La moitié des candidats à la présidentielle contre l’abattage rituel

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  1. >**La moitié des candidats à la présidentielle contre l’abattage rituel**

    >L’épineuse question de l’étourdissement préalable des animaux avant leur saignée sort du giron de la droite radicale : six candidats à l’élection présidentielle se sont engagés à le rendre obligatoire.

    >Jusqu’à présent, seule l’extrême droite s’était prononcée contre l’abattage rituel, jusqu’à faire de cette bataille son principal voire son seul argument en faveur de la cause animale. Marine Le Pen proposait déjà, lors de la campagne pour les présidentielles de 2017, d’interdire cette pratique qui consiste à saigner des animaux pleinement conscients, autrement dit sans étourdissement préalable (le plus souvent pratiqué grâce à une tige métallique perforant le crâne de l’animal ou une pince délivrant des décharges électriques), au nom du respect des rites juif et musulman. Mais l’actuelle campagne marque un tournant : des candidats de tous horizons souhaitent désormais eux aussi mettre fin à cette forme d’abattage qui constitue une dérogation à la règle exigeant que les animaux soient étourdis avant d’être égorgés afin de réduire leurs souffrances.

    >**Macron et Pécresse, les grands absents**

    >Interrogé le 10 février sur France 2 par Hugo Clément, journaliste spécialisé dans les questions de défense animale, Jean-Luc Mélenchon reconnaissait que l’arrêt de l’abattage rituel ne faisait pas partie de son programme, et qu’il fallait en «discuter avec les religieux». Depuis, le leader de La France insoumise s’est engagé, s’il était élu, à «imposer l’insensibilisation de tous les animaux avant la saignée», l’une des 22 mesures en faveur du bien-être animal proposées à tous les candidats par 29 ONG (SPA, One Voice…) réunies au sein du collectif «Engagement Animaux 2022». Pour l’heure, Yannick Jadot, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou et Nicolas Dupont-Aignan ont eux aussi validé cette proposition visant à mettre un terme à l’abattage casher ou halal. «On nous renvoie à des traditions. J’entends ces traditions. Mais, pour moi, il n’y a aucune tradition qui justifie de faire souffrir les animaux», avait assuré le candidat EE-LV en octobre.

    >Melvin Josse, l’un des responsables d’Engagement animaux 2022, a été le premier surpris par cette adhésion transpartisane : «Pour la première fois, les Verts et l’extrême gauche se positionnent dans ce débat, faisant ainsi passer la condition animale avant des considérations liées au respect de la liberté religieuse.» Petite révolution à gauche, donc, à l’exception notable du PS et du PCF : Anne Hidalgo et Fabien Roussel n’ont toujours pas répondu au collectif et n’ont donc validé aucune mesure. Le collectif présente ce mardi un panorama complet des engagements qu’il a obtenus auprès des candidats. Tout comme Valérie Pécresse, Emmanuel Macron fait partie des grands absents, mais personne n’imagine qu’il abordera la question sensible de l’abattage rituel, du moins prochainement.

    >**«Effet domino»**

    >Pourtant, si l’on en croit un sondage réalisé par l’Ifop pour la Fondation Brigitte Bardot. paru le 23 février, 90 % des Français interrogés souhaitent que l’étourdissement des animaux soit rendu obligatoire. La Fédération des vétérinaires d’Europe a quant à elle qualifié d’«inacceptable» l’abattage rituel. Plusieurs pays voisins y ont déjà mis fin : la Belgique, la Suède, l’Autriche, la Slovénie, l’Islande, le Danemark… «Certains se sont prononcés contre l’abattage rituel il y a fort longtemps, comme la Suisse ou la Norvège, et d’autres très récemment, comme la Grèce», note Mustapha Afroukh, maître de conférences à la faculté de droit et sciences politiques de Montpellier, et secrétaire général de la Revue semestrielle de droit animalier. «Le cadre juridique européen offre la possibilité aux Etats de prendre des mesures plus favorables à la protection animale en matière d’abattage, précise le juriste. Suite à un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne de décembre 2020, estimant que l’étourdissement pouvait être imposé par un Etat sans nier la liberté des cultes, on peut d’ailleurs s’attendre à un effet domino.» Rien ne s’opposerait juridiquement à mettre un terme à l’abattage rituel en France, sauf que les autorités et communautés religieuses juives et musulmanes seraient immanquablement vent debout contre une telle décision. Selon Mustapha Afroukh, «on pourrait alors s’attendre à ce que ce dossier remonte jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme».

  2. Ce serait effectivement un bonne chose de mettre fin à ce passe-droit. Et si au passage on pouvait aussi mettre fin aux mutilations sexuelles encore autorisées sous prétexte religieux ça serait parfait.

  3. Dans les faits ça ne concernera que les chaîne d’abattage et une méthode d’abattage sera trouvée qui respect le rite et la loi. Mais je suppose qu’on va en faire une question de société. J’espère qu’on ne va pas encore barbariser les musulmans.

  4. L’élevage industriel en batterie c’est bien pire. A choisir je prendrai largement vie dans les champs et abattage rituel plutôt que vie batterie et abattage NF1723. Enfin bref mangeons moins de viande.

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