l’essentiel
Le ministre délégué à l’Europe Benjamin Haddad a fait étape à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Tarbes pour participer à une réunion publique autour de l’Ukraine et de l’Europe.
La dernière fois que Benjamin Haddad, ministre de l’Europe, est venu dans les Hautes-Pyrénées, c’était à Lourdes il y a un an. De passage à l’occasion du salon de l’agriculture de Tarbes, le thème de sa présence à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Tarbes ce vendredi 7 mars est plus grave que celui de 2024. Le ministre a décidé “d’entendre les inquiétudes et les questionnements” de la population locale sur la situation géopolitique avec les États-Unis, la Russie, l’Ukraine mais aussi toute l’Europe.
Des questions pointues
dans le public
Dès 18h, le ministre a présenté les résultats de la réunion européenne extraordinaire organisée à Bruxelles la veille, avant de répondre avec pédagogie aux interrogations du public présent. “Le discours (d’Emmanuel Macron : ndlr) d’il y a deux jours a marqué les esprits, a inquiété”, reconnaît d’abord Benjamin Haddad. Investissements dans l’IA, souveraineté, négociations entre l’Ukraine et la Russie… Toutes les avancées obtenues à Bruxelles mercredi ont été résumées par le ministre.
“Est-ce qu’on veut laisser les Chinois, les Américains et les Russes écrire notre destin ? […] Il faut un réveil stratégique de l’Europe, déclare-t-il. Il faut se donner les moyens de défendre l’Ukraine, se redonner les moyens d’être souverain, augmenter le budget de la défense, plus vite”, poursuit-il.
Dans le public, des questions en lien avec les inquiétudes locales ont été posées. “Il y a de bons produits locaux, vous les avez goûtés au salon, qui peuvent permettre de sortir de l’impérialisme américain”, lance un citoyen. “J’y crois fondamentalement, réagit Benjamin Haddad. Tout l’enjeu actuel, c’est de produire chez nous”, enchaîne le ministre.
Des échanges cordiaux
Beaucoup d’autres questions plus nationales ou internationales et très pointues ont émergé du public. Une personne a interrogé la position géopolitique des Européens depuis la création de l’Union Européenne. “On a longtemps pensé que l’Europe assurait la paix. Il y a eu une sorte de déni, par exemple avec l’Ukraine”, estime Benjamin Haddad.
Lors de cette heure et demie d’échange avec les habitants, le ministre n’a pas fait d’annonces mais a tenté de répondre aux craintes. Les interventions se sont déroulées dans une atmosphère respectueuse, même en cas de désaccord avec l’invité du jour à l’aune de la gravité de l’actualité.