Les Jeux olympiques de Paris 2024 ont été un succès populaire indéniable. Cela a-t-il eu un impact sur les clubs de sport de l’agglomération de Périgueux (Dordogne) ?
En septembre, les associations, présentes sur de nombreuses manifestations pour séduire un maximum de nouveaux adhérents, avouaient bénéficier de l’effet JO, mais qu’il fallait attendre la Toussaint pour faire un vrai bilan. Depuis, « Sud Ouest » est retourné les voir.
Une vraie affluence
Grâce aux Jeux olympiques, tout le monde connaît les frères Lebrun, désormais stars du tennis de table. Visiblement, ils ont eu un effet porteur sur la section de l’Amicale laïque de Coulounieix-Chamiers : « Nous nous étions fixé comme objectif d’atteindre les 150 licenciés, contre 122 l’an dernier. Nous sommes arrivés à 155 », se félicite le président, Jean-Christophe Mouyanne, même s’il intègre dans ce chiffre les anciens membres de l’ASPTT, dont le club s’est éteint faute de salle disponible dans le gymnase municipal Céline-Dumerc. « En les mettant de côté, on a réellement une quarantaine de nouveaux joueurs. C’est beaucoup, surtout quand on sait que le taux de non-renouvellement est fort », complète le président.
Conséquences de l’affluence : l’ouverture d’un nouveau créneau pour les seniors et des cours démultipliés pour les jeunes, car le club ne parvenait pas à accueillir 35 jeunes à la fois. « Je pense que les JO ont joué, atteste Jean-Christophe Mouyanne. Si la France n’avait pas eu d’aussi bons résultats, on n’aurait pas eu cet afflux-là ! On a vraiment vu une vague d’inscriptions : les jeunes étaient motivés après avoir vu les frères Lebrun. »
« Je pense que cet effet va durer, comme avec David Douillet »
L’autre star du rendez-vous parisien, c’était Teddy Riner. « Les gens l’ont vu à la télé et ça leur a donné envie de faire du judo, commente Laurent Cubertafon, directeur technique du Judo Club de Périgueux. Les anciens sont restés, et on a + 10 % chez les enfants. Maintenant, on manque d’enseignants, donc on doit prendre plus d’enfants sur chaque séance. On aurait même pu ouvrir des créneaux supplémentaires. Je pense que cet effet va durer, comme avec David Douillet, dont les médailles avaient fait bondir les effectifs. »
Les résultats des escrimeuses et escrimeurs français ont aussi eu un impact sur le club d’escrime de Périgueux. « Quand Laura Flessel avait cartonné à Atlanta en 1996, on avait eu la queue pour s’inscrire dans la rue du Gymnase », se souvient Jean-François Bouillaud, le maître d’armes. Cette fois ce sont surtout les plus petits qui sont venus s’inscrire, avec 67 % de pratiquants en plus.
Au Périgueux Basket Club, Stéphanie Zidani a dû refuser des inscriptions à contrecœur, faute de coach. Le nombre d’adhérents a bondi de 130 à 166 et les créneaux sont saturés, selon la présidente. Même dilemme pour la natation : l’Acap a vu un effet Léon Marchand mais ses créneaux de nage ne sont pas extensibles.