l’essentiel
Ministre délégué à l’Europe, Benjamin Haddad a entamé son “marathon” haut-pyrénéen par une visite du Salon de l’Agriculture, où il a rencontré les représentants syndicaux, pour évoquer la question cruciale de la Politique Agricole Commune.

On peut se demander pourquoi le ministre délégué à l’Europe est venu arpenter les allées du Salon de l’Agriculture de Tarbes. Parce qu’il est proche de l’ancien député Benoît Mournet est une partie de la réponse. Parce qu’il a une appétence particulière pour le monde agricole ? Peut-être, au vu de son comportement très “chiraquien” au fil des stands où il n’a pas hésité à se délecter des produits du terroir, allant presque jusqu’à “mettre la main au cul des vaches” comme le faisait volontiers l’illustre ancien président lors de la présentation des Charolaises dans le ring d’honneur. “C’est un superbe salon, j’ai beaucoup écouté tout le monde”, confiait-il à l’issue de sa visite, “je me suis nourri de tout ce que j’ai entendu, j’ai appris des choses et je ne manquerai pas de transmettre à ma collègue ministre de l’Agriculture, Annie Genevard.” À la vérité, comme beaucoup d’autres domaines l’agriculture n’est plus une seule affaire française, elle est européenne, voire mondiale… Cette visite n’est donc pas anodine, au moment où l’on renégocie la PAC, cette fameuse Politique Agricole Commune, surtout dans le contexte actuel…

“La souveraineté passe par la souveraineté alimentaire”

Depuis quelques jours, on parle beaucoup de souveraineté européenne en matière de défense. “Mais la souveraineté passe aussi par la souveraineté alimentaire, c’est ce que j’ai répété aux représentants syndicaux lors de la table ronde”. Ronde et gourmande, après avoir visité les stands de la SICA, de plusieurs éleveurs, du Blanc des Pyrénées, des filières d’excellence, de Ha-Py Saveurs… “La souveraineté, c’est aussi être libre de nos mouvements, les inquiétudes du monde agricole liées au traité Mercosur sont les nôtres. Il est effet absurde d’importer des produits issus de pays qui ne respectent pas les règles que nous imposons à nos propres agriculteurs. Nous nous mettons ainsi nous-mêmes en situation de concurrence déloyale. C’est la même chose pour les surtranspositions des directives européennes, que nous appliquons au-delà de ce qu’elles préconisent. C’est également absurde, et ça ne touche pas que l’agriculture, beaucoup d’autres secteurs sont impactés. J’ai demandé un audit de ces surtranspositions pour évaluer celles qui pourraient être supprimées.” Notamment en matière environnementale, où nous nous serrons la bride plus que nos voisins…

“Des rencontres chaleureuses”

Ainsi, sur la question du loup et de l’ours, Benjamin Haddad salue “l’excellente collaboration avec le préfet Jean Salomon”, et souligne la difficulté de l’exercice “qui consiste à protéger en même temps nos agriculteurs et des espèces protégées. Mais je crois au dialogue, je préfère que nous agissions par l’incitation plus que par la contrainte.” C’est en tout cas le discours qu’il a tenu aux responsables syndicaux, (FDSEA, Jeunes Agriculteurs, Confédération Paysanne et Coordination Rurale), visiblement satisfaits des échanges. “On a le sentiment d’avoir été entendus” ont-ils déclaré à l’issue de la table ronde. Reste maintenant à transformer tout ça en actes. “Mon objectif est bien sûr de maintenir la PAC, qui est nécessaire à notre agriculture, mais aussi de la simplifier, pour favoriser le renouvellement des générations, c’est un message que j’ai beaucoup entendu.” Mais surtout, c’est une sourde inquiétude qui étreint le monde agricole, résumée par Jean-Luc Laffonta, chantre du Haricot Tarbais et des filières locales, qui a lancé : “S’il vous plaît, protégez-nous !” En ce moment, c’est d’ailleurs un peu l’inquiétude de tout le monde…