L’été précédent, 5 167 décès liés à la chaleur avaient été enregistrés en France et au total 47 312 en Europe. C’était la deuxième année la plus meurtrière depuis 2015, derrière 2022.

L’estimation 2024 concerne tout l’été, du 1er juin au 15 septembre, et pas seulement les épisodes de canicule stricto sensu, précise dans un communiqué Santé publique France. La mortalité liée à la chaleur représente plus de 2 % de la mortalité toutes causes observée durant cette même période. Avec des pointes correspondant aux épisodes de canicules, soit 600 décès qui portent la proportion à 10 %.

Taux de mortalité croissant

En janvier dernier, la revue britannique « Nature medicine » publiait une modélisation réalisée sur 854 zones urbaines européennes et révélant que la chaleur devrait tuer plus que le froid d’ici à 2099 en Europe, avec un taux d’augmentation estimé à 49 % et de nettes disparités entre l’Europe du Nord et les régions méditerranéennes. Le sud de la France, l’Espagne, l’Italie, la Grèce ou la Croatie seront particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs. Selon l’étude, le nombre de décès supplémentaires provoqués par la chaleur sera de 5 825 746 d’ici à 2099, contre 3 480 336 à cause du froid.

Le changement climatique pourrait augmenter le taux de mortalité de façon importante : il passe de 3,5 décès pour 100 000 personnes à 1,5 °C de réchauffement global, à 41,7 décès pour 100 000 à 4°C. Selon l’étude, la hausse globale des températures provoquerait donc 69 857 morts par an, contre 5 928 morts annuels à 1,5 °C.