Guerre en Ukraine : en France, les voix prorusses tentent de subsister dans les médias traditionnels

4 comments
  1. Bercoff était déjà une grosse voix antivaxx à l’époque, on part d’une bonne base vu qu’il est aussi conspi et réac. Une personne sympathique somme toute.

    Je dirais pas non au reste de l’article si y a moyen…

  2. **Guerre en Ukraine : en France, les voix prorusses tentent de subsister dans les médias traditionnels**

    Depuis que RT et Sputnik ont été interdits par l’Europe au titre des sanctions économiques, l’argumentaire prorusse se fait plus rare dans les médias traditionnels français. Sauf dans certains supports ou émissions très à droite.

    « Cela sert les intérêts des Etats-Unis, qui ont voulu cette guerre, qui l’ont préparée en humiliant la Russie. » Le 8 mars, au micro d’André Bercoff sur Sud Radio, Paul-Marie Coûteaux développait sa vision de la guerre menée en Ukraine par le Kremlin. « Poutine ne veut pas envahir l’Ukraine. L’Ukraine n’est pas vraiment une nation. Il n’y a qu’à regarder l’histoire », appuyait l’ancien conseiller de Marine Le Pen, désormais rallié à Eric Zemmour. Il n’y a pas si longtemps, cette rhétorique n’aurait pas dépareillé sur RT ou sur Sputnik, les deux médias financés par la Russie.

    Mais, depuis qu’ils ont été interdits par l’Europe au titre des sanctions économiques, l’argumentaire prorusse se fait plus rare dans les médias traditionnels français. Sauf dans certains supports ou émissions très à droite. Comme chez André Bercoff, où une foule de personnalités se presse depuis le 24 février pour rappeler le « contexte » de cette guerre, et relativiser la responsabilité de Vladimir Poutine tout en rejetant la faute sur l’OTAN, ou les Etats-Unis. Le 3 mars, par exemple, Jean-Pierre Fabre-Bernadac, l’ancien capitaine de gendarmerie à l’origine de la sulfureuse tribune des officiers qui appelait à la guerre civile, affirmait ainsi que « dans l’euphorie, on a décidé qu’il y avait les méchants d’un côté, les Russes, et les bons de l’autre, les Ukrainiens ».

    Le « même petit récit que l’on recycle »

    « Je prends des gens différents de la doxa médiatique. 95 % des médias disent que Poutine, c’est Hitler, et que Zelensky, c’est Jean Moulin. Cette indignation a sens unique me gêne. Le travail de mise en perspective n’est pas fait. Je suis très frappé que personne ne rappelle un certain nombre de traités, d’accords », justifie André Bercoff, se défendant de « renvoyer dos à dos l’Ukraine et la Russie ». « C’est toujours le même petit récit que l’on recycle, tel un disque rayé reprenant la propagande russe, corrige le chercheur en géopolitique Jean-Sylvestre Mongrenier. La vérité, c’est que la Russie n’est pas là pour se défendre, mais pour prendre l’Ukraine. » Biberonnés à l’anti-occidentalisme, « ces gens sont obsédés par les Etats-Unis, l’OTAN et nourrissent une forme de détestation vis-à-vis de tout ce qui vient d’outre-Atlantique », analyse Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite.

    A la tête de Sud Radio, Patrick Roger tente de garder le contrôle sur cet îlot prorusse : « J’ai bien dit à André [Bercoff] que, même s’il y avait eu des erreurs [en Occident] il y en a un qui est l’agresseur, et l’autre qui est agressé, et qu’il ne s’agissait pas de propager mais de comprendre », explique celui qui a tout de même fait le ménage au sein de sa radio. A la rentrée dernière, il n’a pas renouvelé l’émission « Les Incorrectibles », jugée trop incontrôlable. Transférée sur YouTube, son producteur Eric Morillot a reçu, le 6 mars, Kemi Séba : « Zelensky est objectivement au mieux une marionnette, au pire un outil consentant de l’élite néolibérale (…), un agent d’influence de l’impérialisme occidental dans cette région, a lancé l’activiste franco-béninois antisémite. Il a fait partie de ceux qui ont contribué à faire monter ces tensions. »

