Il y a deux ans et demi, le président de la République s’en prenait publiquement et violemment aux spécialistes de la Russie au ministère des Affaires étrangères. Il les trouvait trop méfiants vis-à-vis de Poutine…

10 comments
  1. Parfois je me demande si Macron ne fait pas double-jeu tout simplement.
    Il ne m’a pas vraiment l’air d’être si pro-américain que ça.

  2. Stratégie: Si tout le monde est copain avec lui, Poutine aura moins peur que des troupes arrivent par l’Ukraine et ptet qu’il relâchera son slip.

  3. Je crois me souvenir que Macron avait fait quelques déclarations en faveur de la russie par rapport au US, pendant Trump, mais je me souviens plus comment retrouver ca.

  4. **Russie : quand l’« Etat profond » avait raison contre Macron…**

    Il y a deux ans et demi, le président de la République s’en prenait publiquement et violemment aux spécialistes de la Russie au ministère des Affaires étrangères. Il les trouvait trop méfiants vis-à-vis de Poutine…

     

     

    Fin août 2019, à l’Elysée. Comme chaque année, le président de la République s’apprête à prononcer son discours aux ambassadeurs, devant le ban et l’arrière-ban du Quai d’Orsay. Il est encore dans l’atmosphère de sa rencontre, la semaine précédente, avec Vladimir Poutine à Brégançon. Le tête-à-tête a été courtois, presque amical, comme savent l’être les officiers traitants, premier métier du maître du Kremlin quand il était au KGB. Au cours des différentes discussions, « Vladimir » s’est montré le plus empathique du monde, un caméléon capable de s’adapter à son interlocuteur. Ignorant ces trucs d’espions, le jeune chef d’Etat croit possible de retourner le maître du Kremlin, de l’arrimer à l’Occident, de s’en faire un allié. Une semaine plus tard, quand il s’adresse au corps diplomatique français, il est toujours sous le charme – l’emprise ? – de l’ex-colonel du KGB.

     

    Si bien que, le 27 août 2019, à l’Elysée, il s’en prend violemment à tous ceux qui, dans l’administration et singulièrement au Quai d’Orsay, résistent à ce rapprochement avec Moscou. Il leur reproche de refuser de s’engager dans une réflexion commune avec le Kremlin sur une « nouvelle architecture de sécurité en Europe » – l’un des thèmes favoris de Poutine qu’il a réussi à « vendre » à Macron, et qui pour beaucoup de spécialistes n’est qu’un leurre visant à détacher le Vieux Continent des Etats-Unis et ainsi affaiblir les démocraties européennes.

     

    **« On écoute le président et on fait comme d’habitude »**

     

    Macron est excédé. « Par définition, commence-t-il par déclarer, féroce, les experts ne sont experts que de ce qui existe déjà. » Puis, à la surprise générale, il se fait carrément accusateur : « Nous avons aussi notre Etat profond, lance-t-il, utilisant un concept très en vogue à l’extrême droite désignant l’existence d’un supposé pouvoir secret parallèle. Et je sais que beaucoup d’entre vous se sont formés dans la défiance envers la Russie ». Enfin il les met en garde : « En général, sur ce sujet, on écoute le président et on fait comme d’habitude. Je ne saurais que vous conseiller de ne pas suivre cette voie. »

     

    Deux ans plus tard, à l’automne dernier, quand les Américains font le tour des capitales européennes pour expliquer, preuves à l’appui, que les Russes se préparent à envahir l’Ukraine, l’Elysée demande l’avis de la DGSE et la DRM (le renseignement militaire). Les responsables des services français ont-ils encore en tête cette mise en garde contre les réticences anti-russes de « l’Etat profond » et redoutent-ils de subir les foudres du président de la République ? En tout cas, ils assurent au chef de l’Etat que, comme d’habitude, comme en 2003 avant la guerre en Irak, la CIA et la DIA (le secret de renseignement militaire) en rajoute, qu’il ne faut pas croire ces faucons. Que Poutine gesticule, menace, fait étalage de sa force, pour arracher quelques concessions. Mais qu’évidemment il n’envahira jamais l’Ukraine, comme le prétendent les excités à Washington.

     

    Au Quai d’Orsay, en revanche, le prétendu « Etat profond » (le groupe qui suit les affaires russes et stratégiques, ces diplomates que certains s’obstinent à tort à qualifier de « néoconservateurs ») n’en démord pas. « Avec Poutine, tout est possible, y compris une invasion de l’Ukraine » , écrivent-ils en substance à l’Elysée. Mais, au Château, en cet automne 2021, on ne les écoute pas. Pas encore. Depuis deux semaines, en revanche, les conseillers présidentiels potassent assidûment leurs notes. Comme pour rattraper le temps perdu…

  5. Pourquoi utilise t on encore le terme d’État profond lorsqu’il est utilisé par un type qui arrive tout juste sur un dossier pour attaquer en autre des professionnels qui ont passé des années dessus et qui le connaissent mieux que lui ?

  6. Ce qui compte, c’est ce qu’il prend comme décision et la qualité des informations qu’il a au moment où il prend une décision. Je suis politiquement opposé à Macron mais je trouve le procédé ridicule, qui consiste à sortir du passé des faux scoops pour mouiller une personne à l’aune d’une actualité par essence imprévisible. Tout cela relève d’un procédé débile et boiteux de chasse aux sorcières : on peut reprocher n’importe quoi à n’importe qui en faisant ça.

    Ce qui compte c’est de savoir si son jugement de l’époque était valide, faux, ridicule, dangereux ou autre au regard de l’ensemble des informations qu’il avait à ce moment-là. Il est possible qu’il ait manqué de jugeote, il se peut aussi qu’il ait eu de bonnes raisons de penser ce qu’il pensait : c’est ça qu’il faut déterminer, sans prendre en compte ce qu’on sait (ou ce que l’on croit savoir – parce que la ligne du Poutine fou ou débile mental est à mon avis dénué de sens) de la situation actuelle.

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