L’Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit une pénurie globale de l’ordre de 10 millions de professionnels de la santé à l’horizon 2030. Des chiffres qui n’augurent rien de bon à l’heure où le manque de personnel se fait déjà sentir au Luxembourg.

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Tina Koch, secrétaire générale de l’Association nationale des infirmiers et infirmières (Anil), rappelait par exemple en décembre dernier que le secteur des soins manquera déjà d’environ 4.000 travailleurs dans les quatre prochaines années.

Paradoxalement, le nombre d’habitants et de travailleurs frontaliers ne cesse de croître, tout comme leur présence dans les hôpitaux du pays. Raison pour laquelle l’Observatoire de la santé expliquait notamment en juin 2024 que «la réalité du recours croissant aux soins hospitaliers par la population non résidente nécessite que la planification hospitalière soit envisagée dans une perspective transfrontalière, tout en reconnaissant les limites des dispositions légales en la matière».

Quantifier pour mieux anticiper les pénuries

Autant de raisons rendant donc nécessaire de quantifier l’activité des ressources humaines dans le milieu de la santé, afin d’aider à l’élaboration de politiques de santé plus pertinentes. En ce début 2024, l’ObSanté a donc dédié son dernier rapport thématique à l’état des lieux du personnel de santé présent au Grand-Duché.

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Le rapport révèle ainsi la méthodologie utilisée et l’outil d’évaluation et de planification des ressources humaines dans le domaine de la santé employé par l’Observatoire. Aussi, la méthode d’évaluation a été empruntée à la Belgique, avec une approche participative qui a retenu des définitions distinctes des professionnels de santé: «autorisés à exercer», «praticiens» et «actifs».

Dans le détail, le système belge se base sur les données de remboursement, «en excluant des professionnels salariés et les patients étrangers». La méthodologie utilise une médiane qui reflète les remboursements, et qui est calculée sur le groupe de référence 45-54 ans, période sur laquelle les professionnels de santé sont jugés être les plus actifs.

Mise en pratique de l’outil de comptage des praticiens, ciblé sur les médecins généralistes © PHOTO: Capture d’écran/Observatoire de la santé

La participation de la CNS, du Centre commun de la sécurité sociale ou encore de l’Inspection générale de la sécurité sociale a donc été requise. «Cette méthode offre pour la première fois la possibilité de quantifier la contribution effective des praticiens libéraux aux soins de santé des assurés», note l’Observatoire.

«Cette structuration prend en compte les effectifs des professionnels qualifiés qui pourraient être mobilisés en cas de besoin», précise l’ObSanté. Quant à l’outil, il a été paramétré de sorte à correspondre aux dénominations et à la classification de l’OMS, afin de rejoindre d’autres comparaisons internationales si besoin.

Le but ultime étant au final d’identifier les manques à combler à l’avenir, pour limiter au mieux les pénuries de personnel.