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Un chorégraphe de 67 ans, réputé dans le monde de la danse, a été jugé ce mercredi par le tribunal correctionnel de Toulouse pour des agressions sexuelles commises sur deux anciennes stagiaires.
“Je nie toute intention sexuelle dans mes gestes. Tout est fait dans le cadre de cours de danse, avec des objectifs de respiration, des mouvements particuliers”, assure le chorégraphe de 67 ans face au tribunal correctionnel de Toulouse ce 8 janvier 2025. Entre le 1er décembre 2016 et le 31 décembre 2021, ce sexagénaire aurait commis des agressions sexuelles sur deux “stagiaires”.
“Ces femmes, âgées d’une soixantaine d’années, rêvaient de devenir danseuses. Lorsque ce chorégraphe, professionnel reconnu, s’est intéressé à elles, il a exercé une forme de domination. Elles obéissaient à ses consignes pour progresser, ne pas le décevoir. Il avait une emprise psychique sur ces dames”, insiste Me Nelly Magendie, en partie civile.
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En 2016, il rencontre une première victime et lui propose de l’accompagner pour la faire progresser. Rapidement, les séances privées dévient de leur cadre initial. L’apprentie danseuse enlève son haut, son professeur lui passe la main sur la poitrine. “Je ne sais pas pourquoi j’ai terminé à moitié nue, mais je n’ai pas donné mon accord”, confie-t-elle. “Mais avez-vous dit non ?”, l’interroge la présidente. “Non”, reconnaît la plaignante. Cette dame a d’ailleurs avoué être amoureuse du prévenu à cette époque et avoir eu des relations sexuelles consenties avec lui.4
“Elles n’ont jamais exprimé de malaise”
Deux ans plus tard, en décembre, le schéma se répète avec la seconde victime, qu’il tente de toucher à l’entrejambe. “Vous savez qu’en danse, les parties intimes ne doivent pas être touchées. Expliquez-vous”, ordonne la juge. Selon lui, ces gestes s’inscrivent dans le cadre de l’expression artistique et d’exercices techniques, sans connotation sexuelle. “D’ailleurs, je demande toujours des retours de séances à mes clientes pour connaître leur ressenti. Elles n’ont jamais exprimé un malaise”, promet le professeur.
Le chorégraphe, actif depuis plus de 40 ans dans le milieu, était jusqu’alors inconnu des services judiciaires. Ces mères de famille, après avoir contacté l’association “Colosses aux pieds d’argile”, ont fini par porter plainte plusieurs années après les faits. “L’enquête a été bâclée. Ces femmes auraient mérité une expertise psychiatrique. Aucune preuve tangible ne vient étayer l’intention sexuelle de mon client”, assure Me Justine Dalloz, en défense.
La procureure requiert 10 mois d’emprisonnement avec sursis contre cet homme inconnu de la justice. La décision sera rendue le 28 janvier.