Voici un aperçu des propositions en matière de politique étrangère que Donald Trump a formulées avant son investiture à la Maison blanche, ce lundi 20 janvier à Washington.

Le président élu américain Donald Trump a annoncé qu’il prévoyait de prendre possession du Groenland, de mettre fin à la guerre en Ukraine et de profondément transformer les relations entre les États-Unis et l’Otan lors de son nouveau mandat.

Ces dernières semaines, il a également menacé de reprendre le contrôle du canal de Panama et d’instaurer des droits de douane de 25 % sur tous les produits entrant aux États-Unis depuis le Mexique et le Canada.

Otan, Ukraine et alliés européens

Donald Trump a déclaré que, sous sa présidence, les États-Unis repenseraient complètement le “but et la mission de l’Otan”.

Il a promis de demander à l’Europe de rembourser les États-Unis pour les “près de 200 milliards de dollars” de munitions envoyées en Ukraine, et ne s’est pas engagé à fournir davantage d’aide à Kiev.

À la fin de son premier mandat, Donald Trump avait réduit les dépenses de défense des États-Unis, et il a souvent estimé que Washington dépensait davantage que les autres membres de l’alliance.

Il a déclaré récemment que les pays membres de l’organisation devraient augmenter leur budget de défense à 5 % de leur produit intérieur brut (PIB), alors que l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord s’en tient actuellement à un objectif de 2 % du PIB.

Lors de la campagne présidentielle, Donald Trump avait par ailleurs assuré qu’il mettrait fin “dès le premier jour” au conflit qui oppose Kiev à Moscou. Ses conseillers ont depuis admis que le président élu n’avait sans doute pas apprécié la situation dans sa globalité et que la guerre en Ukraine durerait encore plusieurs mois, voire davantage.

Si les contours exacts d’un plan de Donald Trump pour la paix restent flous, ses conseillers s’accordent pour dire qu’il devra exclure toute adhésion de l’Ukraine à l’Otan à court ou moyen termes et instaurer un gel des lignes de front.

Bien qu’il se soit dit au mois d’avril ouvert à l’octroi d’une aide supplémentaire à l’Ukraine sous la forme d’un prêt, Donald Trump a gardé le silence lors des négociations qui se sont déroulées ensuite au Congrès sur un programme d’aide de 61 milliards de dollars pour Kiev.

Expansion territoriale

Donald Trump a fait part le mois dernier de son intention de s’emparer du Groenland, une idée qu’il avait déjà évoquée lors de son précédent mandat.

En janvier, il a refusé d’écarter l’hypothèse d’une intervention militaire ou de mesures économiques pour obtenir la souveraineté sur le Groenland, territoire semi-autonome du Danemark.

Donald Trump a également menacé de reprendre le canal de Panama, estimant que les tarifs qui étaient imposés aux navires américains pour emprunter cette voie commerciale étaient trop élevés.

Il a également évoqué l’idée de faire du Canada le 51e État américain.

Chine, commerce et Taïwan

Donald Trump a annoncé qu’il imposerait des droits de douane supplémentaires de 10 % sur les importations en provenance de Chine.

Il a proposé une loi, appelée “Trump Reciprocal Trade Act”, qui lui permettrait de décider d’augmenter les droits de douane en représailles contre les pays qui décideraient de mettre en place des barrières commerciales contre les États-Unis.

Le président élu a notamment évoqué la possibilité d’imposer des droits de douane de 10 % sur les importations aux États-Unis et de 60 % sur les produits chinois.

Donald Trump a par ailleurs estimé durant sa campagne électorale que Taïwan devrait payer les États-Unis pour sa défense puisque l’île ne leur donnait rien mais prenait “environ 100 % de nos (semi-conducteurs)”. Il a également affirmé à plusieurs reprises que la Chine n’oserait pas envahir l’île alors qu’il serait président.

Canada, Mexique et drogues

Le président élu s’est engagé fin novembre à instaurer des droits de douane de 25 % sur tous les produits entrant aux États-Unis depuis le Mexique et le Canada si ces pays ne mettaient pas un frein au trafic de stupéfiants et aux flux de migrants qui entrent clandestinement aux États-Unis.

Les intentions de Donald Trump concernant l’imposition de ces droits de douane ne sont cependant pas claires.

Il a déclaré qu’il désignerait les cartels comme organisations terroristes et qu’il demanderait au Pentagone d'”utiliser les forces spéciales de manière appropriée” pour s’en prendre aux dirigeants des cartels et aux infrastructures utilisées par ces organisations.

Donald Trump a également dit qu’il déploierait la marine américaine pour mettre en place un blocus contre les cartels et qu’il expulserait les dealers et les membres de gangs en vertu de la loi sur les ennemis étrangers (“Alien Enemies Act”).

La plateforme du Parti républicain a aussi appelé à envoyer des milliers de soldats américains actuellement déployés à l’étranger à la frontière mexicaine afin de lutter contre l’immigration illégale.

Conflit dans la bande de Gaza

L’envoyé spécial de Donald Trump au Moyen-Orient, Steve Witkoff, a travaillé étroitement avec les responsables de l’administration Biden pour parvenir à sceller un accord de cessez-le-feu pour la bande de Gaza entre Israël et le Hamas.

Donald Trump avait menacé de faire payer “un prix terrible” au Hamas si les otages qu’il détenait dans l’enclave n’étaient pas libérés avant qu’il n’accède à la Maison blanche.

Iran

Les conseillers de Donald Trump ont dit qu’il relancerait la politique de “pression maximale” sur l’Iran qu’il avait mise en place lors de son premier mandat.

Cette politique visait à imposer des sanctions pour étrangler l’économie iranienne et à obliger Téhéran à négocier un accord qui entraverait ses programmes nucléaires et de missiles balistiques.

Climat

Donald Trump, qui a qualifié par le passé le changement climatique de canular, s’est engagé à retirer de nouveau les États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat.

Il avait retiré les États-Unis de l’Accord de Paris de 2015 après sa première élection à la présidence en 2016, décision sur laquelle était revenu son successeur, le président démocrate Joe Biden.

Défense antimissile

Le président élu s’est engagé à développer une défense antimissile de pointe autour des États-Unis, sans fournir de détails.

Il a toutefois indiqué que la Force de l’espace (Space Force), une organisation qu’il avait mise en place lors de son premier mandat, jouerait un rôle central dans ce processus.

La plateforme du Parti républicain a utilisé le terme “Dôme de Fer”, le nom du système antimissile utilisé par Israël, pour faire référence à cette défense antimissile.