Notre pays n’est bien sûr pas un acteur de premier plan du grand Cirque Blanc, en dépit des résultats méritoires de nos deux locomotives sur skis, et il ne possède aucune tradition en la matière vu sa topographie.


Armand Marchant se concentre sur le slalom cette saison. ©AFP
Mais il a surtout été confronté récemment à quelques arrêts de carrière, pas forcément tous attendus, ce qui fait craindre un trou de quelques années lorsque nos meilleurs éléments mettront un terme à leur carrière.
En 2023, Tom Verbeke, qui avait pris part à quatre championnats du monde, a ainsi décidé d’en rester là. Médaillé aux Jeux olympiques de la jeunesse, Dries Van den Broecke, dont on se souvient qu’il avait créé la sensation en battant le meilleur skieur au monde Marcel Hirscher dans un slalom parallèle aux Mondiaux de Saint-Moritz, semble avoir d’autres priorités depuis qu’il est papa. Et sa tentative de come-back a tourné court sur blessure. Considéré comme un grand espoir, Eliott Grandjean, lui, exerce désormais comme kiné et… joueur de football à ses heures.
Bouas, le jeune à suivre
Chez les femmes, Sara Roggeman a mis un terme à sa carrière et Mathilde Nelles a aussi tenté de revenir avant de se blesser. Devenue une valeur sûre, la prometteuse Naya Van Puyvelde a arrêté également au grand regret de l’encadrement belge. Car elle laisse Kim Van Reusel, notre meilleure skieuse, bien seule sur le circuit où Axelle Mollin, opérée du genou l’an dernier, revient à peine.
Nos talents sont parfois découragés quand ils voient le niveau qu’il faut atteindre.
“Ce n’est pas la grande richesse et la relève ne sera sans doute pas prête avant quelques années”, reconnaît Raymond Persyn, qui a retrouvé en octobre dernier la présidence de la fédération belge de ski pour une durée de quatre ans et qui cite Ioannis Bouas comme le jeune à suivre dans les années à venir. “Nos talents sont parfois découragés quand ils voient le niveau très, très, très élevé qu’il faut atteindre pour arriver au sommet et pour se battre avec les meilleurs. Par ailleurs le ski reste une discipline qui a un coût important, entre les voyages, le matériel et le défraiement des entraîneurs. Tout le monde n’est pas capable de l’assumer, on peut le comprendre.”
En ce qui concerne la base, le papa de l’Olympienne Karen Persyn, devenue directrice technique francophone, observe une légère augmentation du nombre d’affiliés en Belgique, mais “pas du tout une explosion”.
“On tourne entre 2500 et 3000 membres en Flandre et on dénombre un peu moins de 1500 licenciés en Fédération Wallonie-Bruxelles, indique Raymond Persyn. La différence entre les deux régions s’explique surtout par les infrastructures et la présence de plusieurs grands dômes pour skier en indoor au nord du pays. Chacun d’entre eux est occupé par un club et quand le grand public voit les skieurs à l’œuvre, cela suscite non seulement de l’intérêt mais beaucoup d’envie !”
Le principal outil de détection, du côté de la fédération francophone, reste ces journées portes ouvertes devenues hebdomadaires à Peer, où le niveau des jeunes est scruté.
“Le mercredi après-midi, c’est ouvert à tout le monde et, au bout de trois séances, on demande aux visiteurs de s’inscrire dans un club. Et nous sommes effectivement très attentifs à la découverte de talents potentiels.”
Mais on évoque là un horizon encore très lointain !