Le ranking n’a peut-être qu’une importance secondaire lorsqu’on passe en configuration Coupe Davis. Il n’empêche que l’exploit réalisé par l’équipe luxembourgeoise ce week-end à la Coque est de taille XXL. Davantage retentissant que ceux décrochés en Slovénie et en Nouvelle-Zélande ces dernières années, et qui faisaient jusque-là office de référence dans le passé récent de cette bande de potes.
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Il y avait, en face de la bande à Gilles Muller, une jeune équipe lituanienne composée de deux garçons mieux classés que les Luxembourgeois alors que Ricardas Berankis, l’expérimenté Balte, était supposé compléter le casting mais l’ancien numéro 50e mondial, malade, est finalement rentré chez lui avant les trois coups de ce duel disputé dans un Gymnase chauffé à blanc.
Un double au diapason
Avares de mots jusque-là, les Lituaniens ne se sont pas servis de cette excuse pour expliquer leur déconvenue, félicitant au passage un Luxembourg qu’ils ont jugé «plus mature et plus régulier alors que nous sommes trop souvent partis à la faute», concédait le capitaine Sarunas Kulnys.
Si Alex Knaff avait donné la meilleure version de lui-même le samedi, ce ne fut pas le cas pour Chris Rodesch. Les deux joueurs allaient cependant se mettre au diapason pour donner une courte avance au Luxembourg au terme d’un double entamé pied au plancher.
Le binôme grand-ducal jouait dans le bon ton, profitant des erreurs à répétition commises par Vilius Gaubas, peu à son affaire en cette fin de matinée. Le premier set bouclé en un peu plus de 30 minutes, le second allait raconter une tout autre histoire avec une paire balte davantage saignante et rapidement dans la peau du Luxembourg au premier set avec un break d’avance qui semblait la prémunir de toute mauvaise surprise.
Rodesch et plus singulièrement Knaff se montraient moins précis mais débreakaient tout de même pour remonter le courant et arracher un jeu décisif tendu jusqu’à 3 partout avant que l’équipe de la FLT, soutenue par un public en voix, ne se détache pour conclure (7-3) et offrir un point d’avance avant les deux derniers simples.
«C’est vrai que j’ai eu des passages à vide dans le second set mais on s’est accroché. On a surtout bien géré nos temps faibles et on a finalement montré qu’on pouvait être performants quand on se retrouvait sous pression», confessait Alex Knaff.
Rodesch parachève le travail
La seconde pierre à l’édifice posée, il restait la troisième à placer. Chris Rodesch allait s’en charger face au numéro un lituanien, Vilius Gaubas à qui il rendait pourtant une petite centaine de places au classement mondial.
La tête de pont du tennis lituanien était branchée sur courant alternatif avec un jeu de jambes formidable qui le rendait très difficile à déborder. Et comme souvent, le numéro un grand-ducal allait remettre les clefs du duel dans les mains d’un service parfois capricieux mais tellement utile lorsqu’il s’est retrouvé en difficulté sur sa mise en jeu.
Son arme allait lui permettre d’émerger en deux sets et de s’écrouler sur le court, rapidement rejoint par toute l’équipe. La Lituanie ne souhaitait pas disputer un dernier match devenu facultatif. Et le Luxembourg ne demandait pas mieux finalement, se tournant déjà vers son prochain duel face à l’un des perdants de ce qu’on appelle les «Qualifiers» dans ce système un peu compliqué.
«On revient de loin»
Le capitaine Gilles Muller revenait d’abord sur ce week-end chargé en émotion. «C’est une grande victoire pour le tennis luxembourgeois mais aussi pour deux garçons qui sont trop souvent en dehors des radars au pays. Ils font du très bon boulot et méritent l’accueil que le public leur a réservé. C’est une superbe pub pour le tennis au pays. On attend désormais le tirage au sort dans l’espoir de jouer encore à la maison face, peut-être, à une grande nation du tennis mondial.»
Ce qui rend fier le meilleur joueur de l’histoire du pays, c’est de voir aussi le processus de ces dernières années et la montée en gamme d’un groupe qu’il a façonné. «On revient de loin. On était encore dans le Groupe 3 il y a trois ans et nous voilà aux portes du groupe mondial. On a connu des années de vache maigre mais on savoure aujourd’hui. Je n’aime pas trop comparer les époques, mais oui, c’est un peu comparable avec ce qu’on a vécu à notre grande période avec Mike (Scheidweiler).»
Dans un peu plus de sept mois, le rendez-vous est pris pour un autre moment fort. Bien plus éphémère que ceux que s’apprêtent à revivre Alex Knaff et Chris Rodesch sur les circuits. Le premier en ITF, le second en Challenger.
Luxembourg-Lituanie: 3-1
Samedi
Chris Rodesch (ATP 282) – Edas Butvilas (247) 3-6, 1-6
Alex Knaff (718) – Vilius Gaubas (192) 6-4, 3-6, 6-2
Dimanche
Rodesch-Knaff – Gaubas-Butvilas 6-2, 7-6
Rodesch – Gaubas 6-4, 6-4