“C’est avec effroi et tristesse que la France a appris la nouvelle de l’attaque au couteau perpétrée à Villach”, écrit le Quai d’Orsay, ce dimanche dans un communiqué, adressant “ses plus sincères condoléances aux victimes et à leurs familles” après l’attaque au couteau perpétrée samedi soir dans le sud de l’Autriche. Un garçon de 14 ans est décédé tandis que cinq personnes, dont la plus âgée a 36 ans, ont été blessées. Trois d’entre elles ont été admises en soins intensifs dans un état stable. Parmi les blessés se trouvent deux adolescents âgés de 15 ans.
Selon la police locale, l’homme a attaqué des passants “au hasard” avec un couteau. Cette attaque a une motivation “islamiste”, a affirmé le ministre de l’Intérieur autrichien. “C’est une attaque islamiste avec des liens avec l’EI”, a déclaré Gerhard Karner lors d’un point presse à Villach, la commune de Carinthie où l’attaque a eu lieu. Selon le ministre, le suspect, un demandeur d’asile syrien de 23 ans, bénéficiant d’un permis de séjour valide et sans casier judiciaire, s’était radicalisé en ligne “en peu de temps”. Lors d’une perquisition effectuée dans l’appartement du suspect, la police a trouvé “des preuves claires d’une pensée radicale islamiste”, comme des drapeaux de l’EI accrochés au mur, a déclaré Michaela Kohlweiss, cheffe de la police de Carinthie.
Le meurtrier présumé a été arrêté juste après l’attaque. Témoin de l’attaque, un livreur de repas, lui aussi d’origine syrienne, a lancé son deux roues contre l’attaquant, évitant d’autres victimes, selon la police. “J’ai vu une personne allongée au sol et un homme qui attaquait d’autres passants, je n’ai pas réfléchi à deux fois et je l’ai percuté”, a raconté Alaaeddin Alhalabi, 42 ans, le livreur qui a stoppé l’attaquant, cité par le tabloïd Krone. “Il voulait se diriger vers le centre-ville, il y avait des enfants dans la rue, je ne pouvais pas laisser cela se produire”, a-t-il ajouté, exprimant ses regrets de ne pas avoir pu sauver l’adolescent de 14 ans.
Peter Kaiser, le gouverneur de la province de Carinthie, l’a remercié, affirmant aux journalistes que ce drame montrait “à quel point le mal, le terrorisme et le bien, l’humanisme, coexistent étroitement au sein de la même nationalité, ici en Autriche”. Ce drame a vivement secoué l’Autriche, où l’extrême droite est arrivée pour la première fois en tête des élections législatives en septembre mais a échoué cette semaine à former un gouvernement avec les conservateurs sortants, en raison de désaccords sur la sécurité notamment.
Le gouvernement annonce des “contrôles aléatoires massifs”
Le président autrichien Alexander Van der Bellen a qualifié l’attaque d'”épouvantable”, tandis que le chancelier conservateur Alexander Schallenberg a déclaré que “la haine, l’intolérance et l’extrémisme n’ont pas leur place dans notre société ouverte et pluraliste”.
Le ministre de l’Intérieur autrichien Gerhard Karner a affirmé qu’il souhaitait organiser des “contrôles aléatoires massifs (…) ciblant des groupes particuliers, à savoir des demandeurs d’asile (…) d’origine syrienne ou afghane” pour tenter de prévenir de telles attaques, sans en préciser les modalités. “La police doit disposer de meilleurs moyens (…) pour assurer la sécurité des gens dans ce pays”, a-t-il ajouté.
Le dirigeant d’extrême droite Herbert Kickl, dont le Parti de la Liberté (FPÖ) a remporté les élections législatives en septembre pour la première fois de son histoire, s’est dit “consterné” par l’attaque, appelant à “une réduction rigoureuse du droit d’asile”. L’Autriche accueille une importante population de réfugiés syriens, au nombre d’environ 100.000. Après la chute de Bachar al-Assad en décembre, l’Autriche et plusieurs pays européens ont gelé les demandes d’asile en cours émanant de Syriens, pour réévaluer leur situation. De plus, l’Autriche a mis fin aux regroupements familiaux. Le ministère de l’Intérieur a déclaré qu’il préparait “un programme cohérent de rapatriement et d’expulsion vers la Syrie”.