La France dit non, sans réserve. Le ministère des Affaires étrangères a estimé, mardi 28 janvier, que des déplacements forcés de Palestiniens de Gaza vers l’Egypte et la Jordanie, suggérés par Donald Trump, seraient “inacceptables”. “Il s’agirait non seulement d’une violation grave du droit international, mais aussi d’une entrave majeure à la solution à deux Etats et d’un facteur de déstabilisation de nos partenaires proches que sont l’Egypte et la Jordanie”, écrit le porte-parole du Quai d’Orsay dans un communiqué. Le Qatar a réitéré également son soutien à la solution à deux Etats, palestinien et israélien, après les propos du président américain. Suivez notre direct.
Donald Trump persiste et signe. Dimanche, l’idée lancée par le président américain de déplacer les Gazaouis vers l’Egypte et la Jordanie pour, selon ses termes, “faire le ménage” dans le territoire, a déclenché une volée de dénonciations dans le monde arabe. Donald Trump a réitéré lundi sa volonté, pour, selon lui, permettre aux Gazaouis de vivre “sans perturbations, sans révolution et sans violence”. Il a ajouté qu’il en parlerait “très bientôt” avec le Premier ministre israélien. “La bande de Gaza, c’est l’enfer depuis tant d’années (…) Je pense donc que les gens pourraient vivre dans des zones beaucoup plus sûres et peut-être beaucoup plus confortables”, a ajouté le président des Etats-Unis depuis Air Force One.
Un flot ininterrompu. Une marée humaine a regagné le nord de la bande de Gaza, ravagée par quinze mois de guerre, après un compromis de dernière minute entre Israël et le Hamas pour la libération de six otages, qui permet le retour des déplacés. Selon le gouvernement du Hamas, 300 000 déplacés sont rentrés lundi dans le nord du territoire. Ces retours se poursuivent mardi.
Libération attendue jeudi pour trois otages, huit morts en captivité. Le Hamas s’est engagé à libérer trois otages jeudi, dont Arbel Yehud, 29 ans, et Agam Berger, 20 ans, enlevée alors qu’elle effectuait son service militaire près de Gaza. Trois autres captifs doivent rentrer chez eux samedi, comme prévu par l’accord, en échange de prisonniers palestiniens. Le gouvernement israélien avait annoncé lundi que huit otages, sur les 26 qui devaient encore être libérés durant la première phase de l’accord de trêve, étaient morts.
L’ONG Human Rights Watch alerte sur les dangers à Gaza. “Le blocus de Gaza imposé par le gouvernement israélien et ses attaques contre les établissements de santé depuis le début des hostilités en octobre 2023 ont engendré des dangers graves et parfois mortels pour les femmes et les filles enceintes durant leur grossesse, lors de l’accouchement et par la suite”, relève l’ONG Human Rights Watch dans un rapport publié mardi, que franceinfo a pu consulter.