Depuis les menaces de tarifs douaniers de Donald Trump envers le Canada, de nombreux Québécois veulent rester solidaires à la nation en achetant des produits d’ici. Un tel boycottage sur les aliments américains va-t-il réellement avoir un impact sur l’industrie?
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«Je ne pense pas que ça a de l’importance», a répondu Sylvain Charlebois, spécialiste de l’industrie agroalimentaire à l’Université Dalhousie, sur les ondes de LCN, samedi.
Pour lui, l’aspect positif derrière ce boycottage n’est pas de rabaisser les aliments américains, mais plutôt l’intérêt de la population à en apprendre plus sur la provenance de leurs produits.
«Quand je vois les gens tenter de s’éduquer pour ce qui est de la provenance des aliments, c’est toujours une bonne chose à mon avis», a-t-il souligné.
Ce dernier estime même que cette nouvelle habitude peut faire découvrir de nouveaux produits aux Québécois.
«Si on peut justement supporter nos entreprises d’ici, chez nous, on va tout simplement reconnaître des produits dont on ne savait pas qui existaient», a-t-il mentionné.
Sommes-nous assez autosuffisants?
Bien que Sylvain Charlebois estime que c’est « toujours une bonne chose » de suivre une telle tendance, il pense que l’enjeu des barrières interprovinciales pourrait mettre un frein sur la productivité.
«Chaque province a des pouvoirs de réglementation, étiquetage, transport, sécurité», a-t-il expliqué.
L’expert évoque notamment l’exemple de la Société des alcools du Québec (SAQ), qui tente le plus possible de se procurer des produits québécois et d’ailleurs au Canada.
«Si on veut vraiment créer une autonomie alimentaire canadienne solide, il va falloir s’attarder à la gestion de l’offre. Parce que [ce sont] les provinces qui émettent les quotas, pas le fédéral», a-t-il ajouté.
Voyez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus.