C’est sans doute la plus grande affaire de pédocriminalité jamais jugée en France. Le procès de Joël Le Scouarnec s’ouvre lundi 24 février à Vannes. Cet ex-chirurgien doit être jugé jusqu’en juin devant la cour criminelle du Morbihan pour des viols et violences sexuelles aggravées sur 299 patients, presque tous mineurs au moment des faits. Agé de 74 ans, Joël Le Scouarnec a “reconnu son implication” dans la plupart des actes dont il est accusé, a fait savoir le procureur de Lorient, Stéphane Kellenberger, qui mènera l’accusation. Il encourt une peine maximale de 20 ans de réclusion. Suivez notre direct.
Des victimes âgées de 11 ans en moyenne. Les enquêteurs ont retrouvé la trace de ses victimes – des anciens patients et patientes dont l’âge moyen était de 11 ans au moment des faits — en lisant ses journaux intimes, découverts lors d’une perquisition à son domicile en 2017, quand une enfant de 6 ans l’a dénoncé auprès de ses parents pour un viol. Les écrits de Joël Le Scouarnec, très précis, donnaient le nom, l’âge et l’adresse de ses victimes, décrivant sans détours les actes commis.
Condamné en 2020 à quinze ans de réclusion. Le septuagénaire a déjà été condamné en 2020 à quinze ans de réclusion pour les viols et agressions sexuelles de quatre enfants, dont deux étaient ses nièces. Les actes pour lesquels il comparaît aujourd’hui s’étalent de 1989 à 2014 et ont eu lieu dans une dizaine d’hôpitaux de l’ouest de la France.
Les audiences suivront l’ordre chronologique des faits reprochés. Dans ce procès-fleuve, les proches de l’accusé seront entendus dès la première semaine, notamment son ex-épouse, qui affirme ne jamais avoir soupçonné la pédocriminalité de son mari, malgré une première condamnation pour détention d’images pédopornographiques en 2005. Présidée par la juge Aude Buresi, la cour criminelle du Morbihan suivra l’ordre chronologique des actes reprochés à Joël Le Scouarnec, selon le calendrier transmis à la presse.
La Ciivise appelle à mettre fin aux “silences” qui permettent les crimes. Avant l’ouverture de ce procès, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a appelé vendredi à des “changements culturels considérables” contre les “silences” permettant aux pédocriminels d’agir. “Les carrières pédocriminelles sont construites, non par des monstres, mais par des silences successifs de tous les témoins”, a-t-elle souligné dans un communiqué.