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L’organisation de l’échange entre des prisonniers palestiniens et des otages israéliens prévue samedi 22 février a connu quelques perturbations ce vendredi. Hier, la restitution des corps des enfants Bibas et la substitution de la dépouille de leur mère ont suscité une vive colère en Israël.

Depuis hier, jeudi 20 février 2025, Israël est plongé dans l’effroi. La restitution des corps des enfants Bibas par le Hamas à l’État hébreu a suscité une vague d’émotion dans le pays. Mais hier soir, la colère est montée d’un cran à l’annonce de la substitution du corps de leur mère, Shiri Bibas. Le Hamas, qui avait initialement annoncé la mort des trois membres de cette famille enlevée le 7 octobre, a été accusé d’avoir remis le corps d’une personne inconnue.

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Ce vendredi 21 février 2025, Israël a accusé le Hamas d’avoir tué Ariel et Kfir Bibas, respectivement 4 et neuf mois, pendant leur captivité à Gaza, alors que le mouvement palestinien avait mis en cause les bombardements israéliens pour justifier leur mort. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a promis de traduire en justice “ces sauvages ayant exécuté nos otages”. Au sujet du corps inconnu restitué comme étant celui de Shiri Bibas, Netanyahou a accusé le Hamas d’avoir violé “cruellement” l’accord de trêve. La version selon laquelle le corps restitué serait celui d’une femme de Gaza n’a pas été confirmée. De son côté, le Hamas dit avoir diligenté une enquête.

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La famille Bibas étrille Netanyahou

Les propos du Premier ministre à l’égard de l’organisation islamiste n’ont pas convaincu la famille Bibas qui l’a accusé ce vendredi d’avoir “abandonné” les otages. “Il n’y a pas de pardon pour les avoir abandonnés le 7-Octobre, ni pour les avoir abandonnés en captivité. Monsieur le Premier ministre Benyamin Nétanyahou, nous n’avons pas reçu d’excuses de votre part dans ce moment douloureux”, a déclaré Ofri Bibas, la sœur de l’époux de Shiri Bibas, Yarden Bibas, dans un communiqué.

Une femme passe devant une peinture murale représentant la famille Bibas, détenue par le Hamas à Gaza depuis le 7 octobre 2023, sur un mur de la ville côtière israélienne de Tel Aviv, le 19 février 2025, alors qu’un sentiment collectif d’angoisse s’est installé après que le Hamas a annoncé qu’il restituerait leurs corps.

Une femme passe devant une peinture murale représentant la famille Bibas, détenue par le Hamas à Gaza depuis le 7 octobre 2023, sur un mur de la ville côtière israélienne de Tel Aviv, le 19 février 2025, alors qu’un sentiment collectif d’angoisse s’est installé après que le Hamas a annoncé qu’il restituerait leurs corps.
JACK GUEZ/AFP

Les familles d’otages ont également fait part de leur “tristesse” et de leur “confusion” dans un autre communiqué après que l’armée israélienne a affirmé que les enfants Bibas avaient été “tués à mains nues” selon “les résultats d’une étude médico-légale”.

Une deuxième phase compromise par des accusations mutuelles

Désormais, l’État hébreu demande la restitution de tous les otages, ce que le Hamas se disait prêt à faire mercredi. Un rare consensus mis en péril par les récents évènements, Israël et le Hamas s’accusant mutuellement de violer l’accord de trêve.

L’échange prévu pour la journée de samedi devrait, en principe, concerner la libération de six otages vivants dans la bande de Gaza contre 602 prisonniers détenus en Israël, a indiqué une ONG palestinienne.