Une nouvelle vague d’échouage de cétacés fait l’actualité ces dernières semaines sur la côte atlantique. Comment expliquer cette tendance, alors que depuis un mois, le golfe de Gascogne était fermé à certains engins de pêche pour éviter les captures accidentelles de dauphins ?
“J’ai l’impression que cette année a été beaucoup plus calme.” Samuel Poupin est correspondant pour Pelagis, l’observatoire des mammifères et oiseaux marins, coordinateur du Réseau National Échouages.
Sur deux semaines en janvier, 31 dauphins échoués ont été recensés en Loire-Atlantique et 68 en Vendée. Ce phénomène impressionnant est pourtant loin d’être inhabituel pour lui. “C’est une année où j’ai fait finalement peu d’interventions sur mon secteur. D’autres années, j’ai pu avoir parfois une dizaine de dauphins sur une seule journée.”

Samuel Poupin, correspondant de l’observatoire des mammifères et oiseaux marins PELAGIS en Vendée
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© France Télévisions / David Jouillat
Comment expliquer ces échouages qui ont eu lieu en janvier pendant la période d’interdiction de pêche dans le golfe de Gascogne ? Pour les spécialistes de l’Observatoire Pélagis à La Rochelle où les dauphins ont été autopsiés, les décès datent pour la plupart d’avant l’interdiction de la pêche et les causes de cette mortalité peuvent être multiples.
Il y a de la mortalité naturelle sur les catégories les plus vulnérables à cause par exemple de maladies.
Directeur adjoint de l’Observatoire Pelagis
Olivier Van Canneyt, directeur adjoint de l‘Observatoire Pelagis, reconnaît qu’il y a des causes d’échouage qui sont en lien avec les activités humaines, notamment avec les captures accidentelles. Mais il relativise cet aspect des choses. “Échouage de cétacés sur les côtes ne veut pas forcément dire capture accidentelle dans les engins de pêche.” Il rappelle que l’hiver est une période propice aux échouages “depuis la nuit des temps”. Et les épisodes de tempête accentuent le phénomène comme cela s’est passé vers le 25 janvier. Pelagis a enregistré environ 200 petits cétacés en 3 jours qui se sont échoués entre la Gironde et le Sud-Bretagne, principalement en Charente-Maritime, Vendée et Loire-Atlantique. Des investigations sont en cours mais les premiers résultats montrent que les décès sont plutôt intervenus avant la période de fermeture de pêche.
Le phénomène observé en janvier apparaît comme ponctuel puisque le nombre de dauphins échoués a considérablement baissé dès les premières semaines de février.
Le premier réflexe si on découvre un dauphin échoué est de faire attention et de ne pas s’approcher. Qu’il soit vivant ou mort, ne manipulez pas l’animal afin d’éviter tout risque de transmission. Il faut appeler soit la mairie la plus proche ou bien directement l’Observatoire Pélagis au 05.46.44.99.10 (7 jours/7). L’endroit sera ensuite sécurisé et l’animal pris en charge.
Avec Quentin Carudel
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