Quelqu’un pour coller l’article en commentaire ? Merci !
jfc Gomart est un traitre/idiot utile des russes.
Il va aussi falloir allonger le fric pour revaloriser les conditions de vie, les salaires, pensions et les avantages des soldats. Sinon bon courage pour attirer des volontaires pour aller mourir dans une tranchée boueuse en Ukraine.
tout ces problemes peuvent ce resoudre d’une maniere extrêmement simple…mettre du fric et faire des commandes ferme sur de la duree pour garantir l’outil industriel sur la table tout le reste n’est que gesticulation
> Les Américains ont encore 100 000 soldats basés en Europe, soit un peu moins que l’équivalent de l’armée de terre française. Mais je ne pense pas que l’actuel président des États-Unis le fera. Pour lui, l’Europe est un marché. Les Européens lui achètent environ 65 % de leurs équipements militaires espérant rester sous la protection du parapluie américain. **Ce ne serait donc pas, selon moi, dans son intérêt de retirer ses troupes ni de quitter l’Otan.**
‘Tain mais à chaque fois que j’entends un général, IRL compris, ils sont toujours sur la même prémisse insensée que les intérêts de Trump sont ceux des Etats-Unis. C’est incroyable de rester aveuglement sur un postulat aussi fumeux.
Armée bonsaï
De streameuse à général, Gomart a eut une sacrée promotion
Le général Christophe Gomart a dirigé la Direction du renseignement militaire (DRM) de 2013 à 2017, après avoir commandé les opérations spéciales (COS) de 2011 à 2013. Cet ancien saint-cyrien a notamment servi en ex-Yougoslavie, en Afghanistan et en Afrique. Retraité de l’armée en 2017, il a rejoint le groupe Unibail comme directeur de la Sûreté avant de s’engager en politique. Élu au Parlement européen en juin 2024 sur la liste Les Républicains, il siège désormais au sein du groupe du Parti populaire européen (PPE) où il apporte son expertise sur les questions de défense et de sécurité européennes, notamment au sein de la sous-commission Sécurité et défense (Sede). Les menaces de guerre montent d’un cran en Europe. Sommes-nous prêts ? Les réponses du général Gomart.
**Le Point : Comment l’art de la guerre a-t-il évolué depuis la guerre de Bosnie en ex-Yougoslavie ?**
Christophe Gomart : Nous sommes passés d’une guerre en ex-Yougoslavie où chacun cherchait à se séparer de son voisin au sein d’une fédération à une guerre d’invasion de haute intensité. Depuis la Seconde Guerre mondiale, nous n’avions pas eu un conflit de ce genre en Europe. C’est ce que nous appelons une guerre d’attrition. Les Russes tirent bien plus de munitions que les Ukrainiens et, pourtant, au final, je pense que les pertes sont équilibrées.
**Comment l’expliquez-vous ?**
Les Ukrainiens tirent moins souvent, mais se protègent mieux et prennent soin de leurs hommes. Les Russes font l’inverse : ils tirent bien plus de munitions, mais exposent davantage leurs soldats. J’évalue les dégâts à environ 500 000 morts et blessés de chaque côté. Zelensky annonce 80 000 morts ukrainiens, ce qui est déjà énorme. Je pense qu’il y en a plus. La règle veut que pour un mort, il faut compter trois ou quatre blessés.
**Comment le champ de bataille a évolué depuis les années 1990 ?**
Dans la guerre d’attrition haute intensité, ce qui compte, c’est la capacité à délivrer des munitions, à détruire ce qui est devant vous. Il y a deux nouveautés par rapport aux guerres des trente dernières années : l’apparition du drone et de l’intelligence artificielle. Désormais, il y a une réelle transparence du champ de bataille, avec des soldats qui ont des caméras GoPro sur le casque, donc ils filment tout ce qu’ils voient. Et bien sûr les images prises par les drones ou par les satellites d’observation militaires. Puis on voit ces vidéos sur les réseaux sociaux. Mais parmi toutes ces vidéos, il y a des fakes pour tromper l’ennemi.
