Dans une interview accordée à nos confrères anglais du Sunday Times, Warren Gatland est revenu sur la finale de la Coupe du monde 2011, entre la France et la Nouvelle-Zélande. Et son témoignage ne fait que raviver notre émoi…

Nous sommes encore nombreux à nous rappeler non sans émotion de la finale de la Coupe du monde 2011, remportée par la Nouvelle-Zélande au bout du suspens, face au XV de France (8-7). À l’époque, Warren Gatland, Néo-Zélandais de naissance, était déjà le sélectionneur du pays de Galles, battu par les Bleus en demi-finale de la compétition, et n’avait évidemment pas raté une seule minute du plus grand match de l’année.

Dans une interview récemment donnée à notre confrère Stephen Jones, du Sunday Times, Gatland expliquait : “J’ai reçu beaucoup de critiques en Nouvelle-Zélande parce que j’ai dit une fois qu’en 2011, les All Blacks méritaient de gagner la Coupe du monde mais qu’en finale, les Français avaient été les plus forts. Ce jour-là, j’ai en effet trouvé certaines décisions (d’arbitrage, N.D.L.R.) terribles en fin de match. Je sais que Nigel Owens (arbitre gallois aujourd’hui retiré des terrains, N.D.L.R.) était juge de touche pour ce match et il serait probablement d’accord pour dire qu’il y a eu, à l’occasion de cette finale de Coupe du monde, quelques coups de sifflet un peu bizarres.”

Plaçons-nous du côté français !

Quatorze ans ont passé depuis ce funeste soir d’automne austral mais le souvenir de Craig Joubert, l’arbitre sud-africain de la rencontre, reste encore vivace chez tous les supporters tricolores. Dans cette même interview accordée au Times, Gatland développe ainsi : “Je me souviens que j’avais donné mes billets pour la finale à Sam Warburton (à l’époque capitaine du pays de Galles, N.D.L.R.) ; lui et son père sont alors allés voir la finale. Moi, j’étais sur la plage et je regardais la rencontre avec mon fils, Bryn. À la mi-temps, le match était serré et j’ai dit au petit qu’il fallait observer ce match d’une manière un peu différente. Il m’a demandé ce que je voulais dire et je lui ai répondu d’oublier un instant que nous étions des supporters néo-zélandais et qu’il était temps de regarder cette rencontre d’un point de vue français. Bryn a accepté de jouer le jeu et fin de match, m’a dit plusieurs fois : “Oh, papa ! Ça aurait dû être une pénalité contre Richie McCaw !” Voilà… J’ai raconté tout ça sans animosité. Je n’aurais peut-être pas dû.”