L’un des volets de cette histoire qui remonte à août 2023 s’est refermé en fin d’année dernière, après la décision de la chambre disciplinaire du conseil régional de l’ordre des médecins.
Suite de cette affaire impliquant un gynécologue-obstétricien bien connu de la place paloise, le docteur Victor Acharian, accusé de transphobie après avoir refusé de recevoir en consultation une jeune femme transgenre qui se plaignait de douleurs à la poitrine.
Les faits remontent à août 2023 et avaient été mis sur la place publique d’abord par des associations militantes dont la première, SOS Homophobie, par un tweet le 8 septembre 2023.
On a appris qu’après un an d’attente, une audience s’est tenue fin 2024 devant la chambre disciplinaire de première instance du conseil régional de l’ordre des médecins, à Bordeaux. Aboutissant, le 16 décembre dernier, à la décision de condamner le praticien à une suspension d’exercer la médecine durant six mois, dont un mois ferme.
Selon nos informations, le médecin palois a proposé une date pour effectuer cette suspension, et elle a été acceptée.
« Nous attendions une décision qui consacre le principe de la faute disciplinaire, on l’a eue. Et on a la satisfaction d’avoir la confirmation que ce qu’il s’est passé ce jour-là était totalement anormal » nous a confié en réaction Me Edouard Martial, l’avocat de la jeune femme trans.
Cette dernière, alors encore en transition pour devenir une femme, souffrait et avait pris rendez-vous le 29 août 2023 chez le Dr Acharian, un peu au hasard car ne trouvant pas de gynécologue spécialisé à moins de trois heures de route de chez elle. Elle avait été éconduite par la secrétaire du médecin et était repartie « sous le choc » de subir « une telle transphobie »
En suivant, le compagnon de la jeune femme avait écrit un avis négatif sur internet et le praticien palois lui avait répondu, expliquant qu’il n’avait pas les compétences pour s’occuper des hommes. « Je m’occupe des vraies femmes » avait-il notamment écrit.
Contacté par nos soins le 12 septembre 2023, le médecin s’était dit « désolé » de sa « réaction excessive », regrettant « profondément de les avoir heurtés ». Mais de souligner qu’il était « injustement attaqué ».
Insuffisant pour la jeune femme trans qui avait saisi le conseil départemental de l’Ordre des médecins, sous la forme d’une plainte, avant que celui-ci, après l’échec de la conciliation, ne renvoie le dossier fin 2023 vers l’échelon régional dont on a aujourd’hui la décision.
**Bientôt une décision sur le volet pénal**
Quant au volet pénal, rappelons que deux associations, SOS homophobie et SOS transphobie, avaient déposé chacune une plainte directement auprès du procureur de la République.
Sollicitée, la procureure adjointe de la République de Pau, qui suit de près ce dossier, nous indique que l’enquête est toujours en cours. Cependant, il semblerait qu’une décision du parquet devrait tomber prochainement. Ce sera soit le classement sans suite, soit un renvoi devant le tribunal correctionnel, puisque dans ce genre d’affaires, il n’y a pas d’autre alternative.
Sollicité, le docteur Victor Acharian nous a indiqué ne pas souhaiter commenter cette décision de la chambre disciplinaire.
> **Pourquoi le médecin a été sanctionné**
> Ce mercredi 29 janvier, nous avons pu consulter les attendus de la décision de la chambre disciplinaire de Nouvelle-Aquitaine de l’ordre des médecins qui a sanctionné le gynécologue palois à six mois d’interdiction d’exercer dont un mois ferme (et non deux mois, dont un mois ferme, comme cela nous avait été indiqué dans un premier temps).
L’instance indique notamment que « quand bien même les éléments produits ne permettent pas de savoir la teneur précise des échanges le jour du rendez-vous médical entre la secrétaire médicale et le plaignant, il est constant que le rendez-vous, accepté sur la plateforme Doctolib, n’a pas été honoré par le médecin qui n’a pas rencontré le patient […] ».
La chambre discipline souligne aussi que le Dr Acharian ne peut soutenir qu’il a cherché à orienter le patient vers un service médical compétent, « aucun échange n’ayant eu lieu ».
Quant aux propos du médecin sur la plateforme Google tenus par la suite, en réponse à l’avis déposé par le compagnon, « ils ne constituent pas une simple maladresse, mais présentent un caractère discriminatoire à l’égard des personnes en transition de genre. Ils ne peuvent pas être interprétés comme justifiant la non prise en charge pour un problème de compétence professionnelle ».
