Publié25. janvier 2025, 21:04

Chantage photo en Suisse: Tous les moyens ne sont pas bons pour arrêter les bandits

En Suisse alémanique, les polices posent des ultimatums à l’aide de photos pour pousser les suspects d’un délit à se dénoncer. Rien de tout ça chez les Vaudois!

Francesco Brienza

par

À Bâle, la publication de cette photo a débloqué une situation figée depuis six mois.

À Bâle, la publication de cette photo a débloqué une situation figée depuis six mois.

Ministère public de Bâle-Campagne

Deux suspects, recherchés après une violente bagarre l’automne dernier à Baden (AG), ont jusqu’au 26 janvier pour se dénoncer, sans quoi la police cantonale argovienne diffusera leur photo à tout-va sur les réseaux. Pixelisée dans un premier temps, puis en clair, si les malfrats continuent de jouer à cache-cache. Ainsi vont les méthodes de certaines polices alémaniques, qui rappellent un peu l’époque des westerns aux États-Unis.

Getty Images

Il faut dire que parfois, la technique paie. C’était le cas à Bâle en 2015, quand deux jeunes de 21 ans avaient agressé un innocent dans un tram. Introuvables durant six mois, ils s’étaient finalement rendus d’eux-mêmes en mars, quelques jours après la diffusion de leur photo pixelisée. Photo qui a immédiatement été dépubliée juste après. À Berne, une affaire similaire a été résolue de la même manière en février 2024.

Röstigraben policier

En Suisse romande, la méthode cow-boy ne se pratique pas, ou alors beaucoup moins. «Culturellement, nous ne pensons pas qu’une telle manière de faire soit opportune, tranche sèchement David Guisolan, porte-parole de la police vaudoise. Nous sommes d’avis de privilégier les sources policières et les plateformes d’échanges entre nos différents corps de police.»

Pourquoi se fermer les portes d’une stratégie qui semble porter ses fruits? «Nous n’avons pas de chiffre sur ce point précis», nuance le policier. Reste que les Vaudois ne sont pas bornés non plus. «Dans un second temps, en fonction de l’affaire et avec l’accord du Ministère public, nous serons plus enclins à publier des images non pixelisées dans le cadre d’appel à témoins», reprend-il. Mais la technique de l’ultimatum, non merci.