    « Notre part de responsabilité »

    Une journaliste fait l’unanimité dans ces cercles restreints. Anne-Laure Bonnel se présente comme une spécialiste du Donbass, territoire où s’affrontent depuis 2014 gouvernement ukrainien et séparatistes prorusses, soutenus par le Kremlin. Cette indépendante prétend dénoncer « les exactions » de Kiev à l’égard de la population locale, sans jamais rappeler que ce conflit a été « déclenché par les Russes en y envoyant leurs hommes », précise Jean-Sylvestre Mongrenier. Ce qui n’a pas empêché André Bercoff, ou Pascal Praud, de CNews, de lui tendre le micro. Ni l’hebdomadaire Valeurs actuelles de publier l’un de ses reportages le 2 mars. L’ancien « gilet jaune » Oliv Oliv l’a même citée en exemple sur le plateau de Cyril Hanouna sur C8, le 4 mars. Auprès du Monde, elle se défend de cautionner « les bombardements de Poutine », mais souligne « notre part de responsabilité ».

    Sur Internet, des médias de niche prennent encore moins de gants. Sur TV Libertés, François Asselineau a pointé du doigt « les infos totalement manichéennes sur BFM-TV », traitant Volodymyr Zelensky d’« escroc », « en cheville avec la pègre ». Après quelques jours passés en Ukraine, le cofondateur du média en ligne Livre noir, Erik Tegnér, a fait sensation le 2 mars dans une vidéo résumant ses impressions. « J’ai été dérangé par la distorsion entre ce que l’on entend à la télévision où [est évoquée] une guerre totale en Ukraine alors que, nous, sur 1 600 km, on n’a pas vu la guerre. », dit-il, évoquant une possible « manipulation de la part du gouvernement ukrainien ». « La première semaine, les médias ont exagéré le conflit, assume le directeur de la rédaction du site. Le jour où Poutine exagérera, on le dira. Mais on a la plus grande vague migratoire depuis 1945 alors qu’elle repose sur un conflit qui a fait 600 morts. »

    Une autre vidéo intitulée « Zelensky vous manipule-t-il ? », et décortiquant trois « fake news » a fait un carton d’audience. « J’essaie d’équilibrer. Je n’ai aucune sympathie pour le régime russe, il y a une complaisance des médias à prendre pour argent comptant tout ce qui vient d’Ukraine », précise le cofondateur François de Voyer. Le duo rétorque que Livre noir a beaucoup donné la parole aux Ukrainiens, à travers des reportages réalisés sur place ou dans des interviews. « On s’est aussi fait attaquer par les pro-Poutine », relativise Erik Tegnér.

    A mesure que Poutine s’enfonce dans la guerre, des voix prorusses marchent toutefois sur des œufs, faisant mine de chercher une sortie de crise. Le 14 mars, chez Sonia Mabrouk sur CNews, l’avocat Pierre Gentillet, membre de l’Association dialogue franco-russe, a préféré évoquer « les conditions de la paix », défendant l’idée « d’une finlandisation ou neutralisation de l’Ukraine ». « C’est la position de Poutine », lui a rétorqué Sonia Mabrouk. Dans le débat public, plus personne ou presque ne se risque à relativiser les bombardements de Vladimir Poutine. A cet égard, même Eric Zemmour a fini par prendre ses distances.

  3. Je veux bien lui payer un billet pour Varsovie ou n’importe quelle autre grande ville polonaise où les réfugiés arrivent et qu’il leur explique qu’ils sont là à cause de l’OTAN et que Poutine est gentil.

    Je lui fournis même un interprète si il veut.

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