Il était prévu dans l’accord de coalition du gouvernement. Le «Plan national de sécurité routière 2024-2028» (PNSR) se décline en quatre grands volets, validés le 29 novembre 2024:
Comportement humain
Législation
Contrôle
Infrastructures
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Les statistiques démontrent année après année que les usagers vulnérables (piétons, cyclistes et conducteurs deux-roues) sont parmi les plus touchés par les accidents graves ou mortels. Raison pour laquelle le gouvernement poursuit la stratégie internationale «Vision zéro» reposant sur le principe que chaque accident grave est évitable et qu’aucune perte humaine ne devrait être tolérée.
D’autant plus que dans la majeure partie des accidents graves, la vitesse excessive, l’alcool, les drogues ou encore l’usage du téléphone portable sont souvent en cause. D’ailleurs, la ministre de la Mobilité Yuriko Backes (DP) a annoncé que «la réalisation de nouvelles mesures en fonction de l’évolution des besoins ou des circonstances» n’est pas exclue en dehors du plan.
Plusieurs révisions et ajustements du Code de la route
Plusieurs mesures phares sont déjà à l’ordre du jour, à commencer par une révision des peines pour la conduite sous l’influence d’alcool ou de drogues. «Un groupe de travail regroupant les acteurs principalement concernés sera mis en place afin de proposer des sanctions plus sévères, surtout en cas de délit et pour les récidivistes», assure le ministère.
L’introduction d’un système d’amende forfaitaire similaire à celui en place pour le Service de contrôle et de sanction automatisés est également à l’étude pour les avertissements taxé en matière de circulation. «Nous allons dans le sens d’un système efficace et rapide qui est déjà opérationnel dans le contexte des radars.»
L’utilisation d’assistants à la conduite et conduite automatisée bientôt réalité
Toujours dans l’optique de limiter les accidents, le Luxembourg compte adapter sa législation pour encourager la conduite autonome.
Un groupe de travail interministériel a été mis en place en 2024.
Plus globalement, le Code de la route fera l’objet de certaines révisions, concernant justement le catalogue des avertissements taxés relatifs aux contraventions graves. Après tout, celui-ci n’a «guère été adapté depuis presque trente ans…»
Et il y a urgence, puisque pour les contraventions les plus graves, «les amendes sont moins importantes par rapport aux pays voisins». Ceux qui roulent sans assurance devraient également penser sérieusement à en prendre une: le Grand-Duché prévoit la mise en place d’une base de données accessible en direct par les forces de l’ordre, car «cela reste encore une infraction trop fréquente».
Moderniser la formation des conducteurs
Partant du principe que le trafic est «devenu plus dense et plus complexe», avec une multitude de nouveaux moyens de locomotion, comme les trottinettes électriques, le ministère annonce qu’il va revoir les programmes éducatifs autour de la gestion des risques.
Des modifications implémentées dans la nouvelle directive sur le permis de conduire, tout comme la révision de la formation des moniteurs de conduite.
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Toujours plus de radars
Réviser le Code de la route n’est pas le seul levier que le ministère de la Mobilité envisage. Le déploiement de plus de radars automatiques (radars fixes et tronçons) aux endroits stratégiques est prévu. «L’analyse du réseau routier sera poursuivie afin d’identifier des emplacements des configurations pour de nouveaux radars en fonction des besoins de sécurité identifiés.»
Il ne s’agira pas seulement de sanctionner en cas de vitesse excessive, mais aussi pour détecter l’utilisation du téléphone au volant. «Des pays comme les Pays-Bas sont en train de développer des systèmes automatiques de détection en ce sens. Il est donc impératif de suivre les évolutions technologiques.»
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La mise en service de telles machines pourra être analysée «dès la disponibilité d’un appareil homologué sur le marché, ce qui n’est actuellement pas encore le cas».
Du nouveau en matière de signalisation
Du reste, si l’accent devrait être mis plus encore sur les contrôles routiers, notamment pendant la saison moto, c’est au niveau des infrastructures que de nombreux changements sont à prévoir.
A l’avenir, les haies seront privilégiées aux arbres lorsque cela sera possible, pour «réduire les risques en cas de sortie de route». Plusieurs audits de faisabilité seront réalisés sur les tronçons existants.
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L’augmentation du trafic a bien entendu été prise en compte dans la stratégie du ministère. «Des lignes directrices seront publiées afin de garantir l’utilisation uniforme de la signalisation horizontale et verticale; tout comme la possibilité d’implémenter une gestion dynamique du trafic, avec une organisation optimisée des voies de circulation et des limitations de vitesse ajustées en fonction des conditions routières et de l’heure.»
Enfin, les cyclistes ne sont pas oubliés, puisque des revêtements rouges sur la chaussée longeant le revêtement traditionnel pour automobilistes est prévu. Le but, «réduire les conflits avec les voitures grâce à une séparation visuelle distincte.» S’ajouteront à cela des panneaux de rappel des distances à respecter pour les protéger sur la route.