Publié21. janvier 2025, 07:25
La chronique de Christian Dubé: Le dopage est presque inexistant dans le hockey suisse
En Suisse, les joueurs sont très souvent testés. Les rares cas sont liés à la prise de drogue dans un cadre festif ou d’un médicament qui contient un produit illicite.
par
Christian Dubé

Pour Christian Dubé, les tests antidopage sont rigoureux en Suisse.
Imago
Christian Dubé (47 ans) a été hockeyeur professionnel en NHL, à Lugano, Berne et Fribourg-Gottéron. Entre 2015 et 2024, il a assuré des fonctions de directeur sportif et d’entraîneur en chef à Fribourg-Gottéron. Il commente désormais l’actualité du hockey pour lematin.ch.
Quand je suis revenu en Suisse, au HC Lugano en 1999, je passais environ un contrôle antidopage par semaine. Le rythme augmentait pour les play-off, où j’étais testé tous les deux matches. Il en était de même pour tous les joueurs des équipes nationales.
La situation n’a pas changé. Les contrôles sont si fréquents, réguliers et rigoureux, comme ils sont organisés par Swiss Olympic, que le dopage est presque inexistant dans le hockey suisse.
Voilà comment ça se passe concrètement. Déjà, tous les clubs ont une séance d’information avant le début de la saison et reçoivent une liste complète de tous les produits interdits et de tous les médicaments qui contiennent une substance illicite. Il faut faire très attention et toujours discuter avec le médecin de l’équipe avant de prendre un médoc.
Uriner sous les yeux du contrôleur
Ensuite, pendant la saison, nous sommes avertis avant le match qu’il y aura des contrôles antidopage. Après la partie, trois joueurs sont choisis et sont suivis par les contrôleurs jusqu’à ce qu’ils aient uriné. Il faut bien comprendre: ils attendent à côté des athlètes et les regardent pisser.
Ces tests sont soi-disant aléatoires, mais ce sont quand même souvent les mêmes joueurs, à savoir les internationaux et ceux qui sont décisifs. C’est tout à fait possible de faire une carrière de 10 ans et de vivre qu’un test. Les clubs sont aussi chargés d’annoncer à Swiss Olympic si un joueur part en vacances. Car les contrôleurs peuvent débarquer chez toi et si tu n’es pas là, une amende est possible.

Le cas de Miro Aaltonen a surpris Christian Dubé.
Estelle Vagne/freshfocus
Les rares situations de dopage surviennent pour les raisons suivantes: la consommation de drogue dans un cadre festif, la prise d’un médicament contenant un produit interdit ou si le club oublie de communiquer une information. Par exemple, un joueur diabétique doit être annoncé afin qu’il puisse prendre de l’insuline.
Peu de contrôle en Amérique du Nord
Si je vous parle du dopage, c’est parce qu’un cas potentiel touche le hockey helvétique. Celui de Miro Aaltonen. Je ne sais pas ce qu’il a fait, mais je suis surpris. Parce qu’aujourd’hui, les joueurs sont bien plus professionnels sur le plan de l’alcool, de la cigarette et de la drogue.
Si un tel cas s’était produit lors de mes années à Fribourg, nous aurions réagi de la même façon que Kloten, avec une résiliation du contrat. Et si nous étions dans la situation de Berne, qui a signé Miro Aaltonen pour la saison prochaine, nous aurions eu une discussion avec l’agent et le joueur.
Personnellement, je n’ai jamais vu un joueur se doper, mais j’ai déjà eu des doutes lorsque j’étais en Amérique du Nord. Là-bas, il n’y a pratiquement pas de contrôle. Avec 82 matches par saison et de longs déplacements, c’est presque impossible que tout soit net.
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