La chambre indique ainsi que le médecin a méconnu les articles réglementaires du code de la santé publique et parle de la « gravité » de ces manquements.
Même si je trouve la sanction légère, je me dis que c’est mieux que rien et que ça envoie un message au reste de la profession.
**Edit:** Il faut croire que les fachos sont matinaux vu comme ça bas-vote les commentaires.
[removed]
Au moins, le message semble clair et limpide.
Les discriminations, c’est au placard.
Edit : je ne dis pas que le gynécologue aurait dû s’occuper d’elle s’il estime ne pas en avoir la compétence.
Toutefois cette jeune femme trans n’est pas un bout de viande mais une humaine comme vous et moi. En conséquence, il y a une manière de faire et dire les choses.
Ce qu’il a fait revêt de la discrimination telle que définit par le code pénal et du code de santé publique. En conséquence, il est sanctionné, c’est normal.
1 mois seulement, en gros il part en vacances comme tous les ans en ajoutant peut etre 1 semaine de rab et c’est fini.
Aller on prend les paris qu’il est sur un Cnews ou Europe1 dans les jours qui viennent et qu’il va se victimiser contre le très puissant lobby transgenre et woke
Par contre je comprend pas trop pourquoi le gynécologue pour une douleur à la poitrine.
Bon la réponse du médecin c’est juste lunaire, il aurait pu juste dire qu’il n’a pas les compétences sans le “je m’occupe des vraies femmes”…
J’ai lu « dont un femme », ai-je l’esprit mal placé ?
Y’a que moi que ça saoule de lire cet article et à chaque fois qu’il mentionne la personne concernée il précise “la jeune femme trans” genre c’est bon on a compris qu’elle est trans c’est dans le titre de l’article… C’est moi qui déconne ? Au bout de la troisième fois tu peux juste écrire “femme”.
C’est histoire est ubuesque quand on y pense
La sanction est quand même sacrément ridicule… *”acte une sanction de six mois d’interdiction d’exercer, dont cinq mois avec sursis, qui prendra effet du 1er au 31 mars.”*
Le temps de partir en vacances pépouse quoi
.. Mais bon, dans un sens je me dis qu’enfin une sanction a été émise, en espérant qu’il ne fasse pas appel car ça peut-être quitte ou double.
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L’un des volets de cette histoire qui remonte à août 2023 s’est refermé en fin d’année dernière, après la décision de la chambre disciplinaire du conseil régional de l’ordre des médecins.
Suite de cette affaire impliquant un gynécologue-obstétricien bien connu de la place paloise, le docteur Victor Acharian, accusé de transphobie après avoir refusé de recevoir en consultation une jeune femme transgenre qui se plaignait de douleurs à la poitrine.
Les faits remontent à août 2023 et avaient été mis sur la place publique d’abord par des associations militantes dont la première, SOS Homophobie, par un tweet le 8 septembre 2023.
On a appris qu’après un an d’attente, une audience s’est tenue fin 2024 devant la chambre disciplinaire de première instance du conseil régional de l’ordre des médecins, à Bordeaux. Aboutissant, le 16 décembre dernier, à la décision de condamner le praticien à une suspension d’exercer la médecine durant six mois, dont un mois ferme.
Selon nos informations, le médecin palois a proposé une date pour effectuer cette suspension, et elle a été acceptée.
« Nous attendions une décision qui consacre le principe de la faute disciplinaire, on l’a eue. Et on a la satisfaction d’avoir la confirmation que ce qu’il s’est passé ce jour-là était totalement anormal » nous a confié en réaction Me Edouard Martial, l’avocat de la jeune femme trans.
Cette dernière, alors encore en transition pour devenir une femme, souffrait et avait pris rendez-vous le 29 août 2023 chez le Dr Acharian, un peu au hasard car ne trouvant pas de gynécologue spécialisé à moins de trois heures de route de chez elle. Elle avait été éconduite par la secrétaire du médecin et était repartie « sous le choc » de subir « une telle transphobie »
En suivant, le compagnon de la jeune femme avait écrit un avis négatif sur internet et le praticien palois lui avait répondu, expliquant qu’il n’avait pas les compétences pour s’occuper des hommes. « Je m’occupe des vraies femmes » avait-il notamment écrit.
Contacté par nos soins le 12 septembre 2023, le médecin s’était dit « désolé » de sa « réaction excessive », regrettant « profondément de les avoir heurtés ». Mais de souligner qu’il était « injustement attaqué ».
