Publié31. décembre 2024, 08:00
Suisse: Covid: le rejet des mesures corrélé à la hausse de la mortalité
Une étude de l’Université de Berne montre que plus les communes ont voté «non» aux mesures de lutte contre le Covid, plus la surmortalité liée au virus est importante.

En automne 2021, des centaines d’opposants aux mesures Covid-19 s’étaient réunis à Berne.
20min/Simon Glauser
La corrélation entre le rejet en votation des mesures de la Confédération pour lutter contre le Covid et la hausse de la surmortalité dans les communes est «certaine». Ce sont les conclusions avancées ce lundi dans les journaux du groupe CH Media par le professeur Matthias Egger. Cet épidémiologiste a dirigé une étude de l’Université de Berne comparant les conséquences de la pandémie aux résultats des différents scrutins portant sur les règles imposées par l’Etat pour limiter la progression du virus.
Les Suisses avaient soutenu l’action du gouvernement par 60% des voix à trois reprises. «Nous avons pu prouver que dans les communes où la proportion de «non» aux mesures Covid était plus élevée, davantage de personnes sont mortes du Covid», affirme Matthias Egger. Il admet que dans les tout petits villages, les chiffres sont à prendre avec des pincettes, car un seul décès peut y faire bondir la statistique, mais ajoute que la tendance observée est confirmée dans quasi tout le pays.
Régions rurales plus sceptiques
«La corrélation entre le comportement de vote et la mortalité pendant la pandémie est avérée. Nous avons trouvé ce lien de façon presque généralisée», ajoute le scientifique. Pour ce dernier, les personnes qui rejettent les mesures les appliquent également moins et sont donc davantage exposées au Covid.
Matthias Egger suppose que dans les milieux ruraux, où la critique était plus marquée, de nombreuses personnes ont subi les restrictions de façon contraignante, car elles ne pouvaient par exemple pas télétravailler, ce qui aurait entraîné une plus grande défiance vis-à-vis des autorités. «Les chauffeurs de car postal, ceux qui travaillent dans le service ou sur les chantiers étaient plus exposés au virus et étaient aussi plus concrètement confrontés à de nombreuses mesures. Cela a peut-être conduit à un rejet plus fort.»
(jba)