l’essentiel
Parti le 8 novembre depuis Toulouse, pour un tour du monde avec son plus jeune fils Yan, ce spécialiste des courses de l’extrême se confie après une traversée de l’Atlantique en 50 jours. Le duo est désormais aux États-Unis pour continuer son périple qui devrait prendre fin avant le 4 juillet.

Tout d’abord, comment allez-vous ?

Nous sommes arrivés en Guadeloupe le 17 janvier après une traversée de l’Atlantique en 50 jours. Notre objectif était 60 jours. Donc nous sommes heureux et fiers d’avoir réussi cette incroyable aventure dans notre bateau. De plus, à notre arrivée à Pointe-à-Pitre, la famille et des amis nous ont fait la surprise de nous accueillir. Nous étions quatorze au total. Voir nos proches en Guadeloupe nous a bien reboostés pour la suite. On ne les reverra plus jusqu’au mois de mai. Émotionnellement, c’était très fort. Traverser l’Atlantique est l’une des nombreuses étapes de notre tour du monde. Savoir que l’on se projette sur la suite de notre aventure, ça nous permet de rester motivés.

Justement, comment s’est passée cette traversée ?

Cette traversée a engendré pas mal de stress, forcément. Pendant deux ans, je me suis occupé notamment de tout l’aspect technique de notre bateau. Mais une fois sur l’Atlantique, on ne sait pas ce qu’il peut se passer. On a dû faire face à une grosse houle et de gros orages. Les vagues devaient faire au moins 6 mètres de haut. L’objectif initial était de faire 100 km par jour. Donc, oui, il y a eu des moments difficiles. Yan a été éjecté de l’embarcation. Heureusement, plus de peur que de mal. Mais globalement, on s’en est quand même bien sorti. On n’a quasiment pas vu de bateaux (rire). Mais quand on a vu trois pêcheurs, ils étaient assez surpris (rire).

Sur le plan physique, où en êtes-vous ?

Dans l’ensemble, ça va quand même pas trop mal. Il y a forcément beaucoup de fatigue accumulée après une telle traversée. On dormait environ entre trois et quatre heures par jour. Pour ma part, j’ai surtout des douleurs aux doigts. Là, en se reposant avec la famille et les amis, nous n’avons plus le mal de terre.

Et mentalement ?

Franchement, les voyants sont au vert. En tant que papa, je suis fier de voir l’évolution de mon fils. Il a géré toute la partie navigation. Et pour être honnête, il m’a même remonté le moral. Être tous les deux sur un bateau, dans 50m2, je ne vais pas mentir, il y a eu parfois des instants un peu tendus entre nous. Heureusement, ça ne durait pas longtemps. Je suis quelqu’un de très pointilleux. Donc je sais que ce n’était pas toujours facile pour lui. Je mesure aussi ma chance de partager des moments inoubliables à ses côtés. Cela renforce encore plus notre lien. Mais je n’oublie pas mes deux autres fils que j’aime tout autant (rire).

Comment s’était passé le début de votre tour du monde avec ce départ le 8 novembre depuis la place du Capitole ?

Pour le départ à Toulouse, on retient cette grosse ferveur. De nombreuses personnes étaient là pour nous soutenir. Ensuite, nous avons traversé l’Espagne à vélo jusqu’à Cadix. Puis, on a eu trois jours de ferry pour rejoindre le port de la Restinga sur l’île d’El Hierro, lieu du départ de notre traversée de l’Atlantique.

Quelle est la suite de votre programme ?

On va repartir sur nos vélos à compter du 5 février pour une traversée des États-Unis. On va commencer par l’étape entre New York et Los Angeles, soit à peu près 6 000 km, pendant environ trente-huit jours. On aura un camping-car avec des amis qui vont nous suivre. Mais on a été prévenu par l’équipe de Météo France que c’était une année très froide. Donc à New York, on s’attend à des températures négatives. Et ça peut aller jusqu’à – 10 et – 15 tout au long du parcours jusqu’au Texas. Après on partira en avion en Mongolie. On prendra les vélos pour passer par la Chine, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan. Puis de la Géorgie, on ira à Istanbul. On passera par la Bulgarie, la Croatie, la Slovénie, l’Italie et on arrivera à Marseillan pour la fin de notre partie à vélo. Après ça, on aura 250 km en course à pied entre le phare de l’étang de Thau jusqu’à la place du Capitole. On espère arriver avant le 4 juillet.