Si la transparence du champ de bataille est réelle, il faut se méfier de ce que l’on voit. Ce n’est pas parce qu’on voit une vidéo que « c’est vrai ». Au début de la bataille, il y avait toute sorte de jeux : on voyait des chars détruits, mais en fait, il s’agissait d’images de jeux vidéo utilisées pour tromper l’adversaire…
**Cette transparence du champ de bataille a-t-elle modifié l’utilisation des équipements militaires ?**
Le char est une machine profilée pour se cacher derrière un buisson sur une ligne de crête. Aujourd’hui, on voit des chars avec des superstructures grillagées pour empêcher les drones de larguer des grenades sur les tourelles. Pourquoi les tourelles ? Parce que c’est l’endroit où un char est le moins blindé. Il y a donc une nouvelle approche de la guerre avec l’apparition des drones. L’intelligence artificielle permet un ciblage très rapide.
Dès que vous entrez des données, l’IA va beaucoup plus vite que la réflexion humaine. Si vous intégrez cette IA dans l’artillerie, elle pourra tirer avant même que vous soyez en position, en se basant sur la comparaison d’images satellites et celles des drones. C’est là où je pense qu’il faut être vigilant : l’homme doit rester le décideur final, sinon on pourrait tirer sans même l’avoir décidé. Cette transparence du champ de bataille limite les effets de surprise. Or, à la guerre, il faut tenter de surprendre l’adversaire afin d’obtenir un rapport de force favorable pour obtenir une victoire.
**L’armée française est-elle prête pour ce type de combat aujourd’hui ?**
J’ai relu tous les Livres blancs de la Défense depuis trente ans. En 1994, c’est la dernière fois qu’un Livre blanc évoque un scénario de guerre de haute intensité. Depuis, dans les Livres blancs de 2008, 2013 comme dans la revue stratégique de 2017, on ne parle plus que d’une armée vue comme un « corps expéditionnaire ». L’armée française est dimensionnée pour cela. Elle dispose de la panoplie complète : porte-avions, frégates, sous-marins, chasseurs, transporteurs, ravitailleurs, avion AWACS pour coordonner, chars, canons et fantassins. Elle a tout, mais en volume insuffisant, et surtout sans réserves. Nous n’avons qu’une semaine de munitions en réserve. C’est là où, de mon point de vue, il faut absolument dépenser plus, non pas pour dépenser plus, mais pour recréer les stocks. Car nous avons puisé dans ces stocks pour donner aux Ukrainiens, ce qui est très estimable, mais nous ne les avons pas reconstitués.
**Quelle estimation faites-vous de l’investissement nécessaire pour une remise à niveau de l’armée française ?**
Nous sommes à peine à 2 % du PIB. Les Européens annoncent un objectif de 3 % du PIB. Je pense qu’il faut monter à 3 % au minimum. C’est d’ailleurs ce que je proposais lors de la campagne électorale pour les élections européennes. Si l’on considère que le budget actuel est de 50 milliards par an, il faut augmenter les dépenses militaires de 30 à 40 milliards d’euros par an. C’est un effort de longue haleine. Il faut des années pour reconstituer les stocks.
**Emmanuel Macron a affirmé qu’il avait doublé le budget de l’armée dans le cadre de la loi de programmation militaire (LPM)…**
On n’a jamais doublé le budget de l’armée, ce sont des mots. Avec l’inflation, le coût du travail, le coût des matériaux, à la fin de la LPM, vous avez moins de chars, moins de frégates qu’au début. C’est la réalité. Il faut vraiment revenir aux vrais chiffres : au début de la LPM, nous avions 220 chars ; à la fin de la LPM, nous aurons 200 chars. Et des munitions pour une semaine. Pour vous donner une idée, les Ukrainiens tirent 3 000 obus par jour ; la France a commandé 5 000 obus… pour l’année.