Insuffisant pour la jeune femme trans qui avait saisi le conseil départemental de l’Ordre des médecins, sous la forme d’une plainte, avant que celui-ci, après l’échec de la conciliation, ne renvoie le dossier fin 2023 vers l’échelon régional dont on a aujourd’hui la décision.
**Bientôt une décision sur le volet pénal**
Quant au volet pénal, rappelons que deux associations, SOS homophobie et SOS transphobie, avaient déposé chacune une plainte directement auprès du procureur de la République.
Sollicitée, la procureure adjointe de la République de Pau, qui suit de près ce dossier, nous indique que l’enquête est toujours en cours. Cependant, il semblerait qu’une décision du parquet devrait tomber prochainement. Ce sera soit le classement sans suite, soit un renvoi devant le tribunal correctionnel, puisque dans ce genre d’affaires, il n’y a pas d’autre alternative.
Sollicité, le docteur Victor Acharian nous a indiqué ne pas souhaiter commenter cette décision de la chambre disciplinaire.
> **Pourquoi le médecin a été sanctionné**
> Ce mercredi 29 janvier, nous avons pu consulter les attendus de la décision de la chambre disciplinaire de Nouvelle-Aquitaine de l’ordre des médecins qui a sanctionné le gynécologue palois à six mois d’interdiction d’exercer dont un mois ferme (et non deux mois, dont un mois ferme, comme cela nous avait été indiqué dans un premier temps).
L’instance indique notamment que « quand bien même les éléments produits ne permettent pas de savoir la teneur précise des échanges le jour du rendez-vous médical entre la secrétaire médicale et le plaignant, il est constant que le rendez-vous, accepté sur la plateforme Doctolib, n’a pas été honoré par le médecin qui n’a pas rencontré le patient […] ».
La chambre discipline souligne aussi que le Dr Acharian ne peut soutenir qu’il a cherché à orienter le patient vers un service médical compétent, « aucun échange n’ayant eu lieu ».
Quant aux propos du médecin sur la plateforme Google tenus par la suite, en réponse à l’avis déposé par le compagnon, « ils ne constituent pas une simple maladresse, mais présentent un caractère discriminatoire à l’égard des personnes en transition de genre. Ils ne peuvent pas être interprétés comme justifiant la non prise en charge pour un problème de compétence professionnelle ».
La chambre indique ainsi que le médecin a méconnu les articles réglementaires du code de la santé publique et parle de la « gravité » de ces manquements.
Même si je trouve la sanction légère, je me dis que c’est mieux que rien et que ça envoie un message au reste de la profession.
**Edit:** Il faut croire que les fachos sont matinaux vu comme ça bas-vote les commentaires.
[removed]
Au moins, le message semble clair et limpide.
Les discriminations, c’est au placard.
Edit : je ne dis pas que le gynécologue aurait dû s’occuper d’elle s’il estime ne pas en avoir la compétence.
Toutefois cette jeune femme trans n’est pas un bout de viande mais une humaine comme vous et moi. En conséquence, il y a une manière de faire et dire les choses.
Ce qu’il a fait revêt de la discrimination telle que définit par le code pénal et du code de santé publique. En conséquence, il est sanctionné, c’est normal.
1 mois seulement, en gros il part en vacances comme tous les ans en ajoutant peut etre 1 semaine de rab et c’est fini.
Aller on prend les paris qu’il est sur un Cnews ou Europe1 dans les jours qui viennent et qu’il va se victimiser contre le très puissant lobby transgenre et woke
Par contre je comprend pas trop pourquoi le gynécologue pour une douleur à la poitrine.
Bon la réponse du médecin c’est juste lunaire, il aurait pu juste dire qu’il n’a pas les compétences sans le “je m’occupe des vraies femmes”…
J’ai lu « dont un femme », ai-je l’esprit mal placé ?
Y’a que moi que ça saoule de lire cet article et à chaque fois qu’il mentionne la personne concernée il précise “la jeune femme trans” genre c’est bon on a compris qu’elle est trans c’est dans le titre de l’article… C’est moi qui déconne ? Au bout de la troisième fois tu peux juste écrire “femme”.
C’est histoire est ubuesque quand on y pense
La sanction est quand même sacrément ridicule… *”acte une sanction de six mois d’interdiction d’exercer, dont cinq mois avec sursis, qui prendra effet du 1er au 31 mars.”*
Le temps de partir en vacances pépouse quoi
.. Mais bon, dans un sens je me dis qu’enfin une sanction a été émise, en espérant qu’il ne fasse pas appel car ça peut-être quitte ou double.
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