Soigner et exterminer…. Voici le paradoxe d’un médecin dans un camp de concentration. Pourquoi les nazis voudraient-ils soigner ces mêmes déportés qu’ils exterminent à tour de bras ? Dans cette émission du “Monde concentrationnaire” diffusée le 19 mai 1965, le professeur Jean Gilbert-Dreyfus et Jean-Aimé Dolidier expliquent le rôle des médecins déportés, confrontés aux expérimentations des nazis sur les prisonniers utilisés comme des rats de laboratoire.

Soigner pour l’effort de guerre nazi

C’est en réalité surtout dans les dernières années de la guerre que les nazis introduisent des médecins étrangers dans les camps de concentration afin de garder en vie celles et ceux qu’ils voient comme une force productrice pour leurs efforts de guerre. Leur rôle n’est pas à proprement parler, ou du moins pas seulement de guérir. Il s’agit de trier les prisonniers, de décider lesquels on laisse mourir et lesquels on soigne.

Résister en sauvant des vies et en sabotant des expériences médicales

Des décisions extrêmement complexes aussi bien éthiquement qu’humainement mais qui donnent aux médecins une position extrêmement importante, notamment en vue de l’organisation d’une résistance interne au camp. Car le médecin peut aussi par un diagnostic ordonner le repos d’un déporté, dont le temps de convalescence véritable ou feint, peut potentiellement lui sauver la vie. Jean-Aimé Dolidier, déporté à Neuengamme, raconte comment des médecins déportés font acte de résistance en inoculant à des enfants tsiganes de l’eau salée au lieu de la tuberculose comme le veulent les médecins nazis.

Par Francis CrémieuxRéalisation Gilbert-Maurice DuprezAvec le professeur Jean Gilbert-Dreyfus (endocrinologue, résistant, déporté) et Jean-Aimé Dolidier (ouvrier ébéniste, syndicaliste, militant communiste, résistant, déporté)Le monde concentrationnaire 18/27 – La résistance médicale (1ère diffusion : 19/05/1965)Archive INA/Radio FranceEdition web : Eléonore Lanoë – Documentation de Radio France