Publié28. janvier 2025, 13:46
Musique: Joya Marleen: «Je rêve de jouer au festival Glastonbury»
Promise à un grand avenir, la Saint-Galloise de 21 ans sort son 1er album, «The Wind Is Picking Up». Et si c’était elle qui représente la Suisse à l’Eurovision?

par
Laurent Flückiger

Elle a 21 ans et a déjà l’une des plus belles cartes de visite de la musique de notre pays, avec quatre Swiss Music Awards et plusieurs tubes. Joya Marleen, talentueuse chanteuse de Saint-Gall à la chevelure de feu, sort enfin son premier album, «The Wind Is Picking Up». De la pop dansante très bien produite qui ne vous lâchera pas l’esprit (on prend les paris avec «Difficult»), mais aussi des ballades acoustiques, comme cet «Oxygen» où sa voix a la beauté des anges.
Nous avons rencontré à Lausanne Joya Marleen, prête à briser ce fichu Röstigraben, alors que son disque est sorti le 17 janvier dernier. D’ailleurs, elle sera en concert en Suisse romande en mars pour quatre dates (le 6 à la Cave du Bleu à Lausanne, le 8 mars au Port Franc à Sion, le 14 à La Spirale à Fribourg et le 15 au Royal à Tavannes). Présentations.
Si vous deviez vous décrire en trois mots, lesquels choisiriez-vous?
Rêveuse. Je rêve beaucoup la journée. Cinématographique. Quand j’écris une chanson, j’ai déjà le clip vidéo en tête. J’essaie de composer la bande sonore qui correspond aux émotions d’une scène du film. Et peut-être optimiste. Je plaisante sur tout, même dans les situations graves.
Dans quel genre de famille avez-vous grandi?
Dans une famille où il y avait beaucoup de musique. Lors des fêtes de famille, tout le monde se mettait à chanter et à danser. Je n’ai jamais eu peur de le faire. Pour moi, c’était normal.
À qui rêviez-vous de ressembler?
Christina Aguilera! Je pense que j’ai regardé son film «Burlesque» au moins quarante fois! Il y a cette scène où une méchante fille débranche toutes les prises et tout le monde découvre la vraie voix de Christina Aguilera, qui déchire tout. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de commencer à chanter.
Quels artistes vous inspirent aujourd’hui?
J’adore Florence And The Machine. Elle est super sauvage, puissante. Elle me fascine. J’ai découvert récemment The Last Dinner Party et Fleetwood Mac — je sais, je suis en retard sur la tendance… Et j’adore les productions de Harry Styles. C’est un artiste pop, mais en fait ses productions sont très funky, un peu R’n’B. J’ai l’impression que c’est une période très intéressante pour la musique pop.
À 21 ans et avant même la sortie de votre premier album, vous avez gagné deux fois le Swiss Music Award de l’artiste de l’année. Vous êtes forcément attendue au tournant. Comment gérez-vous cette pression?
Je suis quelqu’un qui travaille très mal sous pression. Alors, j’ai décidé de ne pas me stresser. Quand j’ai commencé à composer ce disque, je ne savais même pas si ça allait être un album. J’ai juste écrit un tas de chansons, puis je suis allée voir mon manager et je lui ai dit: «Ça va être un album.» Après, tout s’est passé très vite. Maintenant, j’ai tellement hâte de partir en tournée et de crier avec les fans.
Quelle histoire voulez-vous raconter avec votre album, «The Wind Is Picking Up»?
Celle de mon enfance et de ce que j’ai appris au fil des ans. Mais ce n’est qu’une petite partie. Le plus important est que je voulais créer une bulle, j’avais envie que cet album soit comme un film et qu’en concert les gens y entrent puis en sortent quand ils quittent la salle. On y trouve de la romance, de la nostalgie, de la tristesse et c’est parfois la fête, aussi. Je dirais que c’est une comédie romantique avec une influence dramatique.
«C’est en voyant Gjon’s Tears que j’ai réalisé à quel point l’Eurovision était cool»
Joya Marleen, chanteuse
Sur la pochette, vous êtes à bord d’un avion en papier. Sur quelle scène rêveriez-vous d’atterrir?
L’un de mes grands rêves est de jouer sur la scène principale de Glastonbury. Ce serait tellement cool! Je n’y suis jamais allée, mais j’ai regardé énormément de concerts de ce festival. Celui de Miley Cyrus avec Mark Ronson était incroyable. Un de mes rêves s’est déjà concrétisé: c’était de jouer au Montreux Jazz (ndlr.: en 2022). J’espère y rejouer.
Est-ce vous qui représenterez la Suisse à l’Eurovision à Bâle en mai prochain?
Non, ce n’est pas moi. Je n’ai pas présenté de chanson. Mais j’aimerais savoir qui c’est.
Nous aussi! Ça vous intéresserait d’y participer un jour?
Pour l’instant, ça ne correspondait pas à mon parcours, parce que j’essayais encore de trouver mon son. Mais je suis ouverte. J’adore l’Eurovision, j’aime tout ce qui s’y passe.
Vous étiez devant votre écran lorsque Nemo a gagné?
Bien sûr! Et c’était incroyable! La performance, la voix, l’être humain. Mais Gjon’s Tears (en 2021) aussi était incroyable. C’est en le voyant que j’ai réalisé à quel point l’Eurovision était cool.
Vous jouerez quatre fois en Suisse romande en mars. À quoi peut-on s’attendre?
Ce sera très confortable, car il s’agit de petits clubs. Et ça s’adresse à tous ceux qui aiment le charme, l’acoustique, les nuits magiques. Nous allons jouer l’album et improviser des chansons, c’est aussi ce que j’aime faire.
Cet été, vous vous produirez à l’OpenAir St. Gallen, à domicile…
Oui, sur la scène principale! J’ai invité la plupart de mes amis. Ce sera un grand jour dans ma vie. Je vais pleurer. J’ai déjà joué sur la petite scène, le dimanche à 11 h du matin. Et c’était plein! J’étais tellement émue, parce qu’à 7 ans j’ai vu Boy sur cette même scène et je me suis dit que c’est ce que je ferai un jour. Alors, c’est sûr, cet été, je vais pleurer.