> **Clichy-sous-Bois : les clients n’ont pas de passe sanitaire en règle, les cafetiers trinquent**
>
> La gérante d’un café de Seine-Saint-Denis âgée de 69 ans a passé une nuit en garde à vue à cause des documents sanitaires non conformes de certains consommateurs. Les contrôles renforcés, amendes et fermetures administratives se sont succédé ces dernières semaines. Les cafetiers crient à l’injustice.
> Par Cindy Bonnaud
> Le 1 novembre 2021 à 18h44
>
> « Ils ont pris mes chaussures. Je n’avais pas à boire. Pas à manger. Pour les toilettes, c’était pieds nus. Ils ont pris mes chaussures ! » Leyla a 69 ans. Elle est gérante du café le Balajan, à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), depuis sept ans, après avoir pris la suite de son fils. Il y a un mois, elle a passé la nuit en garde à vue « à cause des passes sanitaires », répète-t-elle, la voix tremblante. Les documents de certains de se clients n’étaient pas en règle.
>
> La sexagénaire est encore traumatisée et ne comprend toujours pas ce qui lui est arrivé. « Je ne suis pas bien. En juin (prochain), je dois aller au tribunal. » « Une ordonnance pénale lui a été délivrée », confirme le parquet de Bobigny. « Il n’y aura pas de contradictoire, déplore Me Brahim Dalil, l’avocat de la gérante, qui pointe une situation inédite. Le procureur va présenter le dossier au tribunal qui va proposer une peine à ma cliente et, à partir de ce jour-là, nous aurons 45 jours pour faire opposition ou pas. »
>
> **L’avocat étudie un recours pour « abus d’autorité »**
>
> « J’ai plusieurs commerces à Gagny et Livry-Gargan et c’est le seul endroit, à Clichy, où ils font ça », remarque son fils, effaré par ces méthodes. « Nous sommes en train d’étudier la question d’un recours auprès du procureur de la République, de l’Inspection générale de la police nationale et du défenseur des droits, pour séquestration abusive et abus d’autorité », indique Me Brahim Dalil. Un recours qui pourrait prendre la forme d’une plainte « contre X ». « L’action n’est pas contre tout le commissariat de Clichy-sous-Bois, insiste l’avocat, mais une seule personne, celui qui a mis ma cliente en garde à vue. »
>
> Depuis la rentrée, d’autres cafetiers de la ville se sentent ciblés par des contrôles de police intempestifs sur le passe sanitaire, dont certains se sont soldés par des amendes pour les gérants, suivis d’une fermeture administrative. Leyla en a ainsi fait les frais.
>
> Alan Aslan, patron du Modern et adjoint au maire, aussi. Ce dernier tire la sonnette d’alarme et pointe une situation ubuesque : « Si un client présente un faux passe, je ne peux pas le savoir. Si la police vient, le contrôle et s’il n’a pas de passe sanitaire, c’est une amende de 135 euros. En revanche, s’il présente un faux passe, il risque des poursuites judiciaires. Donc, c’est vite vu. Il dit qu’il n’en a pas et ça retombe sur les commerçants », explique le porte-parole des commerçants en détresse.
>
> **Contraint de fermer cinq jours, le patron du Modern ne fait désormais « que de la vente à emporter »**
>
> L’homme de 35 ans a récolté deux amendes de 1 000 euros chacune et a été contraint de tirer le rideau pendant cinq jours. Cette semaine, il a rouvert en mode confinement. « On s’est barricadé. On ne fait désormais que de la vente à emporter », regrette le gérant.
>
> Les tables pliées font barrage au comptoir. « On est comme excommuniés », peste un client. Le bar-tabac est bien plus qu’un simple commerce. C’est un point d’ancrage pour tout un quartier. « Un lien s’était pourtant créé avec la police après les émeutes de 2005, soulignent Alan et Angélique, son amie d’enfance et employée. Le passe sanitaire a mis une autre ambiance. »
>
> L’angoisse se fait également sentir de l’autre côté de la ville, au café Ciftlik. Les trois frères, qui tiennent l’établissement, sont au bord de la crise de nerfs. « On nous a dit : la prochaine fois, si on attrape des gens sans passe, c’est garde à vue. Comment on fait ? On est là depuis vingt-sept ans. Ils (les policiers) nous connaissent. On n’a jamais eu de problèmes. Fermer cinq jours. Ça nous a fait mal. Mal, mal, mal. On n’arrive pas à gérer. »
>
> **« J’aimerais savoir qui sont ces clients pour me retourner contre eux »**
>
> « Les clients ne jouent pas le jeu », déplore un habitué. Les frères ont payé l’amende. « Contester contre qui ? L’État ? » L’un d’eux rigole. Pas Alan, qui réclame l’identité des contrevenants. « J’aimerais savoir qui sont ces clients pour me retourner contre eux », indique l’élu.
