Lors du premier mandat de Donald Trump, on disait que l’Europe risquait de connaître le sort des herbivores dans un monde de carnivores. Près de dix ans plus tard, nous avons changé d’ère. Le temps des prédateurs est bel et bien advenu. Pékin a avancé ses pions en mer de Chine orientale, absorbé Hongkong et provoqué Taïwan. Après avoir digéré la Crimée et Sébastopol, Moscou a annexé quatre nouveaux oblasts ukrainiens. Voici maintenant que Washington révèle son appétit pour le canal de Panama, le Groenland et le Canada.
Sans doute est-il exagéré de dire que « l’Amérique est tout simplement en passe de remettre au goût du jour les humiliants “traités inégaux”, comme ceux qui furent imposés au XIXe siècle par les Occidentaux à la Chine affaiblie » (Le Monde). Mais, en adoptant une rhétoriqu…