Plus aucun bidonville! C’est l’engagement pris par Jacques Chaban Delmas en février 1972. Mais le premier ministre de Pompidou est loin d’être le seul à avoir promis, au fil des années, la disparition des toits de tôle et des baraques entassées à la périphérie des grandes villes.. Les lieux , les campements, les squats ont changé, les nationalités aussi. Mais auourd’hui, plus de 11.000 personnes, s’entassent toujours au bord des routes, dans des terrains boueux. Ce sont très majoritairement des citoyens européens, souvent d’origine Roumaine ou bulgare. En situation régulière mais qui doivent après 3 mois de présence justifier d’un emploi. Et qui comptent parmi eux près de 4.000 enfants et adolescents.

L’horizon que vise l’Etat et les collectivités, c’est désormais 2035. Avec dix ans pour faire disparaitre ces poches de pauvreté, et une enveloppe, annuelle passée de 4 a 8 millions d’euros, qui doit permettre de soutenir les départements et les initiatives locales, en proposant des appartements, et des emplois a ces familles en marge du marché du travail. Des actions financées à 75 % par l’État, à 15 % par les collectivités territoriales et à 10 % par des fonds privés ou européens. Mais dont le résultat reste très contrasté. Avec en moyenne, a l’échelle nationale moins d’une personne sur dix, qui finit par emménager dans un logement pérenne.
Sur près de 4.000 enfants issus des bidonvilles de France métropolitaine 3.500 sont désormais scolarisés. Ils n’étaient que 1.400 il y a trois ans… Mais si la politique d’inclusion des écoliers dans le système scolaire fonctionne, l’insertion professionnelle reste un échec. Les associations recensent près d’un millier de contrats professionnels signés chaque année par des habitants de bidonvilles, soit moins d’une personne sur dix, et très peu de femmes.

Sortir du bidonville, c’est un reportage de Léna Adami et Romane Brisard
Production: Antoine Giniaux 
Réalisation: Gaétan Kolly 
Mixage: Eric Villenfin