>
> Le gamin du Chêne pointu, devenu adjoint au maire aux sports et patron de bar, estime devoir « être irréprochable », surtout en pleine pandémie de Covid. « Je suis censé montrer l’exemple. » Lui aussi a fait appel à un avocat. « C’est injuste. On est conscient de la maladie. On était présent pendant le confinement. On a fait preuve de solidarité. »
>
> Il a aussi pu s’entretenir avec le commissaire de police, qui semble avoir pris en compte leurs échanges. « Dorénavant, les tricheurs nous serons indiqués sur place pour pouvoir nous retourner contre eux. Je pense que nous aurons un minimum de dialogue avec les policiers. »
>
> Alan et Angélique ont rouvert normalement depuis ce samedi, mais gardent la boule au ventre. Contactée, la préfecture de Seine-Saint-Denis n’a pas répondu à nos sollicitations.
Et donc on apprend que faire la police, c’est un métier, et que ce n’est pas celui de restaurateur. Vous la sentez cette société de la surveillance généralisée ?
> « Si un client présente un faux passe, je ne peux pas le savoir. Si la police vient, le contrôle et s’il n’a pas de passe sanitaire, c’est une amende de 135 euros. En revanche, s’il présente un faux passe, il risque des poursuites judiciaires. Donc, c’est vite vu. Il dit qu’il n’en a pas et ça retombe sur les commerçants », explique le porte-parole des commerçants en détresse.
Donc selon eux, le problème c’est ça. Les gens leur proposent un pass frauduleux qui leur apparaît comme valide, mais en cas de contrôle de police ils préfèrent dire qu’ils n’en ont pas.
C’est possible ça ? Cette histoire de « faux pass ».
J’ai comme l’impression qu’il manque un bout de l’histoire à cet article.
Putain mais mettre les gens en GAV juste pour ça? C’est abusé, les verbalisation puis convocations au commissariats, les policiers savent faire. Envoyer une dame de 69 ans au trou parce que les clients n’ont pas tous de passe c’est juste le délire.
Quand tu vas faire un tour à Clichy-sous-Bois comme je l’ai déjà fait, tu te rend vite compte que les habitants ont d’autres soucis que le Covid. La pauvreté par exemple. Alors bon, faire des descentes de police pour vérifier les passes, c’est plutôt moyen. Mais la police n’y est pour rien, évidemment, c’est pas elle qui fixe les lois. Mais un type comme Olivier Véran, lui on l’attend au tournant, on se souviendra de sa gouvernance quand on votera en 2022
6 comments
> **Clichy-sous-Bois : les clients n’ont pas de passe sanitaire en règle, les cafetiers trinquent**
>
> La gérante d’un café de Seine-Saint-Denis âgée de 69 ans a passé une nuit en garde à vue à cause des documents sanitaires non conformes de certains consommateurs. Les contrôles renforcés, amendes et fermetures administratives se sont succédé ces dernières semaines. Les cafetiers crient à l’injustice.
> Par Cindy Bonnaud
> Le 1 novembre 2021 à 18h44
>
> « Ils ont pris mes chaussures. Je n’avais pas à boire. Pas à manger. Pour les toilettes, c’était pieds nus. Ils ont pris mes chaussures ! » Leyla a 69 ans. Elle est gérante du café le Balajan, à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), depuis sept ans, après avoir pris la suite de son fils. Il y a un mois, elle a passé la nuit en garde à vue « à cause des passes sanitaires », répète-t-elle, la voix tremblante. Les documents de certains de se clients n’étaient pas en règle.
>
> La sexagénaire est encore traumatisée et ne comprend toujours pas ce qui lui est arrivé. « Je ne suis pas bien. En juin (prochain), je dois aller au tribunal. » « Une ordonnance pénale lui a été délivrée », confirme le parquet de Bobigny. « Il n’y aura pas de contradictoire, déplore Me Brahim Dalil, l’avocat de la gérante, qui pointe une situation inédite. Le procureur va présenter le dossier au tribunal qui va proposer une peine à ma cliente et, à partir de ce jour-là, nous aurons 45 jours pour faire opposition ou pas. »
>
> **L’avocat étudie un recours pour « abus d’autorité »**
>
> « J’ai plusieurs commerces à Gagny et Livry-Gargan et c’est le seul endroit, à Clichy, où ils font ça », remarque son fils, effaré par ces méthodes. « Nous sommes en train d’étudier la question d’un recours auprès du procureur de la République, de l’Inspection générale de la police nationale et du défenseur des droits, pour séquestration abusive et abus d’autorité », indique Me Brahim Dalil. Un recours qui pourrait prendre la forme d’une plainte « contre X ». « L’action n’est pas contre tout le commissariat de Clichy-sous-Bois, insiste l’avocat, mais une seule personne, celui qui a mis ma cliente en garde à vue. »
>
> Depuis la rentrée, d’autres cafetiers de la ville se sentent ciblés par des contrôles de police intempestifs sur le passe sanitaire, dont certains se sont soldés par des amendes pour les gérants, suivis d’une fermeture administrative. Leyla en a ainsi fait les frais.
