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Alors que Donald Trump a affirmé que Kiev pouvait “oublier” son adhésion à l’OTAN en cas de trêve avec la Russie, quelles sont les possibilités pour assurer la protection de l’Ukraine ?

L’Ukraine fait face à son avenir. Si une trêve se dessine entre Kiev et Moscou depuis les pourparlers entre Donald Trump, Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, la protection de l’Ukraine reste un enjeu majeur. Une question demeure : en cas d’accord de pais, qui garantira la sécurité de Kiev face à d’éventuelles offensives russes ? Alors que le président américain Donald Trump a fermement exclu toute adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, d’autres acteurs pourraient être appelés à jouer un rôle stratégique dans la protection du pays. 

L’Europe, le meilleur allié de l’Ukraine ? 

C’est l’un des scénarios les plus plausibles. Depuis le début de l’invasion russe, l’Union Européenne et ses États membres se sont imposés comme un acteur majeur sur le plan financier. Avec une aide cumulée de 134,4 milliards d’euros, elle est le premier contributeur au soutien de Kiev, devant les États-Unis. Mais l’Europe peut-elle vraiment protéger l’Ukraine en cas de paix ?

D’abord, elle peut continuer à affaiblir la Russie en maintenant la pression des sanctions. En parallèle, l’Union Européenne s’est engagée à verser 50 milliards d’euros jusqu’en 2027 pour stabiliser l’économie ukrainienne et financer sa reconstruction.

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Côté sécurité à proprement parler, si l’Ukraine ne fait pas partie de l’OTAN, plusieurs pays proches de ses frontières, comme la Pologne et les États baltes sont membres de l’Alliance et bénéficient déjà d’un soutien militaire qui a été renforcé ces trois dernières années. Une position stratégique qui complique toute tentative d’escalade de Moscou. En février 2024, la France avait d’ores et déjà évoqué la possibilité d’envoyer ses troupes sur le sol ukrainien en cas d’accord de paix. Une position réaffirmée par Emmanuel Macron ce lundi 25 février lors de sa rencontre avec le président américain Donald Trump. Il a depuis été rejoint par le Royaume-Uni et la Suède. 

L’ONU et le veto russe 

Il semble peu probable que l’Organisation des Nations Unies puisse être un acteur décisif dans la protection de l’Ukraine. D’après le député de la France Insoumise, Éric Coquerel, s’il y doit y avoir des troupes en Ukraine cela “doit se faire sous l’égide de l’ONU”. Mais est-ce vraiment possible ?

En théorie, l’ONU pourrait déployer ses Casques bleus après un accord de paix. Mais ce scénario est peu crédible, car en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, la Russie dispose d’un droit de veto, lui permettant de bloquer toute initiative de l’ONU près de ses frontières. Ce lundi 24 février, les États-Unis et la Russie se sont alliés lors d’un vote sans précédent à l’ONU, en adoptant une résolution américaine refusant de continuer à soutenir l’Ukraine. Un changement de position radical des États-Unis, qui souhaite en finir avec la guerre, sans condamnation de Moscou, ni de défense des frontières de l’Ukraine. 

“America first”, l’Ukraine après

Si le gouvernement Trump souhaite “récupérer” rapidement les fonds versés à l’Ukraine et qu’un accord sur l’exploitation des minerais est en passe d’être signé entre Washington et Kiev, cela suffira-t-il pour garantir la protection du pays ? Donald Trump a été clair : il veut que l’Europe assure seule la sécurité de l’Ukraine. Une position qui s’inscrit dans une vision isolationniste. Mercredi, le président américain a déclaré que la seule présence de travailleurs américains sur le sol ukrainien assurerait une sorte de “filet de sécurité”, alors même que l’accord-cadre avec Kiev ne garantit, pour l’heure, aucune protection en cas de nouvelle attaque de Moscou.