SPF Santé publique recommande quelques précautions simples pour réduire le risque d’infection respiratoire. La ventilation étant très efficace, il est recommandé – même en cas de froid glacial – d’ouvrir les fenêtres et les portes opposées plusieurs fois par jour, idéalement quelques minutes, pour créer un courant d’air. “Si vous avez un système de ventilation, assurez-vous qu’il fonctionne bien, augmentez le débit d’air et vérifiez les filtres, indique le SPF Santé publique dans un communiqué. Si un compteur de CO₂ est disponible, maintenez la concentration en dessous de 900 ppm, et ventilez au maximum si elle dépasse 1.200 ppm.”
Enfin, les personnes vulnérables sont invitées à se faire vacciner contre la grippe, le Covid 19, le VRS et les pneumocoques: les plus de 65 ans, les femmes enceintes, les personnes présentant une maladie chronique des poumons, du cœur, du foie ou des reins, une maladie métabolique ainsi que les personnes présentant un trouble de l’immunité. Les médecins et les pharmaciens fournissent des conseils à leurs patients à ce sujet.