Trois semaines après le début du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, le nombre de tentes et de logements temporaires entrant dans la bande de Gaza pourrait ne pas atteindre les objectifs fixés pour la première phase de l’accord, rapporte l’agence de presse Associated Press (AP). Cette phase doit s’achever le 4 mars, et ses contours sont aujourd’hui menacés.
Le Hamas a déclaré lundi reporter sine die la libération de trois otages prévue pour samedi, accusant Israël d’entraver la livraison de tentes, de maisons préfabriquées et de machines lourdes dans l’enclave palestinienne, où la majorité des personnes sont déplacées et la plupart des bâtiments détruits.
Un ouvrier porte une tente destinée à la bande de Gaza, dans les entrepôts de l’Organisation caritative hachémite jordanienne, à Zarqa, en Jordanie, le 12 février 2025. JEHAD SHALBAK / REUTERS
L’accord de cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hamas en janvier stipule que, au cours de la première phase, de 42 jours, Israël doit autoriser l’entrée dans la bande Gaza d’au moins 60 000 logements temporaires et 200 000 tentes. Il doit également autoriser l’entrée d’équipements pour l’enlèvement des décombres.
Un porte-parole du Hamas, Abdul Latif Al-Qanou, a déclaré mardi à l’AP qu’Israël avait jusqu’à présent autorisé l’entrée dans le territoire de 20 000 tentes sur les 200 000 prévues depuis le 19 janvier, date à laquelle l’accord est entré en vigueur. Il a ajouté qu’Israël n’avait autorisé l’entrée d’aucune maison temporaire et n’autorisait pas l’entrée des machines lourdes nécessaires pour déblayer les décombres et récupérer les cadavres. Le Cogat, organe du ministère de la défense israélien chargé de coordonner les activités civiles de l’armée israélienne, dont les livraisons de fournitures humanitaires, a contesté cette information, affirmant dans un communiqué qu’il avait autorisé l’entrée de centaines de milliers de tentes depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, ainsi que des abris.
Selon AP, il a été difficile d’acheminer suffisamment d’abris parce que les travailleurs humanitaires ont donné la priorité aux livraisons de nourriture au début du cessez-le-feu, tandis que les déplacements de population compliquent les opérations – au moins 586 000 Gazaouis sont partis vers le nord depuis la fin du mois de janvier, et plus de 56 000 se sont déplacés vers le sud. Les inspections israéliennes et les restrictions sur ce qui peut entrer dans la bande de Gaza compliquent également le processus.
Stocks de tentes et de paquets d’aide qui seront envoyés dans la bande de Gaza, dans les entrepôts de l’Organisation caritative hachémite jordanienne, à Zarqa, en Jordanie, le 12 février 2025. JEHAD SHALBAK / REUTERS