>
> Alan Aslan, patron du Modern et adjoint au maire, aussi. Ce dernier tire la sonnette d’alarme et pointe une situation ubuesque : « Si un client présente un faux passe, je ne peux pas le savoir. Si la police vient, le contrôle et s’il n’a pas de passe sanitaire, c’est une amende de 135 euros. En revanche, s’il présente un faux passe, il risque des poursuites judiciaires. Donc, c’est vite vu. Il dit qu’il n’en a pas et ça retombe sur les commerçants », explique le porte-parole des commerçants en détresse.
>
> **Contraint de fermer cinq jours, le patron du Modern ne fait désormais « que de la vente à emporter »**
>
> L’homme de 35 ans a récolté deux amendes de 1 000 euros chacune et a été contraint de tirer le rideau pendant cinq jours. Cette semaine, il a rouvert en mode confinement. « On s’est barricadé. On ne fait désormais que de la vente à emporter », regrette le gérant.
>
> Les tables pliées font barrage au comptoir. « On est comme excommuniés », peste un client. Le bar-tabac est bien plus qu’un simple commerce. C’est un point d’ancrage pour tout un quartier. « Un lien s’était pourtant créé avec la police après les émeutes de 2005, soulignent Alan et Angélique, son amie d’enfance et employée. Le passe sanitaire a mis une autre ambiance. »
>
> L’angoisse se fait également sentir de l’autre côté de la ville, au café Ciftlik. Les trois frères, qui tiennent l’établissement, sont au bord de la crise de nerfs. « On nous a dit : la prochaine fois, si on attrape des gens sans passe, c’est garde à vue. Comment on fait ? On est là depuis vingt-sept ans. Ils (les policiers) nous connaissent. On n’a jamais eu de problèmes. Fermer cinq jours. Ça nous a fait mal. Mal, mal, mal. On n’arrive pas à gérer. »
>
> **« J’aimerais savoir qui sont ces clients pour me retourner contre eux »**
>
> « Les clients ne jouent pas le jeu », déplore un habitué. Les frères ont payé l’amende. « Contester contre qui ? L’État ? » L’un d’eux rigole. Pas Alan, qui réclame l’identité des contrevenants. « J’aimerais savoir qui sont ces clients pour me retourner contre eux », indique l’élu.
>
> Le gamin du Chêne pointu, devenu adjoint au maire aux sports et patron de bar, estime devoir « être irréprochable », surtout en pleine pandémie de Covid. « Je suis censé montrer l’exemple. » Lui aussi a fait appel à un avocat. « C’est injuste. On est conscient de la maladie. On était présent pendant le confinement. On a fait preuve de solidarité. »
>
> Il a aussi pu s’entretenir avec le commissaire de police, qui semble avoir pris en compte leurs échanges. « Dorénavant, les tricheurs nous serons indiqués sur place pour pouvoir nous retourner contre eux. Je pense que nous aurons un minimum de dialogue avec les policiers. »
>
> Alan et Angélique ont rouvert normalement depuis ce samedi, mais gardent la boule au ventre. Contactée, la préfecture de Seine-Saint-Denis n’a pas répondu à nos sollicitations.
Et donc on apprend que faire la police, c’est un métier, et que ce n’est pas celui de restaurateur. Vous la sentez cette société de la surveillance généralisée ?
> « Si un client présente un faux passe, je ne peux pas le savoir. Si la police vient, le contrôle et s’il n’a pas de passe sanitaire, c’est une amende de 135 euros. En revanche, s’il présente un faux passe, il risque des poursuites judiciaires. Donc, c’est vite vu. Il dit qu’il n’en a pas et ça retombe sur les commerçants », explique le porte-parole des commerçants en détresse.
Donc selon eux, le problème c’est ça. Les gens leur proposent un pass frauduleux qui leur apparaît comme valide, mais en cas de contrôle de police ils préfèrent dire qu’ils n’en ont pas.
C’est possible ça ? Cette histoire de « faux pass ».
J’ai comme l’impression qu’il manque un bout de l’histoire à cet article.
Putain mais mettre les gens en GAV juste pour ça? C’est abusé, les verbalisation puis convocations au commissariats, les policiers savent faire. Envoyer une dame de 69 ans au trou parce que les clients n’ont pas tous de passe c’est juste le délire.
Quand tu vas faire un tour à Clichy-sous-Bois comme je l’ai déjà fait, tu te rend vite compte que les habitants ont d’autres soucis que le Covid. La pauvreté par exemple. Alors bon, faire des descentes de police pour vérifier les passes, c’est plutôt moyen. Mais la police n’y est pour rien, évidemment, c’est pas elle qui fixe les lois. Mais un type comme Olivier Véran, lui on l’attend au tournant, on se souviendra de sa gouvernance quand on votera en 2022