Monsieur le Président,
Je remercie la Représentante spéciale du Secrétaire général ainsi que l’Envoyé spécial pour les Grands Lacs pour leurs présentations. Je salue la présence de la ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo.
Le Conseil de Sécurité se réunit une nouvelle fois en raison de la détérioration continue de la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Après Goma il y a trois semaines, le M23 a pris l’aéroport de Kavumu et Bukavu samedi dernier et il continue son offensive dans le Sud-Kivu. Le risque de guerre régionale augmente chaque jour.
La France condamne l’offensive du M23 permise par le soutien actif du Rwanda.
Les combats en cours aggravent une situation humanitaire dramatique, marquée par le déplacement forcé d’un million de personnes.
Ces combats s’accompagnent d’attaques contre les populations, en particulier des violences sexuelles et des violences contre les enfants. Les Nations Unies ont recensé 2900 morts lors de la première semaine de l’offensive. Le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme a confirmé hier des cas d’exécutions sommaires d’enfants par le M23 à Bukavu.
Celui-ci doit donc cesser immédiatement son offensive et se retirer des territoires dont il a pris le contrôle. Le soutien aux groupes armés par toutes les parties doit cesser. Les forces rwandaises de défense doivent se retirer sans délai du territoire de la République démocratique du Congo.
La France condamne aussi les attaques du M23 contre la MONUSCO, les entraves à l’exercice de son mandat et les actions déstabilisatrices menées à son encontre. La liberté de mouvement et d’action de la MONUSCO doit être garantie. Les attaques contre les casques bleus, ainsi que des civils et des personnels humanitaires, sont susceptibles de constituer des crimes de guerre. La France réaffirme son plein soutien à la MONUSCO.
Il n’y a pas d’issue militaire au conflit. La priorité va à un cessez-le-feu qui soit respecté et à la reprise du dialogue. La France salue la mobilisation régionale lors du dernier sommet du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, ainsi que du sommet conjoint de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC).
Elle soutient ces efforts et souligne le rôle clé des processus régionaux de médiation. Les acquis du processus de Luanda demeurent essentiels pour avancer vers un règlement qui passe par le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais et le démantèlement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). La France appelle l’ensemble des groupes armés dont le M23 à déposer les armes et à reprendre le dialogue.
Le Conseil de sécurité doit apporter une réponse à la hauteur de la situation pour mettre fin aux hostilités, réaffirmer un soutien ferme à l’intégrité territoriale et à la souveraineté congolaises, appuyer les efforts de la MONUSCO et créer les conditions favorables au dialogue. La France a proposé il y a déjà deux semaines un projet de résolution en ce sens. Nous espérons que l’esprit de responsabilité des membres de ce Conseil permettra d’adopter cette résolution dans les meilleurs délais.
Je vous remercie.