C’est la journée européenne de lutte contre les violences faites aux soignants ce 12 mars. Le collectif du 12 mars appelle à la mobilisation partout en France. Témoignages de soignants alsaciens agressés alors qu’ils voulaient aider des gens.

« Insultes, blessures, harcèlement, trauma psychologique : les soignants disent stop ! »  le collectif du 12 mars qui représente des professionnels de la santé  et rassemble une quinzaine de syndicats et organisations, appelle à la mobilisation en cette journée européenne de lutte contre les violences faites aux soignants. Une grande manifestation est organisée à Paris en ce 12 mars.

“Je lui dis Bonjour, vous avez bien dormi ? Et là c’est parti. Elle a commencé à me mettre des baffes”

Les soignants de toutes les professions de santé vivent la violence verbale ou physique au quotidien ou presque, en Alsace comme dans le reste de la France. Il y a trois ans, Véronique Bier, infirmière libérale à Mittelhausbergen, a été frappée par une patiente pendant sa tournée à domicile. “J’arrive chez la patiente le matin pour lui faire son soins. Je traverse le porche, elle m’ouvre la porte et je lui dis Bonjour, vous avez bien dormi ? Et là c’est parti. Elle a commencé à me mettre des baffes et à m’insulter, mais vraiment très très violemment.”

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Auparavant, Véronique Bier avait déjà été séquestrée au domicile d’une patiente, par la mère de la jeune femme. Elle ne voulait pas rester seule pendant la crise de sa fille.

“Face à ça on n’a personne, on est tout seul”

A Strasbourg, Mériam Kerkoub, infirmière libérale, a été menacée par le gendre d’une patiente, alors qu’elle tentait de convaincre la fille de la patiente de l’utilité d’un nouveau traitement. “Il a sorti un cran d’arrêt. J’ai eu très peur. On n’a pas d’armure. On est démuni face à ça. On n’a personne, on est tout seul.”

Mathieu Hermann, président de SOS Médecins à Mulhouse, était aussi seul, au domicile d’un patient quand il a été touché par des balles de fusil à plomb. “J’ai été appelé pour aller voir sa compagne et en fait, le monsieur a directement été agressif, insultant, véhément. Il m’a menacé de me tirer dessus. Il s’est levé et il a changé son fusil, il m’a plaqué contre la porte. Il a tiré.” Mathieu Hermann s’en tire avec des hématomes et le risque d’une nouvelle agression, toujours dans un coin de la tête.

Des agressions qui interviennent au domicile des patients, dans les cabinets, à l’hôpital. Quant aux agressions verbales, elles sont encore plus répandues, voire banalisées. “Il y a une acceptation qui pour moi n’est pas normale”, note Christian Prudhomme, secrétaire général FO du C.H.U. de Strasbourg. “Il y a peut être 20 ou 25 ans, on n’acceptait pas un mot plus haut que l’autre. Aujourd’hui, ce sera surtout le geste physique qui va faire qu’on dépose plainte ou non. Mais c’est vrai que l’agression verbale est très rarement relevée de nos jours.”

Le collectif du 12 mars demande une réponse judiciaire adaptée et des sanctions exemplaires dissuasives, l’élargissement du délit d’outrage aux soignants dans l’exercice de leurs fonctions, ou encore l’application systématique, en cas de violences physiques ayant entrainé une ITT de moins de 8 jours, d’une circonstance aggravante.

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