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jfc Gomart est un traitre/idiot utile des russes.
Il va aussi falloir allonger le fric pour revaloriser les conditions de vie, les salaires, pensions et les avantages des soldats. Sinon bon courage pour attirer des volontaires pour aller mourir dans une tranchée boueuse en Ukraine.
tout ces problemes peuvent ce resoudre d’une maniere extrêmement simple…mettre du fric et faire des commandes ferme sur de la duree pour garantir l’outil industriel sur la table tout le reste n’est que gesticulation
> Les Américains ont encore 100 000 soldats basés en Europe, soit un peu moins que l’équivalent de l’armée de terre française. Mais je ne pense pas que l’actuel président des États-Unis le fera. Pour lui, l’Europe est un marché. Les Européens lui achètent environ 65 % de leurs équipements militaires espérant rester sous la protection du parapluie américain. **Ce ne serait donc pas, selon moi, dans son intérêt de retirer ses troupes ni de quitter l’Otan.**
‘Tain mais à chaque fois que j’entends un général, IRL compris, ils sont toujours sur la même prémisse insensée que les intérêts de Trump sont ceux des Etats-Unis. C’est incroyable de rester aveuglement sur un postulat aussi fumeux.
Armée bonsaï
De streameuse à général, Gomart a eut une sacrée promotion
Le général Christophe Gomart a dirigé la Direction du renseignement militaire (DRM) de 2013 à 2017, après avoir commandé les opérations spéciales (COS) de 2011 à 2013. Cet ancien saint-cyrien a notamment servi en ex-Yougoslavie, en Afghanistan et en Afrique. Retraité de l’armée en 2017, il a rejoint le groupe Unibail comme directeur de la Sûreté avant de s’engager en politique. Élu au Parlement européen en juin 2024 sur la liste Les Républicains, il siège désormais au sein du groupe du Parti populaire européen (PPE) où il apporte son expertise sur les questions de défense et de sécurité européennes, notamment au sein de la sous-commission Sécurité et défense (Sede). Les menaces de guerre montent d’un cran en Europe. Sommes-nous prêts ? Les réponses du général Gomart.
**Le Point : Comment l’art de la guerre a-t-il évolué depuis la guerre de Bosnie en ex-Yougoslavie ?**
Christophe Gomart : Nous sommes passés d’une guerre en ex-Yougoslavie où chacun cherchait à se séparer de son voisin au sein d’une fédération à une guerre d’invasion de haute intensité. Depuis la Seconde Guerre mondiale, nous n’avions pas eu un conflit de ce genre en Europe. C’est ce que nous appelons une guerre d’attrition. Les Russes tirent bien plus de munitions que les Ukrainiens et, pourtant, au final, je pense que les pertes sont équilibrées.
**Comment l’expliquez-vous ?**
Les Ukrainiens tirent moins souvent, mais se protègent mieux et prennent soin de leurs hommes. Les Russes font l’inverse : ils tirent bien plus de munitions, mais exposent davantage leurs soldats. J’évalue les dégâts à environ 500 000 morts et blessés de chaque côté. Zelensky annonce 80 000 morts ukrainiens, ce qui est déjà énorme. Je pense qu’il y en a plus. La règle veut que pour un mort, il faut compter trois ou quatre blessés.
**Comment le champ de bataille a évolué depuis les années 1990 ?**
Dans la guerre d’attrition haute intensité, ce qui compte, c’est la capacité à délivrer des munitions, à détruire ce qui est devant vous. Il y a deux nouveautés par rapport aux guerres des trente dernières années : l’apparition du drone et de l’intelligence artificielle. Désormais, il y a une réelle transparence du champ de bataille, avec des soldats qui ont des caméras GoPro sur le casque, donc ils filment tout ce qu’ils voient. Et bien sûr les images prises par les drones ou par les satellites d’observation militaires. Puis on voit ces vidéos sur les réseaux sociaux. Mais parmi toutes ces vidéos, il y a des fakes pour tromper l’ennemi.
