Publié11. janvier 2025, 13:57
France: Jean-Marie Le Pen enterré cet après-midi en Bretagne
Les obsèques de Jean-Marie Le Pen sont célébrées samedi dans sa ville natale de La Trinité-sur-Mer, où de nombreuses forces de l’ordre ont été déployées.

Le politicien d’extrême-droite est décédé ce mardi en région parisienne.
Loic Venance/AFP
Malgré un ciel couvert et un temps froid, quelques badauds ont commencé à se rassembler dans le calme en fin de matinée aux abords de la petite église Saint-Joseph, devant laquelle des barrières de sécurité ont été installées. De nombreuses forces de l’ordre étaient visibles dans le bourg et le port. Une centaine d’entre eux, dont un escadron de gendarmes mobiles, ont été mobilisés pour éviter tout débordement, selon une source proche du dossier.
Quelque 200 personnes pourront assister aux obsèques qui doivent être célébrées par le père Dominique Le Quernec, recteur de la paroisse de Carnac, selon une source religieuse.
Une autre cérémonie, «religieuse et d’hommage», aura elle lieu à l’église Notre Dame du Val-de-Grâce à Paris, rattachée au diocèse aux Armées françaises. Cette messe, décidée par Marine Le Pen, sera elle ouverte au public.
Les deux événements devraient rester propices au recueillement, a estimé Louis Aliot, vice-président du RN, alors que mardi soir, des foules entières de Français se sont rassemblés dans certaines villes de France, dont Paris, Lyon ou Rennes, pour célébrer, avec chants, fumigènes et feux d’artifice, le décès de celui qui avait fondé un parti avec d’anciens SS.
Des mesures sécuritaires spéciales
Vendredi, le préfet du Morbihan Pascal Bolot a pris un arrêté d’interdiction de manifester dans la commune, étant donné que «la personnalité politique du défunt» était «susceptible d’attirer, en marge de la cérémonie religieuse et de l’inhumation, une forte affluence composée à la fois de sympathisants mais aussi possiblement également d’opposants».
La préfecture motive son arrêté par «les risques de perturbations et de contre-manifestations susceptibles de provoquer des affrontements entre des mouvements antagonistes aux idéologies diamétralement opposées et incitant régulièrement à la violence».
Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau avait jugé «honteuses» les scènes de liesse mardi tandis que Mathilde Panot, patronne des députés LFI, avait dit ne pas être «choquée».
Obsédé par l’immigration, les musulmans et les juifs, Jean-Marie Le Pen a été condamné pour plusieurs de ses déclarations sur la Seconde guerre mondiale, et pour des injures homophobes.
Elu député en 1956 sous la IVe République, il avait sorti l’extrême droite française de sa marginalité au cours d’une carrière politique qui a marqué la Ve République.
Cet ancien combattant d’Indochine était ensuite reparti, en Algérie, où il sera accusé de torture.
Le 21 avril 2002, il choque la classe politique et une grande partie de l’opinion publique françaises en accédant au second tour de la présidentielle derrière le sortant Jacques Chirac.
(AFP)