En Europe, le soutien à Zelensky et la condamnation des propos et de l’attitude de Donald Trump et de JD Vance ont été quasiment unanimes. Mais qu’en est-il aux Etats-Unis ? Et ailleurs dans le monde ? SVB

Merci pour votre question. Un clivage très net sépare désormais les démocrates, outrés par le sort réservé à Volodymyr Zelensky, et les républicains sur la question ukrainienne, du fait du poids de Donald Trump. Il faut se souvenir qu’il n’y a pas si longtemps le camp républicain était le plus hostile à la Russie, un héritage de son antisoviétisme viscéral. Lorsque Volodymyr Zelensky était reçu au Congrès, il y a encore quelques mois, il recevait un accueil chaleureux et bipartisan.

Le sénateur Lindsey Graham et son ancien collègue Marco Rubio, l’actuel secrétaire d’Etat, sont les exemples les plus aboutis de ce retournement de veste et de cet alignement, toute honte bue, sur les positions de Donald Trump, qui traite son homologue ukrainien de « dictateur » sans avoir la moindre réserve ou critique à l’égard du maître du Kremlin. C’est ainsi que le président républicain de la commission des forces armées du Sénat, Roger Wicker, qui avait publié sur les réseaux sociaux la photo de sa rencontre, dans un cadre bipartisan, avec Volodymyr Zelensky, quelques heures avant sa réception à la Maison Blanche, l’a effacée après l’algarade.

Il reste des poches de résistance conservatrice à ce réalignement trumpiste, mais on les trouve principalement dans la presse (Wall Street Journal, National Review) ou encore chez d’anciens membres de la première administration Trump, comme ses anciens conseillers à la sécurité nationale, H. R. McMaster ou John Bolton. Il sera intéressant de voir dans les sondages comment l’électorat républicain réagit à ces derniers événements, s’il suit sans réserve Donald Trump, ou bien si une partie reste hostile à un rapprochement avec la Russie de Vladimir Poutine, qui va bien au-delà de la « fatigue » majoritaire chez les conservateurs, envers le soutien militaire à l’Ukraine.

Gilles Paris