Si la transparence du champ de bataille est réelle, il faut se méfier de ce que l’on voit. Ce n’est pas parce qu’on voit une vidéo que « c’est vrai ». Au début de la bataille, il y avait toute sorte de jeux : on voyait des chars détruits, mais en fait, il s’agissait d’images de jeux vidéo utilisées pour tromper l’adversaire…
**Cette transparence du champ de bataille a-t-elle modifié l’utilisation des équipements militaires ?**
Le char est une machine profilée pour se cacher derrière un buisson sur une ligne de crête. Aujourd’hui, on voit des chars avec des superstructures grillagées pour empêcher les drones de larguer des grenades sur les tourelles. Pourquoi les tourelles ? Parce que c’est l’endroit où un char est le moins blindé. Il y a donc une nouvelle approche de la guerre avec l’apparition des drones. L’intelligence artificielle permet un ciblage très rapide.
Dès que vous entrez des données, l’IA va beaucoup plus vite que la réflexion humaine. Si vous intégrez cette IA dans l’artillerie, elle pourra tirer avant même que vous soyez en position, en se basant sur la comparaison d’images satellites et celles des drones. C’est là où je pense qu’il faut être vigilant : l’homme doit rester le décideur final, sinon on pourrait tirer sans même l’avoir décidé. Cette transparence du champ de bataille limite les effets de surprise. Or, à la guerre, il faut tenter de surprendre l’adversaire afin d’obtenir un rapport de force favorable pour obtenir une victoire.
**L’armée française est-elle prête pour ce type de combat aujourd’hui ?**
J’ai relu tous les Livres blancs de la Défense depuis trente ans. En 1994, c’est la dernière fois qu’un Livre blanc évoque un scénario de guerre de haute intensité. Depuis, dans les Livres blancs de 2008, 2013 comme dans la revue stratégique de 2017, on ne parle plus que d’une armée vue comme un « corps expéditionnaire ». L’armée française est dimensionnée pour cela. Elle dispose de la panoplie complète : porte-avions, frégates, sous-marins, chasseurs, transporteurs, ravitailleurs, avion AWACS pour coordonner, chars, canons et fantassins. Elle a tout, mais en volume insuffisant, et surtout sans réserves. Nous n’avons qu’une semaine de munitions en réserve. C’est là où, de mon point de vue, il faut absolument dépenser plus, non pas pour dépenser plus, mais pour recréer les stocks. Car nous avons puisé dans ces stocks pour donner aux Ukrainiens, ce qui est très estimable, mais nous ne les avons pas reconstitués.
**Quelle estimation faites-vous de l’investissement nécessaire pour une remise à niveau de l’armée française ?**
Nous sommes à peine à 2 % du PIB. Les Européens annoncent un objectif de 3 % du PIB. Je pense qu’il faut monter à 3 % au minimum. C’est d’ailleurs ce que je proposais lors de la campagne électorale pour les élections européennes. Si l’on considère que le budget actuel est de 50 milliards par an, il faut augmenter les dépenses militaires de 30 à 40 milliards d’euros par an. C’est un effort de longue haleine. Il faut des années pour reconstituer les stocks.
**Emmanuel Macron a affirmé qu’il avait doublé le budget de l’armée dans le cadre de la loi de programmation militaire (LPM)…**
On n’a jamais doublé le budget de l’armée, ce sont des mots. Avec l’inflation, le coût du travail, le coût des matériaux, à la fin de la LPM, vous avez moins de chars, moins de frégates qu’au début. C’est la réalité. Il faut vraiment revenir aux vrais chiffres : au début de la LPM, nous avions 220 chars ; à la fin de la LPM, nous aurons 200 chars. Et des munitions pour une semaine. Pour vous donner une idée, les Ukrainiens tirent 3 000 obus par jour ; la France a commandé 5 000 obus… pour l’année.
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